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Des artistes s’élèvent contre la politique culturelle
L'Incorrect relaie une lettre de Rémy Aron, ex président de la Maison Des Artistes, signée par une vingtaine de personnalités du monde de l'art dont Aude de Kerros, Nicole Esterolle ou encore Pierre Lamalattie, lettre qui demande la création d’un groupe de travail parlementaire sur la question de l’intervention de l’Etat dans le champ de la création artistique, considérant que ce dernier est le plus interventionniste du monde et privilégie systématiquement les mêmes formes de vieilles avant-gardes essoufflées.
LE BON, LA PUTE ET LE TRUAND – La Chute de l’Empire américain
Malgré son titre aguichant – La Chute de l’Empire américain – le nouveau film du réalisateur québécois Denys Arcand n’est pas le troisième volet du cycle débuté en 1986 avec Le Déclin de l’Empire Américain puis poursuivi avec Les Invasions Barbares, film oscarisé en 2003. Moins féroce, plus moraliste, si la manière qu’a Arcand de scruter son époque fait toujours sourire, elle perd franchement en puissance. La Chute de l’Empire Américain s’ouvre sur un clin d’œil à Pulp Fiction : attablé dans un restaurant, Pierre-Paul explique à sa future ex qu’il est « trop intelligent » pour réussir, que « l’intelligence est un handicap », expliquant l’élection de Donald Trump par un cinglant : « Les imbéciles adorent les crétins ». Pierre-Paul a 36 ans et malgré un doctorat en philosophie, il exerce le métier de chauffeur pour une compagnie de livraison. Plaqué pour s’être montré « trop intelligent pour dire je t’aime », il se retrouve quelques jours plus tard témoin d’un hold-up qui tourne mal et au terme duquel sont abandonnés deux énormes sacs de sport bourrés de billets. Des millions de dollars. Le pouvoir irrésistible de l’argent va bousculer ses valeurs altruistes et mettre sur sa route une escort girl envoûtante (Maripier Morin, d’une beauté sublime) et un ex-taulard (merveilleux Rémy Girard) reconverti en conseiller financier. La patte d’Arcand se remarque dans ses personnages, les dialogues font souvent mouche – « J’ai besoin d’aide, j’ai vraiment trop d’argent » – et on y découvre même un cadre plus soigné qu’à l’accoutumée. Son personnage aussi timoré qu’érudit et qui use de citations pour fuir tout dilemme moral rappelle ceux du Déclin de l’Empire Américain. On s’amuse de voir Pierre-Paul dealer avec un avocat véreux pour blanchir moralement ses valises de biftons via des paradis fiscaux ou acheter, comme première dépense, les faveurs d’une escort de luxe qui cite Racine. Arcand montre comment l’argent, origine de tous nos maux, sait se rendre désirable même aux yeux d’un socialiste convaincu.(...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
ACCUSÉ BARBARIN, LEVEZ-VOUS !
A la faveur d’un buzz profitable, l’éventuel report de sa sortie, Grâce à Dieu, le nouveau film de François Ozon débarque aujourd’hui dans nos salles. Nul doute que le faux suspense entretenu ces derniers jours augmentera ses entrées, tant mieux pour ses producteurs ; tant pis pour les autres : l’Église et ce qui lui reste de fidèles.
Trois critiques du mois
Des confidences pour confidences de Pierre Jourde, une franche partie de rigolade à partager, ou histoire d'âmes... Que lire ce mois-ci ?
