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Raphaël Chauvancy : maître de guerre

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Publié le

18 octobre 2022

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Né en 1978, Raphaël Chauvancy est officier supérieur des troupes de marine. Enseignant en stratégie à l’école de guerre économique et essayiste, auteur des « Nouveaux visages de la guerre » et lauréat du prix la plume et l‘épée 2022, il s’exprime ici à titre personnel pour décrypter les bouleversements géopolitiques actuellement à l’œuvre.
macron poutine

Quelles évolutions majeures avez-vous pu observer en ce qui concerne les enjeux et contraintes des opérations extérieures ?

Depuis les indépendances, les nombreuses opérations extérieures de la France affectent en général peu l'opinion publique, sauf lors de drames comme l'attentat du Drakkar au Liban en 1983 qui fit 305 victimes dont 58 Français ou l'embuscade d'Uzbin en Afghanistan qui tua 21 soldats français. Le pouvoir politique a ainsi les mains libres, ce qui a permis de remporter de beaux succès par le passé. Mais si les perceptions de l’opinion n’ont pas changé, le contexte des opérations a évolué. L'idée selon laquelle les affrontements militaires n'étaient plus qu'une anomalie résiduelle destinée à disparaître a volé en éclat. La guerre du Haut-Karabakh, l'agression russe en Ukraine ou les menaces militaires ouvertes de la Turquie contre la Grèce le rappellent.

Lire aussi : Russie : l’empire de la bureaucratie

Les théâtres africains eux-mêmes ne sont plus cloisonnés. Il servent d'échiquier secondaire à nos grands compétiteurs comme la Russie pour affaiblir notre prestige et saper les bases de notre puissance. La guerre a pris de nouveaux visages. Elle n'est plus l'affaire des seuls militaires à l'heure de la compétition globale mais nécessite une approche intégrée mêlant la force des armes, bien sûr, mais aussi les actions économiques, sociales ou culturelles.

On entend aujourd’hui que les « guerres asymétriques » sont remplacées par le retour des « guerres interétatiques ». Comment jugez-vous aujourd’hui la pertinence de ces catégories dans le contexte géopolitique actuel ?

Dans le contexte actuel, il est difficile de cloisonner et de catégoriser les conflits. On assiste plutôt à une conflictualité globale dont le général Burkhard, le chef d'État-Major des armées, a parfaitement rendu compte en développant l'idée de la fin du cycle guerre-paix au profit d'un triptyque compétition-contestation-affrontement. L'affrontement correspond à l'engagement militaire direct. La contestation est le domaine des guerres hybrides, c'est-à-dire aux affrontement indirects par tous les moyens, comme on le voit entre les États-Unis et la Russie en Ukraine où les deux puissances s'affrontent par Ukrainiens interposés sur le terrain, mais aussi dans les espaces économiques, informationnels etc. [...]

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