
On peut remonter le fil de l’histoire afin de dater à quel moment les choses ont commencé à vriller, à quel instant nous sommes sortis d’un âge d’or dont, délivrés de nos rêveries réactionnaires, on sait pourtant bien qu’il n’a jamais existé puisqu’ici-bas tout a toujours été foutu d’entrée. Nous n’ignorons donc pas que depuis la Faute tout se passe très mal, que rien ne va et que, si ça va, ça ne devrait pas, selon toutes probabilités, durer très longtemps. Il n’empêche que, lorsqu’on touche le fond, on peut toujours continuer à creuser et que durant cette longue chute sans direction qui figure l’histoire des hommes tout n’a pas toujours été aussi pire qu’à présent, si bien que face au pire d’aujourd’hui on finit par éprouver la nostalgie du pire d’hier.
Tout compte fait, la télévision tant honnie jadis si justement s’avéra l’endroit où s’ébauchaient les prémisses du débat nécessaire à l’exercice de la démocratie
Ainsi, la télévision, gigantesque machine à sidérer, qui a envahi l’intimité des Français au mitan du siècle dernier pour s’impatroniser arbitre des élégances dans les années 1980, avec en tête de gondole l’infâme Canal +, apparaît désormais face au monstrueux internet comme l’endroit du temps long, celui du débat et de la réflexion, l’instrument de ceux que la modernité n’a pas encore complètement dévorés.…








