Au printemps 1792, l’Assemblée nationale législative française déclare la guerre au Saint-Empire. Les armées françaises totalement désorganisées par la Révolution accumulent les défaites au printemps et à l’été en Belgique. Au milieu du mois d’août, les troupes austro-prussiennes, conduites par le duc de Brunswick, pénètrent en France. Le 2 septembre tombe la place forte de Verdun, verrou de la capitale. Les maigres forces des généraux Dumouriez et Kellerman constituent alors le seul écran entre Brunswick et Paris.
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La confrontation a lieu le 20 septembre sur un plateau situé près du village de Valmy, dans la Marne, au nord-est de Châlons-en-Champagne. À la fin de la journée, les Français restent maîtres du terrain et les troupes étrangères rebroussent chemin vers la frontière. La France est sauvée et la République proclamée dès le lendemain.
Cette bataille en apparence si décisive, fera, fait toujours, l’objet d’un culte républicain exalté. Elle passe encore, plus que Jemmapes ou Fleurus, comme la victoire des Bleus par excellence. Si la gauche l’affectionne tout particulièrement, elle recueille des hommages de personnalités politiques moins attendues, comme par exemple Jean-Marie Le Pen qui, voulant asseoir sa légitimité républicaine, lance sa campagne de 2007 à Valmy.
Si l’on se penche sur le déroulement de la bataille, difficile d’en tirer la moindre leçon d’héroïsme. Parler de bataille pour Valmy est presque usurpé, puisque l’engagement coûte en tout moins de 500 vies
Et pourtant, si l’on se penche sur le déroulement de la bataille, difficile d’en tirer la moindre leçon d’héroïsme. Parler de bataille pour Valmy est presque usurpé, puisque l’engagement coûte en tout moins de 500 vies (en comparaison, Austerlitz fauche plus de 150 000 hommes). Et pour cause, il n’y a pas de choc de troupe à Valmy, rien qu’un long duel d’artillerie, où les excellents canons Gribeauval français, datant de la fin de l’Ancien Régime, ont surclassé leurs homologues allemands. Si les théories foisonnent depuis deux siècles, les raisons du recul de Brunswick après cette simple canonnade restent toujours un mystère pour les historiens.
Plusieurs éléments semblent avoir joué. D’abord, le général prussien a été surpris que les armées françaises, en pleine débandade depuis le début du conflit, tiennent cette fois-ci bon sous les boulets. Par ailleurs, il craignait de s’enfoncer toujours plus dans le territoire français sans possibilité de ravitaillement. Enfin, les Austro-prussiens s’apprêtaient à démembrer la Pologne et désiraient conserver leurs troupes pour une opération à leurs yeux plus importante que le rétablissement de Louis XVI sur son trône. La prochaine fois qu’un républicain excité vous bassinera avec l’héroïsme des soldats de Valmy, vous saurez quoi lui répondre.





