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Vacances romaines : notre critique

Princesse soumise à un étouffant protocole, Ann n'a pas une minute de liberté. En déplacement à Rome, elle fait la rencontre du journaliste Joe Bradley qui la reçoit chez lui sans connaître son statut. Sous le charme du jeune homme, Ann profite enfin d'un moment d'évasion avant que sa condition ne la rattrape. Premier grand rôle d'Audrey Hepburn (Oscar de la meilleure actrice), première incursion de William Wyler (Ben-Hur) dans la comédie et premier film hollywoodien entièrement tourné à l'étranger (dans les fameux Studios Cinecitta et dans Rome), ces Vacances Romaines se dégustent comme un pur divertissement de haute tenue. 

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Albert Uderzo, la gloire difficile

Uderzo, dessinateur surdoué, n'est pas un créateur complet, comme Hergé, Chris Ware, Hugo Pratt, Greg ou Mandryka. Ou plutôt, une fois rencontrés Charlier et Goscinny, scénaristes eux aussi surdoués, il leur a abandonné l'histoire et les dialogues. Partage des tâches ingrat, du moins en France, nation intelligente : le dessinateur, quel que soit son talent, ne ferait qu'illustrer une situation et des personnages, il serait dépourvu de la part véritablement créatrice, l'invention. Les quelques indigents albums d'Astérix où Uderzo s'est risqué à signer seul le scénario tendraient, hélas, à confirmer ce jugement. 

D’une part, c’est oublier que le dessinateur incarne l’idée. Tanguy et Laverdure dessinés par Jijé ne sont pas les mêmes personnages que ceux dessinés par Uderzo, pas plus que le Spirou de Franquin, sur un scénario de Greg, n'est celui de Fournier ; d'autre part, l'exposition en cours au Musée Maillol révèle les débuts d'Uderzo, encore adolescent, inventant des personnages comme « Zidore, l'homme macaque » ou Clopinard, un étonnant ancien grognard de Napoléon, gnome à la jambe de bois truquée, écrivant des scénarios et, homme-orchestre, exécutant l'intégralité des planches, dessin, encrage et lettrage, avec une science très sûre des effets narratifs. Un dessinateur de talent exécute un scénario comme un musicien exécute une partition ou un peintre s'empare du sujet donné par le commanditaire.

Lire aussi : Chris Ware est-il un génie de la BD ?

Avec Uderzo, Charlier et Goscinny ont trouvé moins un exécutant qu’un co-créateur, déversant avec une folle prodigalité les trésors de son habileté dans la moindre case de l'histoire en cours, comme celle de l'aviateur Guillaumet publiée dans Pistolin : la planche originale, en grand format, laisse voir ce que la réduction au format du magazine et la mise en couleurs, atroce, avaient recouvert : le talent d'un graveur romantique rendant avec minutie et clarté le grand mouvement du vent et de la neige. [...]

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Les Sorcières de l’Orient : notre critique

Un documentaire sportif portant sur une équipe féminine de volley-ball qui a défrayé la chronique dans le Japon des années 60 ? Sur le papier, on était plutôt mitigé, et pourtant le cinéaste Julien Faraut parvient à rendre le sujet passionnant. Spécialiste du sport à l’écran, Faraut transcende la forme documentaire en mêlant images d’archives, interviews récentes et dessins animés d’époque, sur une musique puissamment synthwave. Le résultat c’est un témoignage bouleversant et composite, un collage d’émotions et de procédés qui témoigne d’une vraie ambition de cinéma.

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La loi de Téhéran : notre critique
Lauréat du Grand Prix du dernier festival du film policier de Reims, La Loi de Téhéran offre une plongée saisissante dans un Iran rongé par la drogue et où la sanction pour possession de schnouf est la même que l'on ait 30 g ou 50 kg sur soi : juste la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n'ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. [...]
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La Brigade des 800 : notre critique

Blockbuster de tous les records, La Brigade des 800 s’est imposé dans les salles chinoises en pleine crise sanitaire. Un véritable film-monstre qui prouve si besoin était toute la vitalité du cinéma populaire de l’Empire du Milieu. On pouvait craindre le film de commande patriote et larmoyant, et si le métrage de Giang Hu n’oublie pas, effectivement, de susciter des émotions héroïques, c’est toujours avec intelligence et un sens de la mise en scène qui laisse pantois.

Lire aussi : Kaamelott : Astier rate son retour [...]

