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Twitch : ceci n’est pas du sexe

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© DR

Avant d'étudier cette affaire, rappelons d'abord en quoi consiste Twitch. Lancé en 2011, le site permet à des « streameurs » de diffuser et commenter leur partie de jeu-vidéo en direct, leurs spectateurs pouvant interagir via tchat. Très vite, s'y sont greffés des compétitions de « sport électronique » et des marathons vidéoludiques caritatifs. La plateforme connut un succès fulgurant, au point d'être rachetée en 2014 par Amazon pour un peu moins d'un milliard de dollars.

Certains streameurs devinrent professionnels, tirant leurs revenus d'abonnements ou dons de spectateurs, de publicités diffusées sur leur chaîne et de la promotion de jeux-vidéo à leur communauté, Twitch récupérant une partie des gains. Le site, bien aidé par le confinement, constitua alors pour les plus jeunes une nouvelle télévision, à l'instar de YouTube et de Netflix.

Des personnalités politiques investirent même la plateforme, trop heureuses de renouer avec une cible électorale ayant déserté meetings et médias traditionnels. On pourra par exemple citer, en France, le « débathlon » de 2019, qui vit dix ministres, dont E. Philippe,  discuter avec de jeunes électeurs ou encore les récents entretiens de F. Hollande et J. Castex. Des célébrités mondialement connues, comme Neymar, possèdent également leur chaîne sur le site.

Ce nouveau type de programme consiste donc à voir de jeunes femmes en bikini trois fois trop petit se dandiner ou prendre des airs lascifs dans leur piscine ou baignoire

Mais qui dit GAFA, légitimation, publicités et personnalités publiques dit également changement de ton. Exit les « dérapages » de nerds adulescents et place, évidement, au triste politiquement correct. La modération de la filiale d'Amazon procéda ainsi au bannissement de diverses chaînes, dont celle de D. Trump, tandis que les streameurs tiennent dorénavant leur tchat à carreau.

Fut également supprimé de Twitch, dans un sommet d'absurdité post-moderne, l'un de ses plus iconiques smileys, incarné par Ryan Gutierrez, personnalité de la scène des jeux de combat. L'homme eu en effet le malheur de tweeter un hommage à la manifestante tuée lors de la prise du Capitole de janvier, la comparant implicitement à G. Floyd, commettant ainsi un blasphème certain aux yeux de l'inquisition woke : « Y aura-t-il des troubles à l'ordre public pour la femme exécutée à l'intérieur du Capitole aujourd’hui ou la martyre MAGA mourut-t-elle en vain ? ».

Or, tandis qu'il se lissait, le site vit l’émergence de streameuses qui préféraient mettre en avant leur décolleté plutôt que leurs talents vidéoludiques, sachant qu'elles trouveraient là un public majoritairement composé de jeunes hommes que l'on qualifiera poliment de réceptif. Selon la plateforme, d’habitude plus prompte dans sa folie épuratrice, ces femmes ne faisaient rien de contraire à son esprit, ne montrant rien d'explicite. Devant le succès rencontré, d'autres allèrent plus loin, exposant encore davantage leurs formes et abandonnant le jeu-vidéo au profit d'activités sans rapport, dorénavant autorisées par Twitch, telles que le « fitness », la « danse » ou le « yoga » (les guillemets ne sont pas là pour rien).

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Au printemps de cette année, un stade supplémentaire fut franchi avec l'apparition de ce qui a été désigné sous le nom de « hot tub » (« jacuzzi »). Ce nouveau type de programme consiste donc à voir de jeunes femmes en bikini trois fois trop petit se dandiner ou prendre des airs lascifs dans leur piscine ou baignoire. Les danses, poses et accessoires, de la banane gonflable à monter au masque de cheval (vous avez bien lu), sont choisis par les spectateurs en fonction de leurs dons. [...]

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