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Peggy Porquet : « Le fil rouge de ce livre, c’est l’amour de la France »

Pourquoi avoir décidé de coordonner ce livre collectif ?

Nous avons cofondé le magazine en ligne Fildmedia.com avec Emmanuel Razavi, grand reporter et François Blot, un entrepreneur et financier engagé. Ce magazine a pour particularité de traiter des grands enjeux français et internationaux avec une expertise de terrain. À la lecture des enquêtes que nous réalisons chaque jour à travers la France, que ce soit auprès des enseignants, des policiers, des médecins ou encore des chefs d’entreprise, nous nous sommes aperçus que les voix pleines de pragmatisme émanant de Françaises et de Français issus des territoires, et soucieux de reconstruire notre démocratie, méritaient d’être rassemblées dans un livre qui propose des solutions concrètes pour la France de l’après-coronavirus.

Ces personnalités ont les clés pour repenser tout notre système. Parmi tous ces gens, certains sont demandés dans le monde entier pour leurs savoir-faire. Mais à Paris, il semble qu’on ne les entende pas. Pourtant, leur expérience se confronte au réel, contrairement aux technocrates qui ne pensent que par le biais des tableurs Excel ou d’incantations ineptes. En fait, dans une France dirigée par des gens qui n’ont pas le niveau, les propositions de ces gens sont ignorées, ou gênent. Nous avons décidé de leur donner la parole. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce qu’ils proposent détonne, car d’une rare clairvoyance.

Quelle est la première priorité pour redresser la France ?

Il s’agit d’abordde ne pas nier ce que l’on appelle la remontée de signaux faibles. Qui mieux qu’une enseignante, un général de gendarmerie, un professeur de médecine, un spécialiste du contreterrorisme ou une aidante familiale peut décrire les difficultés auxquelles les Français sont quotidiennement confrontés ? Pourquoi ne pas écouter les solutions concrètes qu’ils proposent ? L’originalité de ce livre est que chaque chapitre a été rédigé par une personne légitime et compétente issue de nos territoires, et non par des technocrates. [...]

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Rod Dreher : « La meilleure chose à faire est de chercher à survivre tout en étant isolés »

Comparer ce monde « woke » au totalitarisme soviétique, n’est-ce pas un peu exagéré ?

C’est ce que je pensais, jusqu’à ce que j’aie rencontré des personnes venues d’anciens pays communistes qui m’ont dit : « Ce qui arrive ici aux États-Unis nous rappelle ce que nous avons vécu dans les pays que nous avons laissés derrière nous ». Et plus j’enquêtais, plus je voyais qu’ils avaient raison : les gens perdent leur travail, ont peur de dire ce qu’ils pensent, ont peur d’être mis au ban de la société. Comme dans l’Union Soviétique. On ne le voit pas, car notre conception du totalitarisme est définie par la guerre froide. C’est une grave erreur.

J’appelle ça du totalitarisme « soft » parce qu’il ne s’accompagne pas des méthodes totalitaires anciennes, comme brutalité, torture, douleur et terreur. Mais ce totalitarisme doux atteint les mêmes buts avec des moyens libéraux. Les wokes conquièrent tour à tour les institutions, les médias, les maisons d’éditions, ou les académies. Dans son essence, le totalitarisme, c’est une société où une seule idéologie peut exister, contrôle le champ politique, et où l’intégralité de l’existence est politisée. Le totalitarisme peut exister dans une société démocratique libérale et capitaliste, c’est ce que nous sommes en train de découvrir. Un exemple : aux États-Unis, l’entreprise Oréo a commercialisé des « gay pride cookies » fourrés avec une crème arc-en-ciel. Même les cookies doivent être pro LGBT.

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Pierre-André Taguieff : du complot comme théorie

Comment définissez-vous le complotisme ?

La pensée complotiste consiste avant tout à attribuer des intentions conscientes, des intérêts réels et des stratégies secrètes aux sujets supposés conspirer, afin d’expliquer certains événements troublants, lesquels peuvent être inventés de toutes pièces, tout comme les sujets collectifs accusés de conspirer – par exemple les « Illuminati », chimère s’il en est. Penser les événements historiques troublants selon le schème du complot, c’est les concevoir comme les réalisations observables d’intentions conscientes ou de projets élaborés, mais dissimulés. Comme l’a noté Popper, la pensée complotiste est fondée sur la croyance fausse selon laquelle « tout événement mauvais est à imputer à la volonté mauvaise d’une puissance maléfique ». La logique du raisonnement complotiste inclut le biais de proportion, qui pousse le sujet à croire que de « grandes » et terribles conséquences (une crise économique mondiale, une pandémie, une décadence, pensée comme la fin d’une époque ou la fin d’une civilisation) ne peuvent être engendrées que par de « grandes » et terribles causes (le Juif, le Capital, le Diable).

