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Les nains et Blanche-Neige : Disney fait n’importe quoi

Surprendre, rajeunir, réconcilier. Sous des motifs fallacieux, la World Company est devenue la Woke Company. Rappelant par trop l’ancien monde, les contes se doivent donc d’être réécrits et repensés à l’aune des blessures narcissiques des minorités diverses et variées. Loin de défendre la diversité, Disney poursuit en réalité une œuvre de normalisation idéologique du patrimoine immatériel occidental, amputé de ses aspects les plus intéressants. Les nains du chef d’œuvre du génie Walt Disney n’étaient, en effet, sûrement pas des êtres humains atteints de nanisme … mais les fiers représentants d’une espèce essentielle du folklore germanique comme de nos inconscients collectifs. N’en déplaise à l’égocentrique Peter Dinklage, nain le plus célèbre du monde pour son rôle dans Game Of Thrones, Blanche Neige n’a jamais été le véhicule de préjugés « validistes » ou « racistes ».

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C’est un conte-type qui répond aux critères de classification du folkloriste finlandais Anti Aarne.…

Revue Dynastie : « Nous voulons montrer comment les familles font l’histoire »
Le premier numéro de la revue Dynastie est paru en novembre dernier. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ? Notre revue est un « mook » trimestriel, entre le magazine et le livre. Nous tenions à ce que ce soit un bel et agréable objet à conserver. Notre premier grand dossier est consacré aux Capétiens et notamment ausacre, depuis Hugues Capet jusqu’à Charles X. Ensuite, nous avons eu un grand entretien avec Stéphane Bern et la Grande Duchesse du Luxembourg. [...]
Les critiques littéraires de janvier

Gloire au roi Maulin !

La trilogie royale (En attendant le roi du monde, Les évangiles du lac, petit monarque et catacombes), Olivier Maulin, La Nouvelle Librairie, 330p., 20 € ; 422 p., 20,50 € ; 368p.,20 €.

Au milieu des années 2000, tandis que l’ironie de Michel Houellebecq avait déjà commencé de dissoudre les idoles de l’Occident libéral, un jeune écrivain allait surgir pour entreprendre une œuvre symétrique et complémentaire : celle de ré-enchanter ce monde vétuste, trompeur et sans joie à grand renfort de beuveries métaphysiques, de rites hétérodoxes et de sorties de route hilarantes hors de la voie post-moderne. Olivier Maulin venait de débarquer, jovial et corrosif, dionysiaque et provocant, aussitôt récompensé du Prix Étonnants Voyageurs pour un roman racontant comment un branleur français émigré de force au Portugal par sa copine allait s’ouvrir à la métaphysique à force de fumer des joints en compagnie d’un grutier illuminé.

Deux ans plus tard, en 2008, le romancier, dans ses Évangiles du lac, arrachait un Parisien aux niaiseries festivistes de la capitale pour le ressourcer aux antiques magies des forêts vosgiennes, qu’elles fussent chrétiennes ou païennes, du moment que crevaient les parapentistes athées. Enfin, son premier cycle s’achevait avec une restauration monarchique en plein palais de l’Élysée, organisée par les sous-fifres en extase durant le crépuscule sordide du règne de la momie (alias Mitterrand). Devant tant de génie réac et solaire, une mystérieuse Brigade du goût organisa, en novembre 2009, le sacre de l’auteur pour en faire le nouveau roi de Montmartre et Prince des poètes. La Nouvelle Librairie a eu la lumineuse initiative de rééditer cette première campagne romanesque sous le titre général de « Trilogie royale ». À la relire ou à la découvrir, on vérifiera comment son pouvoir souverain est intact, guérissant les écrouelles de la Bien-Pensance par d’irrésistibles crises de rire et relevant tous les étendards transcendants. Gloire au roi Maulin! Romaric Sangars [...]

