
Quelle destinée que celle d’Edith Stein ! Brillante jeune philosophe juive allemande, élève du phénoménologue Husserl, convertie au catholicisme en lisant sainte Thérèse d’Avila, devenant carmélite sous le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix, puis mourant en 1942 à Auschwitz, avant d’être canonisée par l’Église et déclarée co-patronne de l’Europe. C’est à la pensée de cette philosophe et sainte que nous introduisent Bouillot et Betschart – elle philosophe, lui théologien, ayant tous deux consacré leur thèse de doctorat à Stein – dans ce livre préfacé par l’éminente Marguerite Léna, elle aussi religieuse et philosophe. Le fil conducteur de leurs analyses est la question de l’âme, aussi fondamentale qu’apparemment désuète – alors qu’elle donnerait à penser pour résoudre les problèmes liés à « l’identité ». Le génie de Stein fut de renouveler ce concept traditionnel d’âme, en l’étudiant à différents niveaux, psychologique et phénoménologique, puis métaphysique (thomiste) et même mystique.
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L’âme apparaît comme le noyau de la personne humaine, intime, profond et obscur, qui se sent comme à tâtons, enveloppé de mystère, plutôt que ne s’objective dans la pensée.…








