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Beauvau de la sécurité : Robocop nous délivrera-t-il demain ?

Emmanuel Macron a clôturé le Beauvau de la sécurité, lancé en février, par des annonces spectaculaires. Mais les mesures annoncées peinent à convaincre sur leur capacité réelle à améliorer la « maison police ». Article tiré de l'Incotidien.

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© Capture d'écran YouTube

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Emmanuel Macron parlait hier, il ne fait que ça. Il parlait au milieu de l’école de police de Roubaix, en présence de Xavier Bertrand, là en tant que président de la région Haut-de-France. Le président annonçait les conclusions du Beauvau de la sécurité, sorte de colloque géant sur la refonte de la police lancé en janvier dernier qui a réuni des parlementaires, des experts et des représentants des forces de l’ordre. Il avait été décidé par le président lui-même en décembre 2020, notamment suite au tollé suscité par le passage à tabac de Michel Zecler par trois fonctionnaires de police en novembre et aux mécontentements des policiers eux-mêmes face à leurs conditions de travail.

On le voit, dès l’origine, le projet est schizophrène : contenter à la fois ceux qui se plaignent des violences policières, c’est-à-dire la gauche droit-de-l’hommiste et les populations allogènes qu’elle a fait venir en France, et les policiers, qui font face tous les jours à la criminalité des dites populations allogènes. Et tout ceci alors qu’il n’y a tout simplement pas de problèmes de violences policières dans notre pays, en tout cas pas comme on croit.

Il y a simplement une proportion incompressible d’abrutis dans la police, mais la philosophie de l’ordre public en France, transmise par la formation des policiers et mise en pratique par la hiérarchie, consiste à utiliser systématiquement la méthode la moins violente possible dans le cadre d’une intervention. S’il y a un facteur qui puisse créer des violences policières, c’est celui du manque d’entraînement de fonctionnaires qui s’en remettent à la force brute quand ils sont dépassés par une situation.

En clair, mettez dans la rue deux fois plus d’obèses asthmatiques qui se font dessus à l’idée d’utiliser leur arme de service, et vous n’aurez pas de meilleur résultat qu’aujourd’hui

Quelles sont donc les annonces d’Emmanuel Macron ? Premièrement, le génie veut allonger la formation initiale des gardiens de la paix en école de police de huit mois à un an. Bravo ! Sauf que celui qui avait fait passer cette formation d’un an à huit mois n’était autre que lui-même, pas plus tard qu’en juin 2020. Le but de cette accélération de la scolarité des élèves gardien était à l’époque de créer plus vite des postes de titulaires, pour fanfaronner à la fin de son mandat sur l’augmentation du nombre de policiers. Donc rien dans cette mesure que le retricotage d’un détricotage.

Ensuite, et c’est une des propositions phares issue de la concertation, Emmanuel Macron a annoncé la création d’une instance parlementaire de contrôle de l’action de la police, censée épauler l’IGPN. Le président s’est refusé à refondre cette dernière. En effet, la police des polices avait été accusée de complaisance envers les violences policières, puisqu’elle fait partie intégrante de la police et est constituée pour une large part d’anciens policiers.

Des voix à gauche s’élevaient donc pour faire de l’IGPN un service totalement indépendant de la police, ce qu’Emmanuel Macron, équilibriste politique, n’a pas accepté, à raison. On se demande néanmoins si les parlementaires chargés de contrôler l’action de la police auront une compétence réelle en ce domaine. On pense que non, et qu’ils n’hésiteront pas à sacrifier la carrière de policiers mis en cause pour briller comme défenseurs des droits humains menacés. Patientons, mais il y a fort à parier que cette décision, qui aurait certes pu être désastreuse, entrave davantage les policiers dans leur action.

Lire aussi : Que peut faire la police ?

Le président a aussi annoncé la simplification des procédures administratives auxquelles sont astreints les fonctionnaires de police dans leurs différentes missions, qui ralentissent et compliquent en effet inutilement leur travail. Bon point Manu. Il a surtout annoncé le doublement des policiers sur la voie publique en dix ans, une mesure aussi inutile que dangereuse. Inutile, car il y a en réalité assez de policiers en France, le problème de la police est celui du niveau de ses membres et du soutien politique qu’ils sentent derrière eux.

En clair, mettez dans la rue deux fois plus d’obèses asthmatiques qui se font dessus à l’idée d’utiliser leur arme de service, et vous n’aurez pas de meilleur résultat qu’aujourd’hui. Par ailleurs, si ce doublement du nombre de policiers dans la rue ne s’accompagne pas d’une augmentation substantielle des effectifs, il aura pour seul effet de dégarnir les services spécialisés (police judiciaire, groupes d’interventions…) pour le plaisir de rassurer Micheline qui voit des flics errer dans les rues de Boulogne-Billancourt.

Bref, comme toujours avec Emmanuel Macron, une demi-mesure à gauche, une autre à droite, des décisions démagogique sous un verni de hauteur intellectuelle, et finalement beaucoup de vent pour pas grand-chose. Les policiers, au nouvel uniforme tout aussi ridicule que les précédents, n’ont pas trouvé le chef qui leur permettra de protéger enfin les Français correctement. Que les criminels se rassurent, Robocop n’est pas pour demain.

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