Rambo V : des rangers sur le tapis rouge – rétrospective.

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À l’occasion du 72ème festival de Cannes, Sylvester Stallone présentera les première images de Rambo V ainsi qu’une version restaurée en 4K du tout premier opus. Parce que les héros ne meurent jamais, enfin surtout les héros ricains, et parce que Rambo qui prend d’assaut La Croisette c’est un peu comme si notre stagiaire se faisait offrir un resto étoilé, voici un classement évidement impartial en hommage à cette saga mythique.

 

4 – Rambo II, La Mission (1985)

John Rambo purge une peine de prison lorsque le Colonel Trautman lui donne la possibilité de sortir pour une mission délicate : avoir la preuve qu’il reste bel et bien des prisonniers américains au Vietnam. Du cinoche, du vrai comme on n’en fait plus (et c’est bien dommage), à une époque où le LaserDisc squattait les têtes de gondoles de la Fnac et où le mâle blanc osait encore s’inoculer de la testostérone par cathéter. Des muscles luisants, un QI d’huître et une mission suicide en guise de psychanalyse-éclair, Rambo repart au Vietnam mais « cette fois-ci, on y va pour gagner ».  Les répliques fusent : « Ce que vous appelez l’enfer, il appelle ça chez lui », ou le sublime : « Pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre ». Ça défouraille de partout au M60, ça prend des bains de sangsues, et en moins de deux heure, Stallone éparpille façon puzzle les deux démons de l’Amérique : le Vietnam et l’URSS. Sublime.

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3 – John Rambo (2008)

John Rambo s’est retiré dans le nord de la Thaïlande où il mène une existence simple dans les montagnes, se tenant à l’écart de la guerre civile qui fait rage à proximité, sur la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. Mais la violence du monde rattrape notre héros lorsqu’un groupe de volontaires humanitaires mené par Sarah et Michael Bennett vient lui demander d’être leur guide jusqu’à un camp de réfugiés auxquels ils veulent apporter aide médicale et nourriture. Comme avec son surprenant Rocky Balboa, Stallone ressuscite Rambo vingt ans après Rambo III. A la fois réalisateur, scénariste et acteur, Sylvester offre un film, certes bourrin, mais aussi terriblement humain où cet homme construit pour tuer, devenu une masse informe rongée par les cauchemars, plonge une dernière fois dans l’enfer de la guerre caméra à l’épaule pour trouver une rédemption. Touchant.

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2 – Rambo III (1988)

Le Colonel Trautman contacte Rambo, jeune retraité chez les moines bouddhistes en Thaïlande, pour une mission périlleuse en Afghanistan. L’ex-soldat refuse, préférant la compagnie des crânes en peau de fesses et les combats clandestins. C’est qu’il a beau être un peu concon, le Rambo, il ne va quand même pas nettoyer deux fois la merde des technocrates ricains. Lorsque, quelques jours plus tard, l’agent Griggs lui explique que Trautman a été capturé par le Colonel Zaysen, Rambo décide néanmoins d’aller sauver son ami. Déjà peu bavard dans l’opus II, cette fois-ci Rambo ne moufte presque plus (à sa décharge, l’afghan ne s’apprend pas en deux jours, et puis John, son truc à lui, c’est faire parler la poudre et les flèches). Heureusement, le Colonel Trautman cause, lui, et même sous la torture : « Où est-ce que les missiles sont localisés ? – Tout près… – Où ça ? – Dans ton cul ! ». Actor Studio, Sylvester cultive son corps. Charpenté comme un bodybuilder, expressif comme une peinture cubiste (tordre la bouche et plisser les yeux très fort), l’acteur donne tout. Résultat : 108 morts (un record pour l’époque), une auto-cautérisation à la poudre et un hélicoptère soviet dézingué à l’arc. Inégalé.

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1 – Rambo, First Blood (1982)

John Rambo est un héros de la guerre du Vietnam errant de ville en ville à la recherche de ses anciens compagnons d’armes. Alors qu’il s’apprête à traverser une petite ville pour s’y restaurer, le Shérif Will Teasle l’arrête pour vagabondage. Emprisonné et maltraité par des policiers abusifs, Rambo devient fou furieux et s’enfuit dans les bois après avoir blessé de nombreux agents. Sorti en 1982, ce premier opus, qui n’aurait jamais eu de suite si Stallone n’avait pas rejeté la fin originelle du roman de David Morrell, est le cri déchirant d’un homme victime de son pays, victime physique et psychique d’une guerre politique, et victime, ensuite, à son retour, d’incarner un échec à enterrer au plus vite. Rambo s’affirme comme le plus grand film de l’Amérique post Vietnam. Alors que dans un survival brutal surgit l’idée géniale de faire dézinguer par le héros une ville paisible afin qu’il puisse recréer son chez lui, Rambo touche autant qu’il questionne.

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Arthur de Watrigant

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adewatrigant@lincorrect.org

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