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Un certain génie pop

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Publié le

27 juillet 2018

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@DR

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La France n’est pas un pays pop, c’est ainsi. Si vous en doutez, vous n’avez qu’à jeter un œil dans les bacs des brocantes où vous risquez de tomber davantage sur des disques de Serge Lama, Michel Sardou pour la droite, de Jean Ferrat et François Béranger pour la gauche, que sur des albums des Beatles.

 

Longtemps l’Hexagone a considéré la pop comme un genre mineur. Les paroles étaient plus importantes que les mélodies. Ce qui, pour le reste, nous a donné parfois le meilleur, Léo Ferré ou Jean-Roger Caussimon, mais aussi le pire, tel que la « rive gauche électrique » d’un Dominique A ou les hululements d’un Feu Chatterton ! Malgré tout, avec les yéyés est également apparue toute une génération d’arrangeurs issus du jazz, un peu trop sérieux pour se prendre pour des pop stars. C’est ainsi que des génies tels qu’André Popp pour Marie Laforêt, Michel Colombier et Jean-Claude Vannier pour Serge Gainsbourg, Bernard Estardy pour Cloclo mais aussi Jean Bouchety pour Michel Polnareff, ont façonné une pop typiquement française qui prend ses racines chez Messaien, Ravel, Debussy mais aussi Duke Ellington. Longtemps, ces musiciens sont restés les hommes de l’ombre cachés derrière le nom de leurs interprètes, de Johnny Hallyday à France Gall. Des chanteurs qui n’hésitaient pas à les « jeter » aux oubliettes quand la mode changeait. À ce propos, les années quatre-vingt furent une catastrophe pour Polnareff, Gainsbourg et de nombreux artistes ayant débuté leur carrière dans les années soixante. Comme en France peu de gens sont capable de reconnaître l’excellence, il aura fallu que les Anglo-Saxons et les Japonais reconnaissent la qualité unique de cette pop française pour qu’on la redécouvre ici. Dans les années quatre-vingt, ce sont Jacno (avec ou sans Elli devenue depuis pétomane pro-palestinienne et mère d’une chanteuse péniblo-bobo), Arnold Turboust, auteur « d’Adélaïde » et de presque tous les tubes de Daho (« Épaule Tatoo », « Tombé pour la France »), et Jay Alansky pour Lio et Jill Caplan qui ont forgé l’identité de cette pop francophone aux propositions souvent bien plus audacieuses que de l’autre côté de la Manche et de l’Atlantique.

 

Lire aussi : Edito: ces Français, et pas n’importe lesquels

 

Jacques Dutronc le chantait: « Soyons français, restons gaulois, la gauloiserie, ça c’est ma loi ». Mais aujourd’hui, que reste-t-il de nos amours ? Si on écoute la bande FM, pas grand chose entre les horreurs de Maître Gims à destination des élèves de Zep et à destination de leur profs celles de Chris (ex-Christine and the Queens) dont on attend avec impatience l’annonce de son changement de sexe à l’instar d’Océan ex-Océane Rose Marie, alias La lesbienne invisible. Heureusement, il nous reste des francs-tireurs tels Bertrand Burgalat, la redécouverte des albums méconnus du grand public de Nino Ferrer (en gros de 68 à 79) ou encore quelques bonnes surprises comme la Japonaise exilée à Paris Kumisolo qui chante : « Dans les supermarchés bio, il n’y a pas de vigiles c’est vraiment facile / En plus les gens sont gentils sont plein d’humanité, te montrent le chemin de tes produits préférés ». Une ritournelle acide et fort agréable. Une sorte de bonbon au poivre jouissif. Et si l’avenir de la pop française se trouvait au Japon et en Angleterre ?

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