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Tout le monde, il est de droite

Chez les Républicains, c’est à qui sera plus à droite que l’autre. Vous pensiez que c’était Wauquiez ? Erreur ! C’est Pécresse. À moins que ce ne soit Bertrand. Ou bien alors Emmanuel Macron ? Il est des électeurs de droite pour le croire. Petit problème : le mot de droite est en train de devenir un mot-valise. Alors, on cherche toujours, et un projet, et un candidat qui soit véritablement de droite.

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© Valentin Deniau pour L'Incorrect

La bonne nouvelle, c’est que le temps est enfin révolu où nul, dans la classe politique française, n’osait se déclarer ouvertement de droite, de crainte de subir les foudres du terrorisme intellectuel de la gauche marxiste qui avait vite fait de vous renvoyer aux « années les plus sombres de notre histoire », celles où le maréchal Pétain présidait aux destinées de la France. Les rares qui avaient l’imprudence de se dire de droite étaient aussitôt catalogués à l’extrême droite, synonyme de bannissement à l’île du Diable, donc de mort sociale.

Désormais, hormis ceux sur lesquels on comptait pour défendre les idées de droite mais qui estiment que le clivage droite/gauche n’existe plus, ayant été remplacé par un clivage entre « patriotes » et « mondialistes », tout le monde il est de droite ! Même Xavier Bertrand, qui se définit comme « le candidat de la droite républicaine » (le candidat de la droite monarchiste est prié de prendre contact avec nous au plus vite). Et même, plus fort encore, Valérie Pécresse !

À part peut-être, Madame Pécresse

Dans un entretien au Point, la présidente du conseil régional d’Île-de-France, confirmant être candidate à la présidence de la République, affirme être « au barycentre des trois droites que décrivait René Rémond » – tel que ! – et proclame : « Les valeurs de la droite sont devenues centrales dans la société. Il serait donc paradoxal qu’elles ne soient pas incarnées par quelqu’un sincèrement de droite, qui ne pratique pas la godille politique », c’est-à-dire, naturellement, elle ! On en déduira donc que, contrairement à ce qu’on avait compris à l’époque, si elle a quitté Les Républicains en 2019, ce n’est pas parce que LR, sous la direction de Laurent Wauquiez, était devenu trop à droite.

Lire aussi : Zemmour, le feuilleton de l’été (1/2)

Et vas-y, dans ce même entretien, que je cite Fernand Braudel ; vas-y que je me réfère à l’Identité malheureuse d’Alain Finkielkraut, et même au sociologue Mathieu Bock-Côté ; et vas-y que je revendique, pour me distinguer de Xavier Bertrand, de Michel Barnier – on l’avait oublié celui-là – et de Laurent Wauquiez, « une forme de radicalité [...] dans les réformes à accomplir » ! Et de se dire, en une formule destinée à lui donner de l’épaisseur, mais qui risque de se retourner contre elle, « 2/3 Merkel et 1/3 Thatcher». Deux tiers d’elle voudraient donc ouvrir toutes grandes les frontières du pays et un tiers d’elle laisserait bien crever les prisonniers politiques? On pose ça là et on attend les réactions...

La décadence, oui, mais dans l’ordre

La mauvaise nouvelle, c’est qu’en même temps que tout un chacun se découvre de droite et le clame haut et fort, le beau mot de « droite » est vidé de sa substance. Réduit à ne plus rien signifier en termes de valeurs et, a fortiori, de civilisation. De droite, Pécresse, quand elle fait élire, au conseil régional d’Île-de-France, une certaine Catherine Michaud, qui n’est autre que la présidente de GayLib, l’association qui défend « les LGBTI libéraux et humanistes » (sic), veut « permettre aux personnes trans de changer leur état civil gratuitement en mairie et sans délai » ou « réclame un débat national sur une GPA éthique » (re- sic) ? Dans son esprit, oui. D’une « droite moderne », comme dit celle qui se définissait aussi, en 2019, comme « l’héritière de l’aile droite du juppéisme », sans se rendre compte – mais il est vrai qu’elle ne confie pas avoir lu Les Antimodernes, d’Antoine Compagnon – qu’il y a comme une légère contradiction dans les termes. En tout cas, elle n’est nullement « au barycentre des trois droites ». [...]

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