Skip to content

Sélectron : les meilleurs moments des débats d’entre-deux-tours

Par

Publié le

20 avril 2022

Partage

Ce 20 avril aura lieu le débat d’entre-deux-tours qui opposera Marine Le Pen à Emmanuel Macron. C’est l’occasion de revenir sur les meilleurs moments des débats d’entre-deux-tours de la Vè République. Sélectron.
Le Pen Macron

1974

Valéry Giscard-d’Estaing est opposé à François Mitterrand. Les deux hommes ne s’aiment pas mais ont en commun d’être des politiciens pure souche, rodés à l’exercice. Près de vingt ans que VGE est en politique, trente ans pour Mitterrand. C’est d’ailleurs sur ce point que le centriste attaquera l’homme de gauche en le décrivant comme « un homme du passé [avec qui] on ne peut pas parler d’avenir ». Pourtant, la phrase la plus mémorable de ce débat, celle que tous les jeunes entendent encore aujourd’hui contée par leurs parents qui l’avaient eux-mêmes entendue des leurs, c’est bien celle prononcée par VGE : « Tout d’abord je trouve toujours choquant et blessant de s’arroger le monopole du cœur. Vous n’avez pas monsieur Mitterrand, le monopole du cœur ! Vous ne l’avez pas… J’ai un cœur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien. Vous n’avez pas le monopole du cœur ». Bim ! En plein dans sa mouille au coco ! Finalement, Valoche gagnera à 50,8%, soit 46 points de plus que l’autre Valoche près d’un demi-siècle plus tard.

1981

Le match retour, déjà ! Sept ans plus tard, VGE a un quinquennat dans les bagages, ce qui ne facilite pas les choses. En effet, il est sous le coup d’une affaire : celle des diamants du Bokassa. Pour avoir la main, Mitterrand imposera que le débat se déroule selon ses conditions, ce que VGE doit accepter. L’homme de gauche a appris de ses erreurs et répond au centriste, qui le qualifie d’« homme du passé », qu’il est quant à lui un « homme du passif ». Mitterrand séduit, il remportera le débat et l’élection à 51,8%, soit 50 points de plus que le PS en 2022. Ouch.

Lire aussi : Présidentielle : le sacre du vote utile

1988

Pour la troisième fois, François Mitterrand est présent à un débat d’entre-deux-tours. Apparemment, les Français ne s’en lassent pas. Mais cette fois-ci, c’est à Jacques Chirac qu’il s’oppose. Les deux hommes ne s’aiment vraiment pas, mais alors vraiment pas. Ils ont cohabité pendant deux ans, et n’en peuvent plus l’un de l’autre. Une réplique est d’ailleurs restée célèbre, preuve de l’animosité présente. Alors que Jacques Chirac tente de s’affirmer d’égal à égal – « Permettez-moi de vous dire que ce soir, je ne suis pas le Premier ministre, et vous n’êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité » –Mitterrand lui rétorque avec ironie : « Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre ». Et vlan ! L’ascendant est pris, Jacquot n’a plus aucune chance. Il perdra quelques jours plus tard.

1995

Entre Chirac et Jospin, le débat est bien plus courtois. Peut-être trop, voire complaisant selon certains journalistes. Les deux candidats s’apprécient plutôt, comme le rappelle Jospin dès le début du de la confrontation en déclarant n’avoir « aucun antagonisme à l’égard de Jacques Chirac, sauf en ce qui concerne ce qui peut les séparer : des convictions, des conceptions, des propositions pour les Français ». Si Jacques Chirac se montre un peu plus réservé à ce sujet, il rira pourtant à la saillie de son adversaire : «  Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac. Ce serait bien long ». Alors que tout pouvait basculer, le candidat du PS n’a rien fait pour renverser la table et Chirac gagnera tranquillement.

2007 : Ce débat opposera un hystérique calme à une hystérique agressive : Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal

2002

La phrase le plus mémorable du débat qui opposa Jacques Chirac avec Jean-Marie Le Pen fut incontestablement celle-ci : « … ». Ah ben non, comme vous le savez, il n’y a eu aucun débat malgré le fait que 69% des Français le voulaient, gauche incluse, d’après un sondage de l’époque.

2007

Ce débat opposera un hystérique calme à une hystérique agressive : Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal. Celle-ci s’énerve, est nulle et semble vouloir lui sauter à la gorge. Sarko se contient et, dans un élan contre-nature, lui explique que « pour être président de la République, il faut être calme ». Il sort donc vainqueur de ce mauvais débat et de l’élection avec 53% des voix.

2012

Le petit hargneux contre le gros mou. Tout les oppose, les deux hommes sont de vieux briscards assoiffés par le pouvoir qui ne lâcheront rien. Pourtant, sous le coup de la crise des subprimes, Nicolas Sarkozy doit assumer un bilan compliqué, n’ayant que l’affaire Strauss-Kahn à laquelle se raccrocher pour attaquer son adversaire. Le moment le plus célèbre de l’échange restera incontestablement la litanie anaphorique du « Moi président »–qui ne sera pas intégralement citée pour l’évidente raison de sa durée de plus de trois minutes. Le candidat de l’UMP sortira défait de la confrontation, surpris par la tirade de son adversaire. Hollande est élu avec 51,6% des voix.

Lire aussi : La France en trois blocs

2017

Le dernier débat en date est celui qui opposa Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Deux candidats qui, pour la première fois de l’histoire de la Ve République, ne sont pas issus des deux partis traditionnels. Le mondialisme contre le patriotisme, le libéralisme contre le souverainisme : l’opposition est inédite, radicale. Alors qu’Emmanuel Macron est largement en tête dans les sondages, culminant à environ 60%, Marine Le Pen espère atteindre le seuil symbolique des 40% qui ferait incontestablement de son parti la principale opposition au pouvoir. Certains parlent de magouilles macroniennes en coulisses, d’autres d’une migraine oculaire : toujours est-il que la candidate du RN fait un très mauvais débat, plein d’agressivité face à un adversaire plutôt calme et donnant une apparence de sérieux. La séquence universellement qualifiée de « gênante » durant laquelle MLP tourne en dérision un passage d’un récent discours de Macron – « Regardez, ils sont là, ils sont dans les campagnes, dans les villes, ils sont sur les réseaux sociaux » –ridiculise la candidate. Emmanuel Macron accède à la présidence avec 66,1% des suffrages.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest