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Législatives : faut-il passer au scrutin proportionnel ?

Devant la nécessité de retrouver un pouvoir légitime en France, nécessaire pour en finir avec une abstention électorale qui progresse à vue d’œil, les constitutionnalistes Christophe Boutin et Frédéric Rouvillois publient une synthèse de leurs réflexions sur le système proportionnel. Ils démontrent d’abord que le scrutin majoritaire n’a cessé de faire l’objet de critiques diverses quant à la représentativité du corps électoral, avant de conclure aux vertus du scrutin proportionnel : « Permettant une représentation politique plus juste, car plus exacte, plus conforme à la réalité, la représentation proportionnelle va par là-même contribuer à apaiser la Cité ».[...]

Éditorial idées de l’été : La fin de la démocratie

Ce que l’on demande au peuple, avec la démocratie, c’est de tendre vers la perfection, de vivre dans l’ascèse pour figurer de meilleurs citoyens aptes à prendre les décisions qui gouverneront la cité. C’est une espèce de christianisme de l’ici-bas, laïcisé, qui appelle des saints mais qui, à l’inverse du christianisme, ne prend pas en compte la Faute et ne l’intègre pas à son économie puisqu’en politique démocratique il n’existe pas de pardon, ni de pénitence, mais des échecs qui condamnent et qu’il faut donc dissimuler si l’on tient à conserver sa vie sauve.

C’est un christianisme sans charité, une politique rutilante et idéale d’un certain point de vue, mais creuse, impossible aux hommes et qui ne peut évoluer, dans sa forme pure, que vers le désastre. Qu’on la réclame aujourd’hui, qu’on exige qu’elle soit appliquée sans les médiations qui lui permettent de se mélanger et de diluer ses défauts avec les vertus dont elle ne dispose pas originellement, tels que l’aristocratie, l’élitisme, et à la fin des combinaisons franchement anti-démocratiques parmi lesquelles une certaine technocratie, montre bien qu’elle n’a pas su produire le type d’homme susceptible d’en être digne.…

Revue Dynastie : les Habsbourg, une histoire de famille

L’objectif de la revue trimestrielle Dynastie est de « montrer comment les familles font l’histoire ». Pari réussi pour leur deuxième numéro qui nous emmène dans le foyer historique d’éminentes familles qui ont fait le passé et continuent d’influencer le présent.

Après un premier numéro consacré à la famille royale du Luxembourg, le dossier de cette deuxième livraison porte sur la famille Habsbourg, on y apprend beaucoup sur le destin de ceux qui se tinrent durant plus de cinq siècles sur le trône impérial d’Autriche avec pour devise : Austriae est imperare orbi universo (« Il appartient à l’Autriche de gouverner le monde »).Y est notamment conté le destin tragique de l’impératrice Zita, femme de Charles de Habsbourg, qui virent ensemble les derniers jours du vieil empereur François-Joseph et de l’Autriche-Hongrie, derniers monarques majeurs et soutiens catholiques de l’Europe. Partagé entre les Magyars et les Germains, l’Empire est aujourd’hui divisé en deux destins frères. Entrecoupé d’interviews ou de pages culture, jusqu’au « Quiz Habsbourg », le thème principal de la revue est particulièrement bien balayé. [...]

[Idées] Obsolescence des ruines : habiter le vide
mension polysémique, ont toujours fasciné. Or, notre ère de l’obsolescence programmée a inventé les ruines instantanées, qui disparaissent en même temps que les bâtiments. Cette absence de ruines est « l’objet du siècle » selon Bruce Bégout, qui tente d’exhumer la signification profonde de leur évanouissement et d’en comprendre la portée historique. [...]
Friedrich Carl Von Savigny : contre la table rase, penser de la tradition

Contre les assauts du progressisme qui partout s’autoriserait, si l’on n’osait plus hausser la voix, à imposer un ordre uniforme, réputé supérieur en tout temps et en tous lieux car conforme à l’idée fallacieuse qu’il se fait de l’homme ; contre aussi les vilaines tentations populistes de la droite qui, à juste titre écœurée par le gouvernement des juges et le droit supranational, fantasme un peuple tout beau tout propre (comme si ce n’était pas la démocratie qui nous avait mis là où on en est) au point de proclamer, par la logique référendaire, qu’il aurait toujours raison, il est plus que temps de retrouver une conception conservatrice du droit, fondé sur la lente pulsation des siècles.

