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Artistes et robots: l’art d’être un robot
Au Grand Palais s’expose un mystère des temps modernes, le robot, présenté au meilleur de son drame : quand cette créature fait face à la création. Du gadget au vertige.   Ryoji Ikeda représente depuis vingt ans les flux numériques qui nous entourent. Données qui s’échangent, caméras automatiques qui enregistrent, mémoires qui se chargent, se dupliquent, se vident, coordonnées sans cesse mises à jour, dématérialisation constante des échanges, il manifeste cette numérisation du monde par des installations monumentales où le spectateur est plongé dans la contemplation de ce qui ne peut être que les vertigineuses ruminations d’un cerveau mécanique, enregistrant le monde, établissant des liens, reconnaissant des formes, imaginant un ordre, appréhendant la réalité selon une logique qui lui est propre. Data. tron [WUXGA version], conçu en 2011, se regarde comme on lit des descriptions fabuleuses de William Gibson décrivant, en transe, les pensées des ordinateurs.   Les faux cerveaux robotiques de Ryoji Ikeda (car ses œuvres ne sont que de gigantesques collages d’images et de séquences vidéo, des bouts de code, une projection sur écran de calculs aléatoires soigneusement rythmés par l’auteur) sont très convaincants. On sent à quel point ces technologies nous (…)   A lire dans le dernier numéro de L’INCORRECT et en ligne pour les abonnés
Maurice G. Dantec : un monstre à Boboland
On aurait pu craindre que la première biographie consacrée à Dantec relève de l’hagiographie, elle montre surtout les limites de son auteur, dépassé par un sujet dont il ne comprend pas le mouvement intellectuel, et qui n’a pas voulu débattre avec nous en raison de sa conception stalinienne de la tolérance.   L’exercice biographique est un exercice périlleux en soi, d’abord parce qu’il nécessite une distance avec son objet, et ensuite parce qu’il sera livré en premier lieu à un public qui en fera rarement preuve ; a fortiori lorsqu’il s’agit d’un écrivain comme Maurice G. Dantec, phénomène littéraire inédit dans le panorama culturel français, qui aura suscité autant d’adhésion que de rejet, et dont la perception n’est pas forcément claire, à plus de dix ans de sa gloire et à deux ans de sa mort. Monstre littéraire, élaborant des romans gargantuesques à partir d’une fragilité psychologique grâce à laquelle il percevait, par l’entremise de la science-fiction ou du polar, quelque chose de la catastrophe de notre monde. S’il bascula dans la Réaction puis dans un oubli relatif duquel il ressortira très certainement posthume, Dantec s’exila également d’un hexagone dont il ne supportait plus l’étroitesse pour une Amérique fantasmée dès son plus jeune âge. De la même façon, il échappait aux diverses chapelles politiques qui finalement ne parvinrent jamais à se l’approprier autrement que sur des malentendus: viscéralement antifasciste, il pourfendait les islamo-gauchistes qu’il dénonçait comme les héritiers des totalitarismes du XXe siècle dans des écrits polémiques ressemblant en tout point à des carnets de guerre. (…)   A lire dans le dernier numéro de L’INCORRECT et en ligne pour les abonnés
Premier jour au Hellfest !
Le Hellfest... fête de l'enfer, ou enfer de la fête ? Sis à Clisson depuis maintenant treize ans, le plus gros festival metal d'Europe, et presque du monde ne désemplit pas. 
Au bon beurre
C’est le titre du célèbre roman de Jean Dutourd, sous-titré Scènes de la vie quotidienne sous l’Occupation. C’est aussi l’illustration des évolutions techniques et gustatives de l’alimentation au cours du dernier siècle. Si le beurre est aujourd’hui un produit de consommation courante, il n’en a pas toujours été ainsi. Au sortir de la guerre, en 1953, un ouvrier doit travailler 92 minutes afin de gagner assez pour s’acheter une plaquette de beurre de 250 grammes. Sous l’effet de l’amélioration des races laitières et de la production, qui s’industrialise, le prix du beurre ne cesse de baisser. Dix ans plus tard, en 1963, il faut désormais 52 minutes à notre ouvrier pour s’acheter le même produit. En 1973, on passe à 26 minutes, quinze minutes en 1983 et six minutes en 2016. Un produit autrefois rare et cher est devenu (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
De quoi Médine est-il le nom ?
De quoi Médine est-il le nom ? Du djihadisme ? Non, ce rappeur n’est pas plus un terroriste qu’un sympathisant du terrorisme. En revanche, il est un pur produit de l’infra-culture des « quartiers », largement influencée par le retour du refoulé religieux islamique chez les enfants d’immigrés venus du Maghreb ou d’Afrique de l’Ouest, mais aussi, c’est encore plus terrible, chez certains descendants de harkis.
Les mots de l’amour en 2038
Anne-Caroline Paucot a publié un amusant Dico de l’amour du futur (Les Propulseurs). Comme tous les prétendus progrès sont dans la nature, nous avons rajouté quelques néologismes de notre cru. Une plongée dans l’amour tel qu’il nous guette…  Le rythmascope : est un petit instrument implanté dans la cochlée de deux personnes. Une légère intervention en ambulatoire et l’appareil synchronise en temps réel les émotions des deux amoureux. Les émotions négatives, colère, impatience, sexisme, sont automatiquement éliminées. Le coût des deux appareils et des interventions – 15 000 euros – limite encore un peu l’usage, mais Amazon qui commercialise l’invention espère diviser rapidement le prix par six, le mettant ainsi à la portée du plus grand nombre. Ornithorisque : Il s’agit d’un jeu de société à caractère sexuel. Les joueurs (minimum quatre, jusqu’à 64) sont reliés digitalement via un casque. Une commande leur permet de choisir l’animal auquel ils vont s’identifier sexuellement. Si deux loups sont sélectionnés (ou deux chats, deux dromadaires, etc.) ils s’accouplent virtuellement. Si c’est une (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
Edouard Louis : MÉPRIS ET PITIÉ D’UN PARVENU
Extrait Faut-il insulter son milieu d’origine pour être un transclasse accompli? A l’heure où le peuple des sans-dents en prend plein dedans, il semble pertinent, sinon urgent, de s’interroger sur la représentation de la « France périphérique » dans la littérature – nom fumeux et porteur d’un prestige usurpé aux temps jadis, disons plutôt: sur le marché national du livre. En 2014, la ridicule proportion de nos compatriotes qui lisent avait pu découvrir Édouard Louis, brillant étudiant d’une vingtaine d’années, propre comme un sou neuf et bien peigné, aux airs d’angelot tendant le panier aux fidèles à la fin de la messe. Ne vous fiez pas à son allure d’ex-enfant mannequin pour Cyrillus, Édouard Louis, né Eddy Bellegueule, est l’incarnation parfaite pour Les Inrocks du white trash émancipé. Issu d’une famille d’ouvriers crasseux se nourrissant presque exclusivement de pommes de terre (une attitude pourtant éco-responsable pour des habitants du Vimeu, ce petit terroir picard coincé entre le Ponthieu et le pays de Bray), le jeune disciple de Didier Eribon avait retracé au long de deux cent vingt pages dignes d’une Passion laïque son enfance martyre entre brimades, coups et humiliations, le tout dans un contexte d’homophobie prégnante. Une image de la campagne aussi fine et objective qu’une exégèse du Coran par Michel Onfray… Difficile de penser, pour des esprits chagrins qui se qualifieraient de lucides, qu’un premier « roman » d’un illustre inconnu publié au Seuil jouisse d’une telle (…) A découvrir dans le dernier numéro et en ligne pour les abonnés

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