


Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

C’est le monde à l’envers : alors que nous nous apprêtions, pétris de nos certitudes, à voir une Eurovision où l’Europe occidentale se serait ridiculisée en envoyant comme tous les ans des histrions dégénérés, femmes à barbes, chèvres à perruques ou que ne savons-nous encore, et voir des pays de l’Est plus traditionnels nous humiliant par leur tenue, voilà que la vapeur fut renversée !
À la surprise générale, le Top 5 de cette année est composé d’artistes chantant dans leur langue natale et non en godon, tandis que de nombreux pays qu’on connut plus conservateurs ont fini par sacrifier au politiquement correct. On pense notamment à l’hymne féministe russe de Manizha, aux Destiny’s Child du pauvre de Serbie, qui chantaient en espagnol (Slobodan relève-toi, ils sont devenus fous !), aux Moldaves forcément gays, aux Lituaniens forcément gays, ou au Suédois forcément noir. Un retournement de situation bien étrange, mais qui ne doit pas faire oublier que l’Eurovision n’en reste pas moins un concours de propagande décomplexée. Il est d’ailleurs écrit sous chaque vidéo publiée par la chaîne officielle du concours que « l’Eurovision célèbre la diversité par la musique. Nous ne tolérons pas le racisme, le sexisme, le validisme, l’homophobie, la transphobie, le body-shaming ou aucun autre langage hostile ou insultant ». [...]
Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

C’est la guerre. Cette fois-ci, ce n’est pas Emmanuel Macron qui le dit mais les distributeurs en panique devant l’embouteillage monstre des sorties et les retours des Ricains après un an d’absence. Trop de films, trop de dettes et pas assez de salles, la loi du marché va régner en maître et cette salope de main invisible disparaitre tel un assureur au lendemain d’un incendie. Comme c’est la guerre, il faut choisir son camp. Ça sera la France, évidemment. Il ne faut pas être rancunier me diriez-vous, surtout après les pitoyables César 2021, les pleurnicheries indignes d’une profession bien plus perfusée d’argent public que toute autre et les postures indigéno-hystéro-féministes d’une partie de leurs têtes d’affiche.
Un jeune cinéaste à l'ambition autre que de mettre en boîte des crétins masqués n'existerait pas sans cette fameuse exception culturelle.
Mais il faut choisir. Parce que nous sommes trop chauvins et de mauvaise foi pour se comporter comme des Suisses mais surtout parce que cette « exception culturelle française » financée par nos deniers a rarement été aussi vraie qu’en cette réouverture. Ce mantra trop souvent montré du doigt par quelques amnésiques incapables de se souvenir que même Les Tontons Flingueurs ont touché des avances sur recette, à la différence de l’imbécile La Haine de Mathieu Kassovitz justement zappé pour le très beau Hussard sur le toit de Jean Paul Rappeneau sorti la même année. Bon, nous aussi nous sommes amnésiques ou plutôt possédons cette grâce de l’oubli. Celle qui nous permet d’affirmer [...]
Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Plus de six mois sans pouvoir s’installer à une table de café en terrasse, au cours d’une flânerie ou par habitude, s’asseoir sur une chaise calée sur le bitume, poser son sac, en sortir un livre, un carnet, un paquet de cigarettes, bien sûr, si l’on s’adonne au beau vice du tabac, demander un café, un demi, un double whisky sec, et se retrouver dans cette position sublime, parmi le flux permanent des affairés, que de contempler un peu ce qu’est la vie, comment sont les êtres, vers quoi le monde penche, à cette extrémité de la civilisation qui, par la contemplation, rejoint les éclairs des premiers ascètes. Cela aussi relève de la culture, une certaine manière d’habiter le monde et de prendre du recul sur l’inertie qui pousse le troupeau à l’abîme (nous pouvons tous être entraînés ou arrachés au troupeau, à chaque instant, sur ce plan la terrasse représente un frein). Dans ces pages, je reportais il y a deux ans cette belle citation de l’Américaine Shirley Goldfarb : « Je me suis offert une bourse à vie pour étudier aux terrasses des cafés... » disait-elle, en faisant référence à Paris, où elle avait choisi de vivre et mourir, bien sûr, puisqu’on ne trouve guère de terrasses de café crédibles dans son pays d’origine.
La France donc, transforme tout en salon, même la rue, si bien que le passant devient un étrange invité
Chesterton a expliqué comment le « backyard » était anglais, soit le goût pour le revers de la maison, alors que la maison française était ouverte sur la rue comme sur un théâtre. Le pub est finalement une arrière-cour commune, tandis que les Allemands ont des Biergarten, des jardins à bière, où ces amoureux de la nature (nature qu’ils n’ont jamais vraiment quittée, pour le meilleur et pour le pire) trinquent en pleine nostalgie d’Éden. La France, qui est elle configurée au symbole de l’espace parfait, espace qui devient un salon, évidemment, ce qu’expliquait un célèbre linguiste étranger dont je ne chercherais pas le nom parce que je ne suis pas allemand et que je n’ai pas que ça à foutre, la France donc, transforme tout en salon, même la rue, si bien que le passant devient un étrange invité, la rue une salle de bal, la terrasse un balcon, le monde une soirée sans videur.
Comme il est bon de retrouver cette perspective, cette disponibilité au bel éparpillement des rues, la multiplication des visages, le gazouillis des conversations, d’entendre comment se trament toujours séductions et complots, révolutions esthétiques, considérations sur les mœurs, ardentes controverses, comment les êtres se confessent les uns aux autres ou échouent à se comprendre un verre de Spritz à la main et recommandent la même chose convaincus de l’effet fluidifiant de l’alcool.
Lire aussi : Éditorial culture de mai : Goebbels moins le grandiose
Durant deux saisons pleines, notre rapport au monde se réduisit aux soirées clandestines et aux médias officiels, à la connivence ou au matraquage, et nous avons manqué d’imprévu, de frivolité, de dérives. Nous étions livrés aux médecins des corps et aux médecins des âmes, les seconds acharnés à nous vacciner contre toute forme d’esprit critique sur le processus d’indifférenciation généralisée où les nouveaux fanatiques voudraient nous entraîner. En terrasse, nous pouvons à nouveau débattre avec des familiers ou des inconnus, la parole n’est plus monopolisée par les agents du néo-progressisme comme au sein de ces médias publics qui se trouvent depuis si longtemps privatisés par les idéologues d’un Parti Unique.
Certes, depuis 2015, nous savons qu’un mahométan hystérique peut toujours surgir pour abréger nos conversations, et si nous regrettons la pauvreté d’une telle répartie, nous savons aussi quelle envie dévorante la suscite, que le type de civilité que nous avons élaboré à ce bout de l’Europe depuis mille ans, depuis les cours d’Aquitaine et de Champagne jusqu’à ces cafés en bord de Seine, a quelque chose de révoltant pour les ennuyés du désert vu que notre vrai quotidien est plus excitant que leur faux paradis.
Alors je le répète : c’est un puissant plaisir de retrouver les terrasses, les digressions, les anecdotes, les heurts des verres, les présents du hasard, comme la grâce qu’on peut trouver aux jupes des femmes cis en euphorie de genre.

Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Vous souhaitez lire la suite ?
Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !
L’Incorrect
Retrouvez le magazine de ce mois ci en format
numérique ou papier selon votre préférence.





