
Pour les faits : ce court essai intelligent, érudit et bien mené sonne comme un appel lancé par la journaliste et philosophe Géraldine Muhlmann pour résoudre la terrible crise de l’information qui nous frappe. Et elle le fait d’abord par l’histoire, en décrivant le basculement du journalisme à la fin du XIXe siècle qui, jusqu’alors majoritairement éditorial et critique, se réorienta vous la stricte narration des faits. C’est le passage du « discours » au « récit » : pour s’adresser à tous et non plus à un lectorat étroit et convaincu, il fallait décrire un monde partagé, avec l’objectif de créer un socle factuel commun à partir duquel les débats pourraient s’engager. De cette époque date l’émergence du reporter censé rapporter l’événement avec le plus d’impartialité possible – qui ne signifie pas, pour Muhlmann, une objectivité « désubjectivée », mais une subjectivité qui travaille sur elle-même pour rendre le plus universel possible ce sensible qu’elle a pour tâche de partager.…