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Kaamelott : Astier rate son retour

Douze ans, c’est long, surtout à la fin. Après des bisbilles de droits d’auteur, Alexandre Astier, l’homme-orchestre de la série Kaamelott, annonce en 2015 le projet du retour du roi Arthur et de ses sbires, cette fois sur grand écran, six ans après la fin du dernier épisode. Le Lyonnais est ambitieux, il voit les choses en grand : alors qu’une saison coûtait deux millions d’euros, on lui accorde un budget de quatorze millions pour son premier volet. Eh oui, Astier vise une saga en trois parties. Tant mieux, on raille suffisamment le cinoche français et ses films en pot de chambre pour ne pas se réjouir enfin du retour du grand spectacle made in France sur nos écrans. La dernière réussite, c’était Astérix, Mission Cléopatre (2001) ; à cette époque Jospin se voyait à l’Elysée et les wokes n’étaient encore que des grandes poêles à chinoiserie.

Alors que les trois cors raisonnent sur un fond noir, les sourires se dessinent sur chaque visage. Et ils sont nombreux. Plus de soixante mille préventes – un record – et des avant-premières qui atteignent deux-cent mille entrées, le QR code n’est plus un sujet. Le film débute dix ans après la disparation du roi Arthur. Le tyrannique Lancelot du Lac et ses mercenaires saxons font régner la terreur sur le royaume de Logres. Les ex-chevaliers de la Table ronde traqués feignent de jouer les résistants et la tête de l’ex-roi est mise à prix.

Lire aussi : Titane : le naufrage

Astier ouvre son film sur Guillaume Gallienne. Bon choix : l’exfiltré de la Comédie-Française est grand, il sait tout faire. Le voici ....

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Sélectron : les 10 Palmes d’or les plus mémorables


10 – Blow-Up (1966)

De Michelangelo Antonioni avec Jane Birkin, Gillian Hills, Julian Chagrin

Dans un parc de Londres, un jeune photographe surprend ce qu’il croit être un couple d’amoureux. Il découvre sur la pellicule une main tenant un revolver et un corps allongé dans les buissons… Un film qui bouscule, non par son sujet mais par son cinéma. Des plans qui s’approprient l’espace comme jamais, une grammaire cinématographique qui devance l’intrigue et une radicalité des cadres qui désarçonne le spectateur. Blow Up éblouit par la mise en scène — l’essence-même du cinéma.




9 – Sous le soleil de Satan (1987)

De Maurice Pialat avec Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire, Alain Artur 

La jeune Mouchette, 16 ans, tue son amant. Tout le monde pense que le défunt s’est suicidé. Mais l’adolescente ressent le besoin de confier son crime à l’abbé Donissan, le vicaire du village. Une relation étrange, malsaine et fallacieuse se noue entre eux. S’il remporte à l’unanimité la Palme d’or du Festival de Cannes 1987, Maurice Pialat fut accueillit par des huées et des insultes, ce à quoi il répondit, poing tendu vers le ciel, par le fameux : «  Si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus ».…

Titane : le naufrage

L’art de la posture

La moindre des choses, lorsqu’on se targue de faire des films de genre, c’est d’avoir la foi. La foi dans son histoire, la foi dans ses personnages, la foi dans son imaginaire. Pour faire croire, il faut croire : les plus grands réalisateurs de cinéma fantastique savent installer une situation, poser des personnages en quelques plans, élaborer un récit solide capable de maintenir la fameuse « suspension d’incrédulité ». Pour cela, encore faut-il faire fi de son ego. Ce qui n’est pas vraiment le genre de Julia Ducournau. L’histoire, le réalisme, la peinture de caractère, elle s’en tamponne. Ce qui lui importe, c’est plutôt de montrer à quel point elle est cool. D’ânonner une sorte de manifeste arty vaguement dans le vent, de balancer ici et là quelques images chocs soulignées au Stabilo, de régurgiter le tout en accumulant les poncifs, un peu comme si elle avait tiré au sort ses thématiques : la filiation, le déni de grossesse, la dysphorie de genre… Au passage, elle déploie tout un catalogue de chromos ultra beaufs : pompiers en rut filmés au ralenti, strip-teaseuses forcément gouines et bagnoles peintes à l’aérographe… Un catalogue de fantasmes adolescents, de références mal digérées, liées par une très bourgeoise volonté de choquer le bourgeois, tout cela mis bout à bout et sans aucune logique. De la posture pure et simple. On jurerait que Ducournau avait sous les yeux une liste de scènes à cocher pour parfaire son idéal de film d’horreur chic et dégénéré. L’automutilation ? Check. Les écoulements vaginaux noirâtres ? Check. Les meurtres à coups d’aiguille à tricoter ? Check. Tout cela en dépit de toute exigence narrative, et surtout en dépit de notre empathie.

L’Incorrect

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