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Une drôle de guerre

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Publié le

20 avril 2020

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Le 12 mars dernier, Emmanuel Macron annonçait d’un ton solennel que face au péril mortel de la peste pangoline, la Patrie en danger devait se soumettre à la discipline du “confinement”. Faute d’avoir su rendre ses frontières à la Nation lorsque le virus ne frappait pas encore à ses portes, le chef de l’État décidait d’assigner à résidence le corps national.

 

Le terme de “quarantaine” étant un peu trop violent en ces temps de langage non-oppressif, on lui préféra donc celui de confinement : substantif élégant et cosy, doux à l’oreille, évoquant le cocooning et les dimanches pluvieux abreuvés de Netflix et de chocolat chaud. On en oublierait presque qu’en latin, confinium, c’est la limite territoriale, la frontière, cette frontière devenue à la fois taboue à l’échelle étatique et naturelle au niveau individuel. Pas un garde-côte en mer, pas un douanier aux frontières, mais entre tous des “gestes barrières” et de la “distanciation sociale”. Phase terminale de la tumeur postmoderne, la métastase monadologique prolifère dans un corps social à l’agonie : pour survivre, il faut désormais s’isoler physiquement, et par conséquent socialement. Dix “apéros Skype” ne vaudront jamais une tournée générale sur le zinc.

 

Notre dux bellorum des temps nouveaux déclarait donc la guerre à un microbe et mettait ses troupes en ordre de bataille : chacun chez soi, Canal + en clair et PornHub à volonté, bref, encore un effort du G20 sur le revenu universel, et cette vieille crapule de Brzezinski aurait enfin son tittytainment international, quelques mois après la fin de son interminable vie !

Canal + en clair et PornHub à volonté, bref, encore un effort du G20 sur le revenu universel, et cette vieille crapule de Brzezinski aurait enfin son tittytainment international

Quant à la minable cohorte des Gamelin, de l’ectoplasmique Jérôme Salomon à la bien nommée Sibeth Ndiaye, leur message tenait en quelques mots : “N’a-t-elle pas fière allure, notre Ligne Maginot ? Grandiose et immobile, vautrée sur le canap’ ! Vous êtes malade ? Restez chez vous ! Tenez le rang ! N’allez à l’hosto que si vous êtes en train de canner ! Et surtout, pas de traitements : on ne sait jamais, vous pourriez guérir !”

 

Mais le plus terrible, c’est l’appauvrissement anthropologique que cette pandémie met en lumière. On s’est peu ému de l’anaphore jupitérienne. “Nous sommes en guerre”, paraît-il. On s’est certes interrogé sur le caractère anxiogène de la formule six fois répétée. On s’est également demandé si ces effets de manche pourraient avoir un effet salutaire sur le respect du confinement. On a surtout oublié une évidence : si les anciens de 14 étaient encore de ce monde, si les troupes de la France Libre n’avaient été décimées par les ans, tous auraient éclaté d’un rire commun qui aurait ébranlé la France.

 

Lire aussi : La symétrie de la peur 

 

Il y a cent ans, le poilu breton affrontait les baïonnettes allemandes dans l’enfer de Verdun, tandis que le jeune sous-lieutenant de la Montmirail montait au feu sabre au clair, en casoar et gants blancs – car c’était l’honneur d’un officier que de mourir à la tête de ses hommes. Quand ils en revenaient la gueule cassée, les poumons carbonisés ou les pieds devant, c’était couverts d’une gloire sans faille, celle acquise face à la mitraille pour défendre quatre coins de terre.

C’était l’honneur d’un officier que de mourir à la tête de ses hommes.

Tandis que les coronawarriors tutoient désormais l’hystérie, rêvant de désertion après un mois de “conflit” microbien, les guerriers d’hier passaient des années dans la fange insalubre des tranchées ou dans le froid glacial des maquis, souvent sans mot dire, intuitivement fidèles à leur devoir. Ces soldats savaient le sens du mot “sacrifice” : il était gravé dans leur chair. Beaucoup offrirent une jambe, un oeil, une vie à la France, et tous lui donnèrent un bout de leurs âmes ainsi que leurs vingt ans. Le bon bidasse confiné finira la guerre les couilles vides et le ventre plein : chaque époque a les héros qu’elle mérite.

 

Etienne Auderville 

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