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Papacito : barbare christianisé

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Publié le

9 août 2021

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Devenu star de YouTube à coup de punchlines acérées contre la gauche et le monde moderne, Papacito est l’un des indiscutables piliers de la droitosphère française. Portrait de ce Wisigoth christianisé.
Papacito

Papacito est un colosse. Un mélange de catcheur des années quatre-vingt-dix et de chef barbare de l’an de grâce 486. Imposante bagouze représentant une monnaie à l’effigie de Charles Quint à l’annulaire, torse couvert de tatouages divers, grosses lunettes fumées, le YouTubeur et scénariste à succès mélange les codes vestimentaires des rappeurs made in USA et ceux d’Alaric. D’ailleurs, Papacito se revendique son héritier et s’est autoproclamé « dernier roi des Wisigoths ». Couronnement prévu l’an prochain.

Petit-fils de républicains espagnols et natif de Toulouse, où il vit toujours et dont il garde l’accent chantant, le futur amateur de punchlines gagne son sobriquet durant ses vacances en Espagne, où les habitants du village de ses aïeux le surnomment Papacito, ce qu’on pourrait traduire par « petit daron », du fait de sa pilosité précoce.

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C’est lors de ses études à la très gauchisante faculté du Mirail de Toulouse que celui qui n’est pas encore Papacito rencontre le réel :« La gauche universitaire s’applique à fabriquer une anthropologie humaine avec laquelle je n’avais pas envie de vivre », se remémore-t-il, sarcastique. Et les attentats de Toulouse et Montauban en mars 2012, qui virent l’assassinat lâche et odieux de militaires et d’enfants israélites par Mohammed Merah, achèvent de le faire basculer du côté obscur de la force.

Tout en pratiquant divers petits boulots, Papacito crée un blog, FDPdelaMode (pour « fils de pute de la mode », sic), où il s’applique à détruire à grands coups de punchlines le monde postmoderne et ses idoles fragiles, veules, souvent à l’IMC d’une crevette neurasthénique, à l’image de l’une de ses cibles préférées, le chroniqueur de Médiapart Usul, ou encore le journaliste « granivore et métrosexuel » Hugo Clément.

Il y glorifie aussi ses idoles : Saddam Hussein, dont il se dit fils naturel, Jean Lassalle, ou encore le catcheur Marc Mercier. Le tout dans une apothéose de violence souvent crue, mais jamais vulgaire. Se qualifiant de polémiste, il résume ainsi le personnage qu’il a créé : « Papacito, c’est du story-telling à la française, avec de l’emphase et de la brutalité. Les Français sont perdus, déracinés, détruit par la modernité : je veux leur redonner l’envie de bander pour leur pays et leur histoire. »

Papacito assume de vouloir réhabiliter la virilité, dans une époque qui la hait, même s’il le fait de façon un peu caricaturale, ce dont il a parfaitement conscience

De fil en aiguille, Papacito atterrit au sein de la maison d’édition Ring. Sa rencontre avec le dessinateur de bandes dessinées Marsault est une révélation. Le voici catapulté scénariste de plusieurs albums, fignolant ainsi son talent pour la phrase choc assurée de faire mouche. Mais c’est à travers trois livres, tous aux défuntes éditions Ring, que Papacito va déployer son art : Carnets de guerre (2018), Crépuscule des Titans (2019), et Expédition punitive (2020). Il y détruit, pêle-mêle, les végans, les antifas, « Quotidien » et Yann Barthès, l’Éducation nationale, les islamistes, les boomers, les millenials, la gauche. Et y loue Louis VI le Gros, les Croisades, le catch, l’art gothique, le rugbyman Lolo Pons, l’Ariège, Raymond VI de Toulouse, Bachar al-Assad, la chasse, la boxe anglaise, et les calibres 12, sans évidemment oublier Jean Lassalle. Liste non-exhaustive.

C’est surtout à travers sa chaîne YouTube que Papacito acquiert de la notoriété. Il faut avouer que si ses punchlines sont agréables à lire, elles sont encore plus drôles à entendre lorsqu’il déclame face caméra.

Le youtubeur s’est même offert le luxe récent de se payer Jean-Luc Mélenchon, dans une séquence surréaliste, qui déclencha une polémique nationale. Devenu une star des internets, Papacito garde cependant un recul suffisant et admirable : « Je ne suis pas indispensable. Pour l’instant je pense être utile, mais il y aura forcément un moment où je deviendrai obsolète. Ce jour-là, je ferai autre chose. »

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Papacito assume de vouloir réhabiliter la virilité, dans une époque qui la hait, même s’il le fait de façon un peu caricaturale, ce dont il a parfaitement conscience. À cet égard, l’un de ses aphorismes favoris, « la couille, d’où qu’elle vienne, est positive » amène de sa part une mise au point. Le vidéaste explique : « Daech ne peut pas être un élément de la couille : leur guerre est sordide, et pas chevaleresque. Tuer des innocents, ce n’est pas l’état d’esprit du lourd Moyen-Age, même s’il y a évidemment eu des massacres, bien sûr. »

Car sa vénération pour l’époque médiévale n’est, de son propre aveu, que l’admiration d’une époque où Messire Dieu était premier servi, et où la barbarie germanique était sublimée et régulée par la beauté et la sagesse de l’Église catholique, apostolique, et romaine. Ça vaut bien le coup de monter une équipe, non ?

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