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Romaric Sangars : Le verbe divin
Notre rédacteur en chef culture publie la confession intime de son retour au Christ. L’occasion de traverser l’époque et la littérature. Tu es pamphlétaire et romancier : pourquoi publier ce livre personnel maintenant ? Je ne suis pas allé spontanément à ce livre, j’y ai été poussé par mon éditrice et par Richard Millet : ils m’ont incité à développer ce récit de confession à cause d’un court texte autobiographique, Pneuma, qui accompagnait mon premier livre sur Jean d’Ormesson, où j’évoquais déjà mon retour au catholicisme. C’est une idée qui me plaisait mais que seul je n’aurais pas développée si tôt : il y avait beaucoup de freins à me livrer à un tel exercice, une pudeur. Mais je me suis rapidement senti en accord profond avec ma démarche littéraire elle-même. C’est ce qui se passe souvent : quelque chose a lieu dans l’expérience d’écriture elle-même. Je me suis rendu compte que mon catholicisme et ma vocation d’écrivain étaient très intimement liés. Et racontant comment je revenais au christianisme, je racontais aussi comment je devenais écrivain. Comme un disciple de la poésie qui se serait radicalisé. Tu es né dans une famille culturellement catholique : est-ce une conversion au sens propre, ou l’approfondissement de ce que tu étais déjà ? C’est assez ambigu : il y a l’impression formidable de rejoindre le dieu de ses pères, de ses ancêtres, l’impression émouvante de pouvoir restaurer un lien préexistant et donner brusquement du sens à tout ce qui nous environne, aux églises, à l’art européen. Mais en même temps, c’est aussi le problème de (...)
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3 Billboards : un grand film de droite
3 Billboard est un film éminemment politique. Sans doute nos chargés de conscience y verront-ils une « violente charge contre l’Amérique de Trump » ou une dénonciation visionnaire « du mâle blanc beauf au cerveau de phallus ». Il s’agit, au contraire, d’une définition anthropologique bien éloignée de ces lieux communs bien-pensants.
Ricky Farina : « Ce que j’aime faire avec les femmes ne pourrait jamais plaire à Weinstein »
Initialement publiée dans Il Fatto Quotidiano, voici la désopilante réaction que le cinéaste Ricky Farina avait rédigée à l’occasion de l’affaire Weinstein, avec quelques mois de retard, mais en exclusivité pour les lecteurs français. Parce que la vie est un concombre. Le succès monte à la tête, c’est bien connu et, dans le cas de Weinstein, on parle de la tête génitale. Ce producteur de films mémorables tels que Pulp Fiction s’est ruiné avec ses propres couilles. Un destin commun à bien des hommes vous me direz, mais voilà, quand on est un producteur de renommée mondiale, on n’échappe pas à la publicité. Même quelqu’un d’inconnu comme moi a senti, au moins une fois dans sa vie, s’agiter en lui le démon weinsteinien. Je me souviens que j’étais en train de faire des essais de tournage pour un film qui s’intitulait Le Scaphandrier, un polar un peu surréaliste que je tournais avec mon ami Valentino Murgese, et je m’étais imaginé une scène dans laquelle le protagoniste éclairait les cuisses d’une femme avec une torche, en remontant le faisceau de lumière jusqu’à sa patatina, et puis de la patatina sortait un poulpe qui crachait son encre noire sur les cuisses en question. La scène me plaisait bien mais, je l’avoue, elle n’était pas nécessaire. Je ne l’avais imaginée que parce que j’avais envie de voir une femme nue. Que diantre, il faut bien l’admettre, parfois on ne fait du cinéma que par envie de voir une femme nue ! Un ami acteur me mit en contact avec une fille très belle et nous prîmes rendez-vous. La fille se présenta chez mon ami avec des (...)
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Balthus dans la tourmente féministe
Le peintre Balthus, enterré depuis seize ans, revient en force dans l’actualité. Il fait, depuis début décembre, l’objet d’une vague de pétitions inattendue. Des féministes, dopées par l’affaire Weinstein, exigent le retrait de sa « Thérèse rêvant » exposée au Metropolitan Museum of Art de New York (MET). Elles jugent que l’œuvre véhicule « une image romantique de l’enfant-objet ». Le musée refuse de céder. Puisse-t-il tenir bon. Il s’agit d’une peinture figurative de taille moyenne. On y voit une très jeune fille. Elle montre ses cuisses et, même, sa culotte. C’est cela, semble-t-il, qui paraît le plus horrible dans la toile de Balthasar Klossowski, dit Balthus, intitulée « Thérèse rêvant ». On peut remarquer qu’il s’agit d’une culotte XXL très éloignée des lingeries modernes. C’est normal, l’œuvre date de 1938. On comprend que la connotation pédophile de cette toile apporte opportunément un surcroît de légitimité à des militantes féministes entendant continuer à surfer sur la vague de l’affaire Weinstein. Au même moment, des affiches pour la rétrospective Egon Schiele comportant des femmes nues, et cette fois-ci tout à fait adultes, sont censurées à Londres. Les cas similaires s’accumulent. Ce dont il est question, semble-t-il, c’est purement et simplement un (...)
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Jean-Paul Bourre : le dernier meneur de loups
Revenu du fin fond des Gaules, druide érudit et amoureux de l'Histoire et de nos histoires. Jean-Paul Bourre nous guide dans la forêt du temps. Ici et maintenant. L’historien des civilisations Cristof Steding estimait que pour « qu’une nation ou une race atteigne le plan supérieur auquel correspond l’idée d’État ou d’Empire, il faut qu’elle soit frappée et transformée par la foudre d’Apollon, par le feu des hauteurs ». Et ce qui est vrai pour les peuples l’est également pour les prophètes ou les combattants. Jean-Paul Bourre est de cette trempe, et la foudre d’Apollon a revêtu pour lui le nom d’un terrible diamant noir des profondeurs: le Comte de Lautréamont. Jean-Paul Bourre est un romantique intégral, d’une fidélité absolue envers l’enfance. Sous un large chapeau, il a le visage ferme et grave d’un petit garçon illuminé par la joie tragique des solitaires. À 71 ans, il a écrit pas moins de 65 ouvrages: des plaquettes de poésie enflammée, des récits de guerre au Liban ou en Croatie, des romans barbares et psychédéliques, des essais sur l’Europe mystérieuse des vampires et des loups-garous ou sur l’ivresse des chasseurs de l’impossible, des biographies enchanteresses de Nerval, Villiers, Sade. Mais aussi des méditations sanguines sur Marie, le Tao ou les Indiens d’Amérique. Quel que soit le sujet traité, il apparaît toujours comme le dernier meneur de loups de (...)
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L’ITALIE AUX OSCARS : DE LA DOLCE VITA À LA DURETÉ GITANE
Pour tenter de remporter l’Oscar du meilleur film étranger, l’Italie a opté pour A’Ciambra de Jonas Carigliano. Avec ce film sur la précarité et la dureté du monde gitan de Calabre, peu de chance que le jury américain souffre du syndrome de Stendhal.
YOANN MERIENNE : LE CHOC VISUEL
A quelques pas du Rhône agité par le vent et gonflé par une pluie continue, entre un parking et une salle de fitness, Yoann Merienne nous a ouvert l'atelier qu'il partage avec Émilie Ettori, architecte et illustratrice dont le travail restitue tracé après tracé les métropoles ; vues du ciel. Cet artiste de 30 ans, qui s'exprime par la peinture comme la sculpture – « plus intuitive » ; « plus instinctive » – porte les touches finales à son dernier tableau : un samouraï à la pose de scaphandrier, aux prises avec une créature équivoque.

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