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Projet de loi bioéthique : transgression générale

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Publié le

3 juillet 2020

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« Partage de maternité », extension du DPI, fabrication d’embryons chimères homme/animal, réintroduction du bébé-médicament… le projet de révision loi bioéthique se dévoile en commission spéciale. Bienvenue dans le monde libéral-libertaire.

Ils avaient pourtant annoncé la suspension des réformes. La loi sur la bioéthique ne l’est pas restée longtemps, suspendue. Dans une lettre du 26 mai, les rapporteurs du projet de loi ouvrant la PMA pour tout le monde, Jean Louis Touraine en tête, avaient même interpellé le Premier ministre sur « l’urgence à voter rapidement le texte ». Obéissant, le gouvernement a bousculé l’agenda pour l’inscrire de force à l’ordre du jour, balayant d’un revers de main d’autres priorités. Le 15 juin, Emmanuel Macron signe un décret présidentiel de convocation du Parlement en session extraordinaire afin de réviser la loi. Sortie de crise, les Français reprennent une vie normale, l’été est là et les vacances, les vraies, approchent : c’est le moment de passer en loucedé et de mettre le paquet.

La commission spéciale bioéthique se reforme, Jean-Louis Touraine a la moustache qui frétille, le gouvernement n’est même pas présent pour jouer les (faux) gardes-fou, devant le projet démiurgique du député franc-maçon du Rhône. 1400 amendements sont déposés et seulement sept séances pour en débattre, avant le débat en séance publique à partir de lundi prochain.. Pour un projet de loi aussi fondamental et les questions civilisationnelles qu’il soulèvera, le planning est tout simplement grotesque. Il faut aller vite, éviter la levée de bouclier de 2013, rassurer le lobby LGBT bien présent et les entrepreneurs en business humain prêts à investir un nouveau marché.

Lire aussi : Xavier Breton : « Le président est prisonnier de quelques lobbys qui ont fait son élection »

Jusqu’à présent le projet de loi « PMA pour toutes » se résumait à permettre à un couple de femmes que l’une soit inséminée artificiellement avec le sperme d’un donneur, porte l’enfant et accouche, devenant ainsi la mère génétique et biologique. Mais il en fallait plus. Le lobby LGBT souhaitant un « partage de maternité », c’est-à-dire que la maternité puisse être inscrite pour toutes les deux, Jean-Louis Touraine soutient alors un amendement autorisant la « méthode ROPA ». Le principe est simple : on insémine l’ovocyte d’une femme fécondé par un donneur de sperme anonyme, dans l’utérus de l’autre femme, et les voici en « maternité partagée ». Jusqu’à présent le gouvernement s’était toujours opposé à cette « méthode ». Il était étrangement absent au moment du vote et l’amendement fut voté.

L’exécutif détourne les moyens de la médecine et des finances publiques, au mépris de tout principe de précaution

Parmi les autres amendements votés, l’extension du diagnostic pré-implantatoire (DPI). Lors du passage du texte en première lecture à l’Assemblée, cet amendement de Philippe Berta, député Modem du Gard, avait été rejeté. Il souhaitait «  améliorer l’efficacité des fécondations in vitro en écartant les embryons atteints d’une malformation », soit en terme moins pompeux : pratiquer l’eugénisme. Il a été adopté. La fabrication d’embryons chimères par adjonction de cellules souches issues d’embryons humains à des embryons d’animaux a été également votée, tout comme la légalisation de la fabrication d’embryons transgéniques. Interdit en octobre 2019, le procédé du bébé-médicament qui suppose un double tri des embryons en vue de faire naître un enfant sélectionné pour utiliser ses cellules dans l’objectif de soigner un frère ou une sœur, a été rétabli. Toujours sans la présence du gouvernement.

« Nous dénonçons ces dérapages, non contrôlés par l’exécutif, qui détournent les moyens de la médecine et des finances publiques, au mépris de tout principe de précaution, faisant peser sur les générations futures de lourdes conséquences », explique Tugdual Derville, délégué général de l’association Vita, ajoutant que « l’enjeu est de vraiment protéger les plus fragiles, à commencer par les personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants ». De son côté, Ludovine de la Rochère, présidente de La Manif Pour Tous affirme que « les députés mettent en place les conditions du développement du business international de la procréation. De fait, passé les bornes de la PMA sur motif médical, il n’y a plus de limites. C’est ce que nous ne cessons de dire depuis le début des débats sur la PMA sans père ». Présente en séance, la député de l’Oise Agnès Thill a exprimé sa honte sur son compte twitter : « Ne parlez plus jamais de l’inclusion, du Café Joyeux, des différences et de la diversité, du « vivre ensemble » (…) Tromperie. Honte à notre humanité ».

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