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Dans le milieu très défavorisé qui fut le sien ; c’est encore un trait caractéristique du transfuge social n’assumant pas sa basse extraction que de dissimuler et d’avancer masqué ; et c’est encore le cas de la vedette littéraire construisant son mythe, intervertissant sur l’état civil son masque et son identité, Édouard Louis et Eddy Bellegueule, le sous-prolo de la France périphérique et le jeune prodige des lettres régnant sur le Paris de gauche, le bouffeur de frites maniéré, humilié chez les ringards, et l’icône bobo à la mode, souveraine chez les dominants.
Édouard Louis est un homme qui a beaucoup menti, ce qui l’a rendu suspicieux envers certains mensonges mondains mais aussi, par impatience existentielle sans doute, incroyablement crédule envers le révélateur simplet marxo-bourdieusien, lequel se contente de tout traduire en lutte binaire, sans considérer la multiplicité des luttes et tout ce qui échappe à la lutte. Par un amusant paradoxe, ce point de vue d’extrême gauche a été l’outil de son ascension sociale et c’est en en usant comme d’un marteau-piqueur qu’il finit par être élevé sur le pavois qu’on réserve aujourd’hui aux victimes, combinant la gloire du parvenu à l’auréole du martyr social(...).

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Accident industriel conservé dans le formol, le Maigret de Patrice Leconte est une aberration qui fait penser à Henoch, le fœtus obèse et marqué à qui Guillermo Del Toro consacrait tout un générique dans son Nightmare Alley. Mais l’attraction secrète pour initiés devient ici une tête d’affiche, un monument patrimonial dévoré par les lézardes, une monstruosité clinquante et exténuée. Dès le titre monolithique, l’attention est portée sur le héros de Georges Simenon, à l’exclusion de tout contexte, et incarné (comme un ongle) par un Gérard Depardieu abattu, marmonnant et absent de lui-même. Si l’argument de départ vient du roman Maigret et la jeune morte, le commissaire présenté ici est plus dans la continuité du Bellamy de Claude Chabrol, qui se donnait clairement pour une variation simenonienne.
Un découpage abusif avorte de chaque situation péniblement amenée ou surlignée
On remarque également, dans un contre-emploi malvenu, Aurore Clément qui joua l’une des victimes des Fantômes du chapelier, autre adaptation chabrolienne de Simenon. Ces clins d’œil tombent tous à plat, tant le film semble désinvesti et privé de substance. La reconstitution chipoteuse multiplie les inserts sur des menus objets, mais nul parfum d’un temps révolu ne monte aux narines. Les Trente Glorieuses sont des piteuses, aucune scène ne s’impose, sauf à la rigueur l’essayage de la robe, au tout début, où un semblant de sensualité se joue entre la soie et les mains de l’habilleuse. Un découpage abusif avorte de chaque situation péniblement amenée ou surlignée (Depardieu de profil prononçant les mots « dans le noir » est enchaîné avec... un fondu au noir). Quoique plutôt bref – moins d’1h30 – il semble manquer des plans de coupe dans ce Maigret qui hoquette une intrigue ridicule, soi-disant remise au goût du jour, avec ballets roses, lesbianisme et non-consentement à tous les étages. (...)
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