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Reportage : Avortement, voyage au bout de l’enfer

Afin de garantir la « liberté de choix des femmes », ivg.gouv.fr voit le jour en 2013. « Neutralité » et « choix » sont les mots brandis par sa commanditaire Najat Vallaud-Belkacem. La réalité est pourtant bien différente. Reportage.

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© Nicolas Pinet pour L’Incorrect

2013. Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre du Droit des femmes, lance ivg.gouv.fr dans les locaux du Planning familial, un site « sûr et officiel » sur l’avortement, tamponné par le ministère des Solidarités et de la santé et créé en réponse à la « croissance du nombre de sites internet diffusant des informations mensongères ou orientées, susceptibles de compromettre l’exercice du droit à l’IVG ». Il est ajouté que « la prolifération d’informations souvent trompeuses et culpabilisantes pour les femmes, […] sur la question de l’IVG, est de nature à porter atteinte à la liberté de choix des femmes ». Il s’agit de proposer un site d’information « neutre », qui permette « à chaque femme de disposer de tous les renseignements utiles pour éclairer son choix ». Sur le site, il n’est pourtant question que d’IVG : « IVG je suis mineure » ; « IVG qui peut m’aider » ; « Décryptage des idées reçues sur l’IVG » ; ou encore « Désinformation IVG » qui alerte sur les fausses informations « en réalité éditées par des militants contre l’avortement », met en garde contre les forums de soutien où « certains témoignages sont montés de toutes pièces » et contre les numéros verts qui consacrent « une grande part de leur contenu à la maternité » et « aux soi-disant complications et traumatismes liés à une IVG. » On a connu site d’information plus neutre…

Des numéros verts, justement, le site en propose un en gros caractères. Au bout du fil, des « professionnels » vous répondent du lundi au samedi de 9 heures à 20 heures pour vous orienter systématiquement vers deux types de structures : les CPEF (Centres de Planification et d’Éducation familiale) ; et les « établissements d’information et de consultation » regroupant des associations telles que le Planning familial. Les CPEF sont des établissements publics, financés par les conseils départementaux, qui dispensent des informations relatives à la contraception, la sexualité, l’IVG, les relations affectives et familiales. Le Planning familial est une association se définissant comme un « mouvement féministe et d’éducation populaire ».

IVG ou précarité

« J’ai été directement orientée vers l’antenne du Planning familial du Val-de-Marne », nous raconte Aurélie, trente ans. En couple depuis un an, elle était sous le choc de se découvrir enceinte d’environ six semaines à cause d’un échec de contraception orale. « Au téléphone, la conseillère du planning n’ayant plus de rendez-vous disponible dans la journée, me propose d’aller directement à l’hôpital, en m’expliquant que puisque ma demande est assez urgente, elle ne voudrait pas me faire attendre deux jours de plus ». Demande urgente ? Le délai pour recourir à l’avortement est à ce jour de douze semaines de grossesse et quatorze semaines d’aménorrhée (absence de règles). La loi prévoit deux consultations médicales obligatoires préalablement à une IVG. De plus, un entretien psychosocial est obligatoire pour les mineures, et doit être obligatoirement proposé aux majeures. Enfin, un délai de 48 heures est requis avant que la femme donne son consentement, après un entretien psycho-social. Il s’agit d’un document signé attestant de la volonté de la mère d’interrompre la grossesse. [...]

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