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[Idées] Olivier Boulnois : la conversation de saint Paul
Le sous-titre de votre livre est « introduction à l’essence du christianisme ». Qu’entendez-vous par là ? Pourquoi choisir la figure de saint Paul pour y accéder ? Vous mettez le doigt sur le cœur du paradoxe : Paul de Tarse est juif, il écrit ses Épîtres avant que la nouvelle foi chrétienne se sépare du judaïsme. Mais précisément, il nous donne accès à l’essence du christianisme, parce qu’il nous dévoile l’expérience originelle des nouvelles communautés « messianistes » (c’est le sens du terme grec christianos). Partir de cette expérience primitive, c’est partir d’en bas et non d’en haut, c’est partir de l’existence de celui qui adhère au Messie (en grec, Christos), et non de la « chrétienté »: de l’histoire du christianisme ou de sa théologie. Chez Paul, nous voyons ce que signifient les concepts fondamentaux de l’existence croyante : l’imminence du règne du Messie, l’existence dans le monde, la tribulation, le combat contre le mal, l’éthique de la charité, etc. Le paradoxe est que nous déchiffrons cette expérience « chrétienne » à partir d’un penseur juif qui adhère au Messie. Mais ce paradoxe est au fond celui du christianisme tout entier: il provient du judaïsme et il a son centre dans le judaïsme.
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Le temps des guépards : guerre mondiale en miettes
epuis 1961 n’a cessé d’intervenir militairement sur tous les continents, au point de faire de cet interventionisme une caractéristique première de la Ve République. Cette « guerre mondiale en miettes » est une période étrange de notre histoire et reste peu connue du grand public. Michel Goya analyse finement chacune de ces opérations et rend intelligibles les objectifs politiques qu’elles ont servis. [...]
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Philosophie de droite : Repartir sur de bonnes bases
Julien Rochedy découvre la droite. Et c’est bien. À 34 ans, il publie son sixième livre où il expose en reprenant Burke, de Maistre et Chateaubriand « trois destins politiques, historiques et même psychologiques », ce que sont la droite et la gauche. Sans être révolutionnaire, ce livre écrit en apostrophe au lecteur lui explique […]
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Édouard de Praron : « De plus en plus de gens ont un sentiment de dépossession »

Dans votre livre, vous décrivez la droitisation de Jean, jeune français issu de la bourgeoisie catholique. Avez-vous tiré cette idée d’une observation plus générale de la société ?

Depuis le mouvement de La Manif pour tous, une frange des catholiques s’est politisée et a choisi de réinvestir les champs politique et métapolitique. Une partie de la jeunesse se droitise aussi par l’observation du réel : l’immigration de masse et les attentats sont les deux facteurs principaux ayant « droitisé » les jeunes pour défendre leur identité.

De plus en plus de gens ont un sentiment de dépossession. Leur pays est en train de leur être enlevé. La France change culturellement avec l’immigration et l’américanisation. Dans le cadre des loisirs, on vous perturbe quand vous allez chasser, quand vous mangez de la viande, etc. La fragilisation des liens familiaux observée par les jeunes, qui a d’ailleurs déclenché la Manif Pour Tous, les pousse à s’engager. Il y a aussi la dépossession de la nature, ou encore du droit de vote avec l’UE. Au fond, les gens n’ont plus de prise sur le réel. Cependant, mon analyse n’est pas sociologique. [...]

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Éditorial essais de mai : Problème et programme

La distinction entre la philosophie et l’idéologie réside principalement dans le fait que la première est essentiellement problématique tandis que la seconde est essentiellement programmatique. La haute pensée s’occupe de dénouer le réel pour en saisir le sens toujours fuyant, l’idéologie réclame une réflexion commandée par une vision aplanie du réel qui le transforme à terme en fantasme. L’une est en marche, l’autre ne cesse de cesser, la première va d’étonnement en étonnement et de chute en chute accède à la complexité du monde, la seconde ne dépasse pas l’horizon qu’elle ignore : une fermeture systématique soumise à des frontières qui la rassurent et au-delà desquelles elle pense que le monde, faute de désirer le connaître, se jette dans le vide pour y disparaître. La philosophie a un monde à découvrir, l’idéologie un parc à organiser et à claquemurer pour que ceux qui s’y adonnent finissent par confondre un jardin avec l’univers.…

Jean, l’apôtre philosophe
Curieux livre : Emmanuel Cattin, professeur de métaphysique à la Sorbonne, lit l’évangile de Jean. Mélange des genres? Peut-être, mais il se pourrait aussi que le quatrième évangile concernât essentiellement la philosophie, dont il partage la langue. Jean pense avec les mêmes concepts que la philosophie : logos, aletheia, cosmos, pneuma, etc. Dès lors, il faut, en philosophe, lire Jean, attentivement, interroger le sens de ses affirmations parfois énigmatiques, et voir les déplacements conceptuels qu’il opère : la vérité est une personne, de qui témoignent divers témoins et qui témoigne pour elle-même ; le monde est le lieu de la venue et de la manifestation de la vérité, mais il ne la reconnaît pas; l’esprit, donné sans mesure au monde, le recouvre, renverse son règne et conduit dans la vérité toute entière ; le temps est polarisé par une mystérieuse heure, à la fois présente et à venir; le seigneur est le serviteur, et sa mort, qui nous révèle son amour jusqu’au bout, coïncide avec sa glorification. [...]
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Ballanche vers la gauche
Le mystique lyonnais tenta de façonner une philosophie romantique française fondée sur l’expiation-régénération: la souffrance est un aliment indispensable au perfectionnement et à l’espérance ; au nom même d’une théorie de la connaissance, sentiments, intuitions et mystères deviennent les clefs de déchiffrement du monde. L’anthologie possède encore un grand mérite en nuançant le portrait unilatéral fait de Ballanche – habituellement classé par les historiens des idées parmi les contrerévolutionnaires catholiques – en se penchant sur sa carrière. [...]
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Historiquement correct
En 2017 sortait Dunkirk, le film de Christopher Nolan qui retrace l’évacuation des troupes alliées des plages et du port de Dunkerque, entre le 26 mai et le 3 juin 1940, après leur encerclement par l’armée allemande. Dans le film de Nolan, magnifique par ailleurs, seuls quelques plans rappellent la résistance héroïque des 40 000 soldats français qui défendirent le périmètre de Dunkerque jusqu’à épuisement des munitions et dont pas un seul ne put embarquer vers le Royaume-Uni. Alors que je faisais part de cette injustice à un ami québécois, il me fit cette réplique cruelle mais implacable : « Vous voulez un film qui retrace l’héroïque résistance des troupes françaises à Dunkerque? Pourquoi vous ne le faites pas ? » Pourquoi en effet? Parce qu’il semble impossible en France, quand on évoque la Seconde Guerre mondiale ou l’Occupation, d’échapper à l’excès ou à la falsification, bref à l’idéologisation. [...]
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