
C’est une sensation rare et précieuse que celle d’assister à un spectacle de fin d’année organisé par la COTOREP – mais en direct sur la BBC et filmé par une armée de caméras haute définition. Pour la présentation de son nouvel album, Les Adorables Étoiles, « Redcar » a mis les bouchées doubles : la scène est plongée dans le noir, un archange rouge-sang fait office de décor – on dirait du Matthew Barney, c’est « so 1995 », mais enfin bon, pourquoi pas. Intervient Christine, pardon, Héloïse Letissier, pardon, Rakim, pardon : REDCAR, sa dernière évolution Pokemon en date, donc. Pourquoi Redcar ? Parce qu’à la mort de sa mère, notre pasionaria transgenre a noté une étonnante affluence de voitures rouges dans son environnement visuel.
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Bon, passons sur le délire morbido-psychanalytique tout juste bon à réveiller les pulsions lacaniennes d’un critique des Inrocks. « Rakim » n’avait pas plu aux pleurnichards communautaires (appropriation culturelle, il paraît), au moins en tapant dans les objets manufacturés, la chanteuse ne prend pas de risque : on ne voit pas le débonnaire patron de l’Automobile Club lui demander des comptes. Qui dit nouvelle entité dit nouveau look : Redcar est fringué.e comme une sorte de Monsieur Loyal poisseux, le visage lustré par une transpiration pailletée, canne en main et gants en latex rouges vaguement inquiétants. On sait que « Redcar » refuse toute opération, qu’elle envisage sa transition comme purement intellectuelle – ontologique, pourrait-on dire. [...]














