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« Eephus, le dernier tour de piste » : les héros sont fatigués
L’automne en Nouvelle-Angleterre. Un terrain de baseball sur le point d’être rasé accueille deux équipes d’amateurs : des hommes de tous âges vont s’y affronter lors d’un ultime match. Eeephus, le dernier tour de piste est le récit de cette rencontre soumise à une triple unité de temps, de lieu, d’action (point notable : le baseball, comme le tennis, se joue sans durée préalablement définie). Il ne faut pas craindre devant ce très beau premier film de ne pas comprendre les règles d’un sport peu goûté chez nous. L’important se joue ailleurs, dans la compréhension qu’a d’elle-même une communauté aux prises avec sa disparition annoncée. En parallèle chef-op’ du très médiocre Noël à Miller’s point, Carson Lund est sans conteste un cinéaste hawksien, mais il se rapproche plus encore de Carpenter, ce Hawks des ténèbres. Les phares des voitures éclairant la fin de match nocturne renvoient à Christine. Les tempéraments se tendent et s’assouplissent, un arbitre compte les points derrière un grillage. Des enfants passent, une femme cherche son mari. La partie est la vie qui passe. Une absence rafraîchissante de dramatisation donne du poids à certaines répliques faussement cocasses, « Ta mère court plus vite que toi », ou indéniablement justes, « Pour chaque beau geste défensif, il y a un lancer de merde. » [...]
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Romain Lucazeau : l’empire n’a jamais pris fin
Romain Lucazeau n’est jamais là où on l’attend. Après une première saga de pur space opera – hommage au pape du genre, Iain Banks, où des Intelligences Artificielles désœuvrées et amatrices de culture gréco-latine dérivaient dans l’espace en quête de leurs géniteurs, il s’était déjà totalement remis en question avec La Nuit du Faune, méditation cosmologique et poétique qui reprenait à son compte les dialogues philosophiques de la Renaissance. Une œuvre à la fois ambitieuse et intimiste, à mille lieues des canons de la SF actuelle. [...]
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Éditorial culture de Romaric Sangars : 2025, à la hussarde

On fête cette année le centenaire de la naissance de Roger Nimier et on aimerait la démarrer sous son signe sans pour autant percuter un pylône sur l’autoroute de l’Ouest. Les publications d’un Quarto ainsi que la réédition en poche de Perfide, l’un des premiers romans du James Dean des lettres françaises, devenu introuvable, sont prévues par Gallimard. De bonnes nouvelles en lisière de 2025, donc, notamment pour une maison qui, réputée au-dessus des partis, a, depuis quelques années, à peu près perdu son aile droite.

Cette aristocratie de l’esprit, voilà bien la seule minorité qui n’ait aucune association pour la défendre

Ce qui nous manque le plus, parmi les vertus des Hussards, c’est certes leur désinvolture tragique, quoi qu’elle ait souvent mué, chez certains de leurs épigones, en hédonisme primaire et irresponsable, ce qui n’était pas exactement l’idée d’origine, mais non, ce qui nous manque surtout, c’est leur insolence, leur type d’insolence, plus précisément.…

