
IDÉES





1) Des paradoxes qui éclairent…
G. K. Chesterton est surnommé l’Apôtre du bon sens tout autant que le Prince du paradoxe, ce qui n’est en rien paradoxal : il est de bon sens de penser par paradoxes. Le paradoxe – le retournement du lieu commun, l’apparente impossibilité logique – est le plus sûr moyen d’atteindre et de saisir la vérité. Le monde dans lequel nous vivons est le Paradis originel, mais la Chute, en nous cillant, nous a interdit de le voir. Il faut donc choisir un angle nouveau, se faire « athlètes oculaires » pour réapprendre à voir les choses telles qu’elles sont vraiment : les arbres, d’étranges structures qui tombent ; les taupinières, des montagnes ; les nuages, des collines ; les étoiles, des fleurs ; les hommes, des mouches rampant au plafond au-dessus de l’espace, « suspendus à la grâce de Dieu ». Le paradoxe chestertonien n’est pas un simple effet de manche ou une coquetterie d’écrivain : c’est une méthode d’appréhension du monde.…

L’ouvrage a cela d’étonnant qu’il respecte le discours prescrit par l’Église depuis Grégoire le Grand, pape de 590 à 604, et qui confond en une seule femme qui s’appelle Marie-Madeleine diverses figures des Évangiles : la pécheresse anonyme qui oint Jésus ; la sœur de Marthe et Lazare ; Marie de Magdala, témoin de la mort et de la résurrection du Christ. Cette tradition persiste aujourd’hui et si plusieurs s’y opposent au nom d’un progressisme virulent, d’une interprétation fondamentaliste ou d’une historicité absolue, Marie Botturi y entrevoit un enrichissement spirituel, qui nous échappe tout à fait si nous prenons un chemin autre que celui de la tradition. L’auteur profite donc d’un cadre façonné depuis plus d’un millénaire : telles les marches d’un escalier commençant par la repentance et conduisant à la sainteté, chacune de ces figures féminines représente une étape menant vers un sommet spirituel, celui de la consécration. C’est bien le rôle qui est destiné à Madeleine, celui de la première religieuse – la première épouse du Fils de Dieu – et un modèle pour tous les êtres appelés à cette vocation.…

On dit que derrière chaque grand homme se cache une femme ; alors quand le grand homme n’est autre que G.K. Chesterton, prince du paradoxe, écrivain génial et chevalier de la Foi, on s’attend à ce que la femme en question soit particulièrement bien cachée tant l’homme était grand – au sens propre (1,93 m pour 130 kg) comme au figuré (on ne se hasardera pas à compter le nombre de romans, articles, poèmes, biographies que l’Anglais a commis). Et c’est ce que cette première « vie de » Frances Chesterton vient confirmer.
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Épouse paradoxale s’il en est : aussi discrète (elle demanda à son époux de ne pas figurer dans son autobiographie) qu’il fut disert, aussi organisée qu’il était tête en l’air, aussi fragile qu’il était colossal ; mais partageant une foi commune en Jésus-Christ (qu’elle lui apporta), un amour mutuel invincible, une sensibilité poétique, des préoccupations sociales les portant vers les plus faibles.…

Pris que nous sommes dans les mâchoires volontaristes d’un droit réputé juste du seul fait qu’il est légal sans égard à la vérité morale, d’un côté par le maxillaire des juges qui utilisent la jurisprudence à des fins progressistes, de l’autre par la mandibule des populistes qui considèrent juste tout droit dès qu’il dérive d’une majorité arithmétique, voilà un court essai proprement salvateur qui rappelle quelques vérités élémentaires sur l’articulation entre morale et droit. Car pour Émilie Tardivel, docteur en philosophie et professeur à l’Institut catholique de Paris, les deux, bien que distincts, ne peuvent être arbitrairement séparés contrairement à ce qu’a professé Hans Kelsen.
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À travers une présentation -remarquable de concision et de clarté- des oppositions saillantes entre école du droit naturel et école du droit positif, elle pose avec saint Tomas que « la légitimité du droit positif dépend de son rapport avec la norme de justice qui commande de faire et rechercher le bien et d’éviter le mal ».…
L’Incorrect
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