
IDÉES


À LIRE : L’EMPIRE DU COMPLOT
COMPLOTISME ET ANTICOMPLOTISME, UNE DOUBLE BLESSURE DE L’INTELLIGENCE, PASCAL IDE, Artège, 200 p., 16,90 €
Nous pensions avoir fait le tour de la « question complotiste », mais le père Pascal Ide, triple docteur (en médecine, en philosophe et en théologie) rouvre le dossier dans un court essai dont l’approche ne manque pas d’originalité : le danger du complotisme est qu’il est « une maladie de la raison » qui « blesse l’intelligence ». Le complotiste type ne refuse pas la raison, il est au contraire l’archétype du fou moderne qu’avait annoncé Chesterton « qui a tout perdu sauf sa raison ». Il ne refuse pas l’idée de vérité – c’est pour elle qu’il traque les mensonges « qu’on nous cache, comme par hasard » – mais il ignore que « l’erreur n’est pas le contraire de la vérité, mais l’oubli de la vérité contraire » (Pascal).…




L’œuvre de René Girard, philosophe du désir mimétique et du bouc émissaire, et celle de Carl Schmitt, théoricien de la décision politique et de la dialectique ami/ennemi, se rejoignent en un point central : la compréhension de la dynamique du conflit au sein des sociétés humaines. Bien que ces penseurs ne s’inscrivent pas dans la même tradition intellectuelle ni ne partagent les mêmes visées, leurs analyses mettent en lumière une conception du conflit qui transcende le politique pour s’enraciner dans la structure même des relations humaines.
Cet article vise à explorer les correspondances et les apports réciproques que les théories de Girard et de Schmitt peuvent offrir à l’analyse des conflits contemporains, notamment en montrant comment la dialectique schmittienne ami/ennemi trouve un écho dans la dynamique mimétique girardienne. En particulier, l’analyse girardienne de l’ennemi comme bouc émissaire vient enrichir et compléter la compréhension de Schmitt sur la manière dont les sociétés construisent et désignent un « ennemi » pour assurer leur cohésion.…

À LIRE : REMETTRE LES MAINS SOUS LE CAPOT
ÉLOGE DU BUG, MARCELLO-VITALI ROSATI, La Découverte, 208 p., 22 €
L’essai du philosophe italien Marcello Vitali-Rosati est basé sur la polysémie du mot « bug », qui en anglais signifie à la fois « insecte » et « spectre ». À ce titre, le bug n’est pas tant un organisme étranger qui fait dysfonctionner un système, qu’un retour du refoulé parasitant un environnement technique tout entier. C’est le fameux « esprit dans la machine » qui pourrait conduire n’importe quel système informationnel à prendre conscience de lui-même. Sans aller jusque-là, Vitali-Rosati propose que la prise de conscience soit d’abord humaine. À ce titre, il appelle de ses vœux à la « littératie numérique », c’est-à-dire à remettre les mains sous le capot, ouvrir la boîte noire afin de comprendre de quoi sont faits les produits-miracles développés par les GAFAM. Des produits qui refusent de plus en plus toute compréhension, tout décorticage, conçus comme de véritables boîtes de Pétri.…

L’Incorrect
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