The Chosen : Jésus par ses proches
S’il existe de très nombreux films sur le Christ, on ne connaissait pas de séries sur Lui, et faire découvrir Jésus à travers le regard de ceux qui le connaissaient le mieux se révèle un angle inédit. [...]
Le Sommet des dieux : vertigineux
« Marcher, grimper, grimper encore, toujours plus haut et après ? » L’ouverture donne le ton et nous embarque aussitôt dans une enquête menée par le photographe alpiniste Fukamachi dont la route croisera celle d’Habu Joji, grimpeur renommé mais farouche ; une enquête qui n’est, pour ces marcheurs, qu’un prétexte pour s’attaquer à de nouveaux sommets. Pris dans une inlassable quête du plus haut, plus grand, plus loin ; ces idéalistes défiant les dieux par nostalgie du ciel semblent victimes d’une fatalité comme le démontrèrent les mythes. [...]
Paul Morand & Jacques Chardonne : dialogues de chats

En demandant que ces lettres soient publiées bien après leur mort, ils souhaitaient s’épargner quelques vaines polémiques avec des confrères qu’ils méprisaient. Et puis, étrangement, ces pessimistes pariaient sur l’intelligence des générations futures. Ils ne pouvaient imaginer le lectorat actuel, partagé entre susceptibilité criarde et placidité bovine.

Concernant cette correspondance, celui-ci a choisi la seconde attitude. Il aurait pourtant trouvé, à toutes les pages, parfois à raison, matière à se scandaliser : la liberté de parole, jusque dans l’abjection, sont ceux d’une France haïe, bien que révolue. Ce dernier tome s’inscrit naturellement dans le rythme et le ton des deux premiers. Les deux épistoliers y cultivent toujours leurs dissemblances, conservent leurs manies de félins retraités : Chardonne, vieux matou craintif et ensommeillé, contemple, yeux mi-clos, le monde de sa fenêtre, quand Morand, chat maigre et nerveux, est toujours prêt pour la cavale. [...]

Alain Delorme : la lumière est un bain

La couleur n’est pas toujours nécessaire, on sait qu’elle passe avec le temps, alors autant commencer par ce qu’il reste : l’ombre et la lumière. Alain Delorme définit son équilibre, son harmonie, il dispose les masses sombres et les masses claires, comme on organise une scène qui sera le champ du possible. Puis il déploie les courbes des gris pour qu’un paysage prenne corps dans la lumière. Il s’agit de Venise. Venise en noir et blanc. Elle nous est offerte en détail et uniquement pour nous. [...]

Anselm Kiefer / Paul Celan : un dialogue par-delà la mort
avoir investi le Grand Palais pour la Monumenta en 2007, il est à nouveau le premier artiste à occuper le Grand Palais éphémère situé au Champ-de-Mars, face à l‘École militaire, lieu idéal pour illustrer l’Histoire politique et poétique de l’Europe par ses conflits et ses décombres. Les Chutes d’étoiles faisaient déjà référence à Paul Celan. Aujourd’hui c’est un dialogue avec lui et pour lui qu’il propose. La scénographie est à la fois minimaliste et démesurée. Les toiles sont récentes et fixées sur roulettes comme des radiateurs Rothelec. L’exposition ressemble à un grand mémorial. La dramaturgie est tellement puissante qu’on a l’impression que l’oxygène même y est pensé. On a brûlé le paysage. Le phénix s’est renouvelé. Des résurrections traversent le champ de ruines. Des vêtements n’habilleront plus personne. On y trouve Madame de Staël couplée à des champignons. Les sens sont mêlés à l’intelligence. L’artiste puise dans les mythes pour exprimer ses émotions. Les signes trouvent vite leur matière. L’homme arrive enfin à se lier au monde. La carcasse est une relique. La cave est dans sa tête. Kiefer y est né, dans la cave d’un hôpital bombardé de Donaueschingen avant la fin de la guerre, en 1945. [...]

L’Incorrect

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