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Xavier Lemoine : « On ne peut laisser notre économie dans un état figé sans risque de désordre social »

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Xavier Lemoine, maire de Montfermeil @DR

Maire de Montfermeil réélu au premier tour juste avant l’entrée en vigueur du confinement, Xavier Lemoine est pleinement engagé auprès de ses administrés. Il réagit pour nous aux annonces faites hier par le président de la République.

 

Comment réagissez-vous aux annonces du chef de l’Etat hier soir ? Est-il à la hauteur de la situation ?

 

Je mesure la difficulté que constitue, pour le chef de l’État, la situation actuelle et je ne souhaite pas polémiquer inutilement. Cependant, je ne peux que déplorer un certain flottement et un flou sur les mesures annoncées. D’abord, rien n’a été dit sur la recherche de traitements susceptibles d’amoindrir, voire de neutraliser, la dangerosité de ce virus. De même, le Président ne précise pas la manière dont il souhaite, ou pas, parvenir à cette immunité collective qui conditionne un déconfinement en en minimisant les risques et en en renforçant la pérennité. Cela exige au préalable de fortes capacités d’hospitalisations, y compris lourdes, une palette de traitements adéquats et une forte capacité à tester la population avec les mesures d’accompagnement qui s’imposent.

Le Président ne précise pas la manière dont il souhaite, ou pas, à parvenir à cette immunité collective qui conditionne le déconfinement.

On nous parle de vaccins mais c’est à un horizon trop lointain à mon sens. De plus, le Président balaie d’un revers de main les dépistages massifs sur l’ensemble du corps social que pratiquent pourtant avec succès d’autres pays. Pourquoi ? Et sur la base de quels critères décidera-t-on de tester telle ou telle personne ? La, encore, beaucoup d’incertitudes demeurent. Enfin, je trouve que les règles de confinement, en raison de leur nécessité absolue, mériteraient davantage de discernement quant à certains aspects répressifs et à la débauche des moyens mis en œuvre à cet effet.

 

Justement, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, préconisait récemment de ne pas appliquer strictement les règles de confinement dans les banlieues sensibles pour ne pas créer un mouvement social. Que pensez-vous de ce deux poids deux mesures ?

 

Je comprends l’idée de ne pas ouvrir deux fronts à la fois. Nos forces de l’ordre sont très largement réquisitionnées pour faire appliquer les mesures de confinement sur l’ensemble du territoire, ce n’est pas le moment pour régler la question des quartiers hélas sous la coupe totale des trafiquants, ce qui est un problème à part entière.

 

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Mais, dans un but évident d’équité et de juste application de la loi sur le territoire, j’aimerais que les forces de l’ordre ne fassent pas preuve d’un zèle disproportionné à l’égard des populations qui ne menacent personne : est-il justifié de surveiller au moyen d’un drone un promeneur isolé et de le verbaliser ? Assurément non ! Si l’on n’applique les règles de manière proportionnée, nos concitoyens pourraient légitimement y voir un deux poids deux mesures insupportable.

 

Craignez-vous l’apparition d’un désordre social ?

 

Pensez au nombre de personnes dont l’activité économique est aujourd’hui à l’arrêt, et ce pour de très nombreuses semaines encore : l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, l’évènementiel, etc. Or, s’il est normal que l’État aide temporairement ceux qui sont touchés de plein fouet par cette crise, cela ne pourra avoir qu’un temps et il faudra bien permettre à l’activité économique de repartir. Tout comme on ne peut se reposer uniquement sur le mécanisme de la planche à billets qui peut être un expédient ponctuel mais ne résout en rien la crise sur le long terme.

 

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On ne peut, à mon sens, sans risque de désordre social, laisser notre économie dans un état figé. Je ne fais pas l’apologie du modèle économique qui prévalait avant la crise, je dis simplement qu’il permettait, de fait, à des centaines de milliers de salariés de faire vivre leurs familles. Si l’on ne permet pas une reprise raisonnable de l’activité économique, on va vers de graves dangers car on ne mesure pas l’effet domino que cela peut avoir.

 

À votre niveau, qu’avez-vous entrepris localement, à Montfermeil, pour aider à une meilleure prise en charge sanitaire des patients ?

 

Devant le manque constant de surblouses pour les infirmières, nous avons lancé avec les ateliers de confection de nos villes la fabrication de plusieurs milliers de blouses en tissu et avons installé dans un gymnase une laverie industrielle qui nous permet de laver 800 à plus de 1000 blouses tous les jours. Ainsi, les personnels soignants sont-ils bien mieux protégés.

 

 

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