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Xavier Breton : « Le président est prisonnier de quelques lobbys qui ont fait son élection »

L'examen en commission spéciale du projet de révision des lois de bioéthiques, qui ouvrira notamment la PMA à toutes les femmes, a débuté dès le lundi 29 juin à l'Assemblée. Le député LR Xavier Breton réagit à ce retour précipité du projet dans l'agenda parlementaire.

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© DR

Pourquoi le gouvernement choisit-il de faire examiner le projet de loi sur la PMA en ce moment, alors que d’autres priorités semblent s’imposer ?

Il y surtout un manque de courage, et j’ai même utilisé hier soir en commission le terme de lâcheté, de la part du gouvernement. Il y a un caprice de 1 % des Français qui demandent l’extension de la PMA, un sondage Ifop pour le collectif Marchons Enfants a montré que ce sujet n’était la priorité que de cette proportion de la population, très loin derrière l’emploi, la santé et le climat. Ce 1 % est sûrement très influent dans les arcanes du pouvoir, et sûrement surreprésenté au gouvernement et dans les cabinets ministériels. Le gouvernement a donc eu la faiblesse d’accélérer le calendrier.

Lire aussi : PMA, le loup et l’agneau 

Malgré les nombreuses déclarations du président sur le monde d’après, aussi bien suite à la crise des gilets jaunes que du coronavirus, pensez-vous que rien n’a changé, dans le sens où le pouvoir est plus tourné vers les préoccupations des minorités visibles que vers celles du peuple français majoritaire ?

Oui, le président est prisonnier de quelques lobbys qui ont fait son élection. Il se trouve bien loin de l’intérêt général et du bien commun. Aujourd’hui, après la crise sanitaire que nous venons de traverser, quand on voit la crise économique et sociale qui s’annonce, est-ce que le moment est venu de discuter de la PMA et surtout de diviser les Français sur cette question ?

Oui, le président est prisonnier de quelques lobbys qui ont fait son élection. Il se trouve bien loin de l’intérêt général et du bien commun.

On le voyait encore hier en commission, ce sujet divise profondément. Est-ce cela, le sens des responsabilités, de diviser les Français ? Je suis sûr que non.

Existe-il encore des gens pour s’opposer à ce texte ? LR est-il prêt à livrer bataille sur ce sujet ?

Je pense qu’il y a toujours une mobilisation. Sur le vote, on ne se fait pas d’illusions, puisqu’il y a une majorité parlementaire aux ordres du gouvernement. Sur un sujet comme ça, on devrait faire appel à la liberté de conscience des députés, mais ceux de la majorité vont suivre comme un seul homme.

Regardez par exemple le texte sur la mariage homosexuel, en 2013. On a peut-être perdu la bataille parlementaire à la fin, mais la bataille culturelle a été gagnée.

Pour nous, même si à la fin il y a un vote qui ne nous convient pas, le combat mérite d’être mené jusqu’au bout. Car parallèlement à ce combat parlementaire il y a un mouvement social qui traverse la société, et puis il y a ce que j’appellerais un combat culturel. Regardez par exemple le texte sur la mariage homosexuel, en 2013. On a peut-être perdu la bataille parlementaire à la fin, mais la bataille culturelle a été gagnée. Il suffit de voir le nombre de jeunes journalistes, intellectuels et écrivains qui sont nés de ce mouvement, et L’Incorrect en fait partie.

Si le combat culturel est gagné, quand la droite reviendra au pouvoir, sera-t-elle prête à revenir sur le mariage homosexuel et sur la PMA ?

Je ne crois pas que la question soit de revenir en arrière. Ce n’est pas comme ça. La question est celle-ci : aurons-nous le courage d’affirmer la famille comme étant la cellule de base de la société quand nous reviendrons au pouvoir ? Si on fait ça, ça se décline. On va vers une conception de la famille durable. On favorise toutes les formes de familles qui s’inscrivent dans la durée et qui permettent, on l’a vu pendant la crise du covid 19, de protéger, à travers la solidarité intergénérationnelle, les plus fragiles, que ce soient les plus anciens ou les plus jeunes. Il ne s’agit pas d’être dans une volonté de retour en arrière mais de se demander si nous aurons l’ambition de porter une politique familiale forte une fois au pouvoir. Si nous le voulons, cela se traduira bien sûr par des dispositions d’ordre d’État civil par rapport à la filiation, mais également par des mesures fiscales, sociales et éducatives. Tout ne se réduit pas à un seul sujet symbolique, fût-il très important.

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