© DR
Sorties musique : critiques du meilleur et du pire
CHIC ET SAUVAGE SERENADES & DAMNATION, Dead Chic, Upton Park, 14,50 € Et si, au fond, il était chic de savoir être sauvage. Avec ce disque, c’est une leçon. Sensuel et brutal, dansant et obscur, léger et étrange à la fois. Surtout, l’album tout entier est incroyablement dense. On danse avec des cavaleras mexicaines dans […]
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Pépites d’automne & brasiers sonores : la sélection d’Emmanuel Domont
SIROP ET LIQUEUR DIVINE MOON MUSIC, Coldplay, Parlophone Music, 15,99 € À dix ans, revenant de vacances en Savoie la nuit, je rêvassais avec l’album Parachutes de Coldplay. C’est un souvenir qui m’est resté, presque intact. Après les avoir snobés adolescent (c’était nécessaire, j’avais autre chose à faire), j’ai redécouvert les albums A Rush Of Blood To The Head (2002) et X&Y (2005) un peu plus tard. On pouvait bien leur reprocher d’être « trop propres trop lisses trop mous », les chansons étaient pourtant là. « The Scientist » est un hymne pop, point. Ceux qui le nient sont des cuistres qui font les malins. Depuis, les choses sont moins aisées pour ceux qui veulent défendre le groupe de Chris Martin. Pour tout dire, je m’en moque et sans doute eux aussi. Ils remplissent des stades et les rempliraient encore si ces stades contenaient 400 000 places. Ce n’est pas la question. Mais qu’est-ce qu’une carrière, qu’est-ce qu’une vie? Scott Fitzgerald, vous le savez, nous expliquait que « toute vie est bien entendu un processus de démolition »; de son côté, j’entendais Emmanuel Carrère, l’autre fois sur France Culture, dire que la vie était pour lui « une tentative de progression », ou quelque chose comme ça. Il est certain que Coldplay est un groupe qui croit plutôt au progrès qu’à la destruction. On imagine mal Chris Martin un livre-audio de Joseph de Maistre (ou disons Edmund Burke, bon…) dans les oreilles, faisant son jogging dans les quartiers de West Ham, tout en pestant contre la modernité infâme. À la place, il intitule une chanson de son dernier album avec un emoji arc-en-ciel. C’est autre chose, bien sûr. John Lennon mettait des lunettes teintées pour voir le monde en couleur. Arrivé à ce niveau, Chris Martin doit plutôt utiliser un casque de réalité virtuelle. Question musique, il est parvenu à intégrer à son talent de compositeur les nouveautés sonores (souvent les moins recommandables) des dix dernières années à sa musique plus que jamais sirupeuse. Il faut tout de même se méfier. Ces bougres de Coldplay peuvent, dans un moment d’inattention où vous ne surveillez plus ni votre distinction bien connue ni votre raffinement légendaire, prendre le contrôle de votre pauvre corps et le mener vers la piste de danse lors du mariage raté de votre meilleur ami (que vous ne voyez plus guère). Je vous aurai prévenu. [...]
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Nosferatu : fin de règne pour un mythe
Qui du cinéma ou du vampire est venu le premier ? Difficile à dire tant ces deux syndromes de la fin du XIXe siècle paraissent irrémédiablement mêlés, comme si l’un était la condition de l’autre. Le vampire, ce vieux mythe paysan brusquement devenu à la mode au mitan du XIXe siècle – notamment grâce aux chemins de fer et au désenclavement progressif de certaines régions montagnardes comme la Bohème – assume tous les non-dits d’un monde nouveau qui se veut rationaliste, positiviste, égalitariste, mais qui n’a de cesse, en souterrain, de ranimer le cadavre de l’occulte, de provoquer conspirations et rumeurs ordaliques. Car le vampire, c’est d’abord le symbole d’une élite aristocrate qui se meurt et qui a besoin de sang neuf pour continuer à vivre dans le nouveau monde, un nouveau monde où le lignage de sang paraît désuet et l’où peut désormais gravir les échelons par la seule force du capital et du foncier. [...]
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« Mon Inséparable » : devenir, enfin
Les handicapés, invisibilisés dans la rue, font fureur au cinéma. Après Le Petit Truc en plus d’Artus, Mon Inséparable s’intéresse à un sujet tabou : les relations amoureuses entre personnes mentalement déficientes. Ici : Joël, un trentenaire qui file le parfait amour avec Océane, rencontrée à l’ESAT où ils travaillent tous les deux, et qui ne tardera pas à tomber enceinte, au grand dam de ses parents. Mais aussi de la mère de Joël, Mona (Laure Calamy, au sommet). Pour cette mère-courage qui partage son quotidien avec son fils « différent » depuis trop longtemps, cette grossesse est la goutte de trop, qui la forcera à faire le bilan de sa vie. [...]
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« Nosferatu » : le ridicule tue
Que Robert Eggers ait été hissé en trois films et quelques années pape de « l’elevated horror », c’est-à-dire d’un cinéma de genre auto-proclamé « intello » et en phase avec les problématiques de son époque, a de quoi faire sourire. Film après film, le réalisateur américain se montre au contraire un cinéaste particulièrement bourrin, généralement dénué de toute idée de mise en scène (voire le catastrophique filmage vidéoludique de The Northman), se contentant d’agréger les références mal digérées au fil de films-collages particulièrement crétins, qui éludent toute étrangeté au profit d’une mise en image publicitaire. [...]
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