Pierre Jourde : Confessions d’une tête brûlée
Universitaire spécialiste des écrivains fin-de-siècle (il a dirigé l’édition en Pléiade à paraître de Huysmans), critique hilarant et assassin (La Littérature sans estomac avec Éric Naulleau), romancier virtuose alliant toujours à la nostalgie le comique féroce, Pierre Jourde est l’un des grands noms de notre littérature actuelle. Passionné d’arts martiaux, l’écrivain avait intérêt à savoir encaisser les coups. Entre la détestation de certaines de ses victimes journalistes, la tentative de lynchage qui résulta de la publication d’un roman autour de son village natal (Pays perdu), ou les nombreuses déconvenues subies au gré d’escapades casse-cou telles que racontées dans son dernier livre, Le Voyage du canapé-lit, Pierre Jourde a montré qu’il avait le cuir dur autant que la plume tranchante. Vous qui avez tant critiqué le nombrilisme des écrivains parisiens, voilà que vous pratiquez depuis plusieurs livres l’écriture autobiographique ! Comment expliquez-vous cette nouvelle inflexion ? Il y a des événements auxquels on se sent obligé de répondre littérairement : l’enterrement de mon père en Auvergne, et de cette jeune fille, pour Pays perdu ; la mort de mon fils pour Winter is coming ; la mort de ma mère pour ce dernier livre. Cette histoire de canapé était un bon prétexte, et puis, un canapé, c’est un bon résumé psychanalytique des relations familiales ! Je m’empresse d’ajouter que j’en ai marre de l’écriture du moi et que mon prochain livre baignera dans un imaginaire débridé. Votre mise en scène fait penser au Décaméron, par le fait de se retrouver coincé dans un véhicule et de raconter des histoires pour faire passer le temps… Le Décaméron est une très bonne comparaison. J’adore ce genre de structure narrative digressive où l’on se raconte des histoires, c’est une grande tradition du Moyen Âge et de la Renaissance. Le fil rouge, c’est les objets comme incarnation de notre rapport au réel. Et la parole va se développer dans une autre cohérence : cette manière qu’a une génération de renverser ce qu’a fait l’autre. C’est un livre très vif, souvent comique, au contraire de votre livre précédent, si dur, qui relatait la mort de votre fils. Aviez-vous besoin d’écrire à rebours du précédent ? C’est plutôt une espèce de renversement symétrique. Je crois que l’esprit de ce livre c’est de montrer comment les pires tragédies sont inséparables d’un certain comique et vice-versa. Je ne suis certes pas le premier à dire que l’humour fonctionne sur de la matière tragique. Dans Winter is coming, je raconte comment mon fils et moi, à la veille de sa mort, nous marrons parce qu’on est en train de vivre une scène de poursuite dans l’hôpital qui reprend le dernier OSS 117. Le tragique absolu n’existe pas. On a beau faire, même quand on meurt, on arrive à être ridicule. Vous ne pouvez pas, cette fois-ci non plus, vous empêcher d’étriller certains de vos confrères ! Tous mes livres, je les écris dans une relation forte et conflictuelle avec le réel, et ils sont tous tissés de littérature, de références positives ou négatives. L’Heure et l’ombre est une sorte de réécriture de Sylvie de Nerval. A contrario, ce qui me semble une anti-littérature, c’est-à-dire quelque chose qui n’est plus que mots, je ne peux m’empêcher de le donner en contre-exemple. Le propos de mes livres, c’est de montrer qu’on est tellement infestés de discours qu’on ne sait plus très bien où est la réalité. Vous remarquez que ce sont les journalistes, et non les écrivains, qui se sont le plus scandalisés de vos attaques… La presse est devenue un vrai pouvoir qui se défend comme un pouvoir, or, tout pouvoir déteste qu’on le remette en cause, avec cette complication pour les journalistes que c’est un pouvoir qui se prend pour une expression de la liberté. Ces braves gens ont organisé mon interdiction, par-derrière, que ce soit en me faisant déprogrammer de certains festivals ou en faisant pression pour annuler des articles. Edwy Plenel a déclaré que les gens qui s’attaquaient au Monde des livres étaient des ennemis de la liberté ! Et d’un autre côté, maintenant, ce sont certains habitants de Niort qui se plaignent des propos tenus par un personnage de Houellebecq sur leur ville… C’est effrayant parce que tout le monde se sent obligé de défendre le fait qu’il est sourd, nain, femme, breton ou niortais. Au nom de la défense des minorités, on ne peut absolument plus parler… C’est une espèce de libanisation culturelle terrifiante. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Guy Peellaert : le maître du jeu
Artiste plasticien belge ayant vécu en France où il décloisonna les arts et se fit une réputation de génie inclassable, Guy Peellaert est mort en 2008. Bédés expérimentales, affiches de film célébrissimes (Paris Texas ou Taxi Driver), pochettes mythiques (Rolling Stones, Bowie) et peintures numériques, son univers visuel aura marqué de son empreinte le dernier demi-siècle. À l’occasion de la réédition de The Game, qui rassemble ses planches expérimentales publiées après 68, Jean-Emmanuel Deluxe est allé visiter le parolier Boris Bergman, qui l’a bien connu, afin d’évoquer ses souvenirs avec l’artiste.
« COMEDY UNLEASHED » LIBÈRE LA COMÉDIE
Un nouveau club de stand-up dédié à la liberté d’expression réunit à Londres une bande de dingues qui n’ont peur de rien. Andy Shaw et Andrew Doyle, ses deux fondateurs, sont récompensés pour leur audace.

L’Incorrect

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