Le grand juriste allemand Friedrich Carl Von Savigny (1779-1861) est à cet égard une source salutaire. Né de la vieille noblesse d’Empire, lointain descendant de huguenots lorrains, Savigny connaît une enfance des plus tragiques : il est orphelin dès 1792 et seul survivant de treize frères et sœurs. Brillant étudiant de droit, il devient professeur en 1801 et fréquente les cercles romantiques (il épousera la sœur de Clemens Brentano), véritable communauté de pensée dont il incarnera le versant juridique. S’ensuit une série de voyages en Europe où il amasse des notes en tout genre, puis une majestueuse carrière d’universitaire à Berlin, de conseiller d’État et de ministre au service du roi prussien Frédéric-Guillaume IV. [...]

[Essais] Brève histoire de la Russie : crise d’identité

« La Russie a un certain avenir, seul son passé est imprévisible », c’est à partir de ce proverbe soviétique placé en exergue de son livre que Mark Galeotti, historien britannique et spécialiste de la Russie qui fut le premier à parler des nouvelles techniques de guerres stratégiques russes connues sous le nom fallacieux de « Doctrine Gerasimov », entame cette histoire de ce pays-continent à cheval sur le monde européen et le monde asiatique.

Au travers de courts chapitres, il trace la généalogie d’un pays palimpseste, tiraillé entre son Est et son Ouest, dont l’origine se confond dans l’ailleurs et même dans le mythe, qui cherche à se définir et qui s’invente sans prendre garde de ne pas se contredire, dans une perpétuelle crise identitaire.


Brève histoire de la Russie de Mark Galeotti
Flammarion, 316 p., 21,90 €
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Marc Eynaud : « La seule convergence des luttes qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village »

Combien et quelles sont les exactions commises à l’endroit des catholiques ? Qui commet ces exactions ?

C’est pour ainsi dire impossible à quantifier précisément. Les chiffres du ministère de l’Intérieur concernant les actes anti-religieux sont vagues et reflètent mal l’ampleur du phénomène. Les actions, crimes et actes hostiles menés à l’encontre des catholiques sont pourtant très nombreux et en constante augmentation. Entre la presse locale, les communiqués de l’institution, les couloirs des palais de Justice bondés et les alarmes régulièrement lancées par les acteurs du patrimoine historique, on a un aperçu assez préoccupant du phénomène. Comme il y a pléthore de crimes, il y a pléthores d’acteurs : les associations laïcardes, les mouvements antifas, les islamistes, les groupuscules féministes… Toutes ces entités démontrent que la seule convergence des luttes, la seule « intersectionnalité » qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village de toutes les manières possibles.

Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures

La réponse politique et judiciaire vous semble-t-elle à la hauteur ?

Pour qu’il y ait une réponse judiciaire, il faudrait pouvoir qualifier le crime. Concernant les attaques judiciaires, terroristes et j’en passe, l’Église et ses acteurs disposent de l’arsenal juridique classique. En revanche, la multiplication des profanations, c’est-à-dire des actes de haine authentiquement spirituels ne relèvent d’aucune juridiction. Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures. Si vous forcez l’entrée d’un tabernacle et dérobez le ciboire contenant les hosties consacrées, la justice s’interrogera simplement sur la valeur marchande du vase. Cela, c’est un peu l’angle mort sur le plan judiciaire concernant les profanations. [...]

[Essais] La nation, une ressource d’avenir ?
À l’heure du « réveil des identités », la définition et l’utilité de la nation sont au cœur du débat actuel. Ce sont les questions que tentent de trancher Bernard Bourdin et Philippe d’Iribarne. Entre l’universalisme déraciné et le nationalisme belliqueux, il y a une troisième voie à ébaucher. En retraçant un historique du concept de nation du Saint-Empire à l’époque post-moderne, en passant par Hobbes et Renan, on comprend la pertinence de la conception française de la nation: un équilibre parfait entre universel et patriotisme. [...]

L’Incorrect

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