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Quand la guerre des races menace

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Publié le

6 avril 2021

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Tranquillement mais sûrement, la gauche glisse vers le racisme au nom même de l’antiracisme et de la lutte contre le « privilège blanc ». Pourtant, et le cas Joséphine Baker en témoigne, la civilisation de l’esprit française est étrangère à tout racisme systémique.
Zadi

Qui n’a encore en mémoire ces paroles si touchantes de Joséphine Baker ? « Quand je suis arrivée à Paris, je me suis trouvée devant des gens comme vous. J’étais alors heureuse de sentir tout de même, dans la rue, que je pouvais demander un taxi sans avoir la crainte qu’il refuse de me prendre. J’étais aussi heureuse de penser que si j’avais faim, je pouvais m’arrêter dans n’importe quel restaurant. […] Personne ne me disait : “noire”. Personne ne me disait : “négresse”, mot qui me blessait terriblement. Et, tout à coup, petit à petit, toutes ces craintes sont parties. Je suis devenue femme avec confiance dans la vie, femme qui était élevée par la France à laquelle je donne ma gratitude. J’ai été portée aux nues, je peux le dire ». Joséphine Baker a quitté un pays où le racisme était systémique, pour un autre, la France, où son talent d’artiste transcendait ses origines, son accent, la couleur de sa peau… un pays où l’âme, le cœur, l’esprit, dominent le pigment, la carnation, la morphologie.

C’est la civilisation française qui a mis Joséphine Baker à l’abri du racisme systémique américain. C’est cette civilisation de l’esprit qui nous a permis d’accueillir les Baker comme les Zadi, sans tenir compte de la couleur de leur peau

Un siècle plus tard, un acteur vidéaste, Jean-Pascal Zadi, – dont on souhaite que le talent excède l’élocution – récipiendaire du César du meilleur espoir masculin, entame son discours à la façon de Kamala Harris : mes remerciements vont aux noirs ! Après l’énumération de « célébrités » racisées, ce militant de la cause noire a tenu à évoquer « l’humanité » complexe qui, à l’en croire, traverse son film. Sa référence humaniste ? Traoré-la-fourchette, ainsi que le nomme ironiquement Gilles-William Goldnadel. Et puis, pour clore ces trois minutes de bafouillage indigéniste, les téléspectateurs français ont eu droit à l’éloge cliché de la cancel culture, et à celui, plus cliché encore, du militant décolonialiste et pro-FLN, Frantz Fanon. Phénomène isolé ? Syndrome d’un septième art décadent ? Pas seulement. De Rokhaya Diallo à Yseult ; d’Omar Sy à Lilian Thuram ; de Franco Lollia, porte-parole de la Brigade anti-négrophobie à Sylvain Afoua, tête d’affiche de la Ligue de défense noire africaine, ils sont nombreux à vomir régulièrement dans les médias leur détestation de la France et du « privilège blanc » sous couvert d’antiracisme.

Ernst Robert Curtius, dans son Essai sur la France, écrit ces mots admirables : « L’unité du peuple français ne réside pas dans la race, mais dans la nation » ; et là, pour éviter toute équivoque, précisons immédiatement ce que Curtius entend par « nation » : « En France, l’idée de nation et l’idée de civilisation coïncident exactement ». C’est la civilisation française qui a mis Joséphine Baker à l’abri du racisme systémique américain. C’est cette civilisation de l’esprit qui nous a permis d’accueillir les Baker comme les Zadi, sans tenir compte de la couleur de leur peau. C’est cette civilisation que les indigénistes piétinent désormais, en ramenant tous les débats au niveau pitoyable de la « race ». Que cherchent-ils réellement ? Car le masque de l’antiracisme dont ils se parent trompe de moins en moins de Français. Et à l’inverse, la volonté de puissance indigéniste, le désir de domination noire – véritable objectif que ce masque dissimule – apparaît de plus en plus clairement.

Lire aussi : L’Occident ou la beauté des femmes nues

En d’autres temps, Isocrate écrivait, dans son Panégyrique d’AthènesIl n’est pas d’usage, parmi les Grecs, de soumettre les anciens habitants aux nouveaux, les bienfaiteurs à ceux qui ont reçu le bienfait, ceux qui ont donné le secours à ceux qui l’ont imploré ». Le Français blanc n’ayant pas choisi sa couleur de peau, ne pouvant la changer, et ne la vivant pas comme un privilège, loin de là, comment consentirait-il à cette volonté de domination indigène, à cette attaque continuelle contre l’unité de la nation, à ce piétinement civilisationnel incessant, de la part des « nouveaux », de « ceux qui ont reçu le bienfait », de « ceux qui ont imploré le secours » ? Malgré les apparences d’une France embourbée dans ses convenances bourgeoises et sa molle vertu, nous ne pensons pas que l’usage ait beaucoup changé en Occident depuis l’époque des Grecs. Victor Davis Hanson, dans son Carnage et culture, écrit ainsi : « Si la façon occidentale de faire la guerre est si meurtrière, c’est précisément parce qu’elle est amorale, rarement entravée par […] des préoccupations d’ordre rituel, traditionnel, religieux ou éthique ». Il est malheureusement possible que la guerre des races que ces activistes s’emploient à déclencher ouvre une sorte de parenthèse dans la dynamique civilisationnelle de l’Occident, et réactive pour un temps cette façon si meurtrière de faire la guerre.

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