Dans quelle mesure l’ère démocratique a-t-elle modifié le complotisme traditionnel ? Sa logique intrinsèque – tout est volonté et maîtrise – n’est-elle pas éminemment moderne ?

Les récits complotistes classiques se caractérisent par leur structure déductive, les récits néocomplotistes par leur démarche inductive. Les premiers partent d’un dogme, les seconds du soupçon et du doute. Les premiers ne faisaient qu’appliquer un schéma interprétatif aux événements sur la base d’un ensemble de croyances sociales, souvent d’origine religieuse – voir par exemple la main invisible de Satan dans la marche de l’histoire. Les seconds construisent une explication alternative, généralement fausse, en s’appuyant sur une hypercritique des « versions officielles » des événements.

Lire aussi : La fabrique du faux

Le fait psychosocial premier, dans l’espace complotiste moderne, c’est la distorsion entre le désir de transparence exacerbé par la culture démocratique prêchant le direct, la proximité, l’immédiat et la clarté, et la perception d’une marche obscure des événements, qui, à l’âge de la globalisation et des réactions identitaires, semble échapper à une lecture rationnelle. La pensée conspirationniste s’installe dans l’écart qui se creuse entre le désir de transparence et la perception d’une réalité opaque ou irrationnelle. [...]

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Éditorial essais de juin : Contre le peuple

Le populisme – l’empoisonnement du peuple par son propre poison, mais pas selon ses propres moyens, en quoi il est une tyrannie. Voilà la définition minimale que nous pouvons donner du populisme, celle qui le continent tout entier et qui fait que tout ce que nous pourrions ajouter d’autre à son propos relèverait de l’accidentel et non de la cause, parmi quoi le juste constat d’un peuple qu’il importe de ne pas nier. Ça et quelques autres attributs à part, reste le curare d’une idée qui refuse au peuple la possibilité d’être gouverné par un principe plus grand que lui, une idée qui lui ment en lui faisant croire qu’il peut se déterminer lui-même et lui seul, et qui réclame comme à chaque fois le mensonge et un menteur auquel il profite.

Car on ne sache pas que le peuple existe de manière suffisamment homogène pour qu’on parvienne à lui reconnaître une expression univoque ni qu’il soit si cohérent qu’il puisse inventer une politique susceptible de refonder ou d’arranger quoi que ce soit. Un Gilet jaune le ventre plein, voici un électeur de Mitterrand, et un bobo dans son oasis étanche au fracas multiraciste de la société métissée qu’il vante, c’est toujours le peuple. Aucun des deux n’est plus ni moins légitime, aucun des deux ne vaut mieux ni n’est pire que l’autre. Et s’ils sont chacun le peuple, c’est que le peuple est informe à l’intérieur de la forme que l’histoire lui donne, changeant et qu’il passe sans cesser d’exister, certes, mais sans qu’il gagne à ce que l’on s’appuie sur lui. [...]

Mathieu Bock-Côté : « Fanatique et résolue, cette minorité idéologique est prête à aller jusqu’au bout » 2/2

Partie 1 : Mathieu Bock-Côté : « Fanatique et résolue, cette minorité idéologique est prête à aller jusqu’au bout » 1/2

Il y a en France un vrai clivage entre la gauche antiraciste des années 1980 et la nouvelle gauche décoloniale, entre Julien Dray et Rokhaya Diallo. Vous expliquez néanmoins que la première a été le moteur de la seconde. Comment ?

La prétention à l’universel en France s’ancrait dans la nation, qui avait un sens solide de son identité et de ses mœurs. Or, quand on sape les conditions de la nation par l’assimilation, ce sont les conditions sociologiques de l’aspiration universaliste qui se désagrègent. Cette gauche antiraciste des années 1980 qui, croyant nous délivrer du racisme, a saboté la nation en « extrême droitisant » le terme, a ainsi sapé les conditions de l’assimilation. Sur ce terrain symboliquement abandonné, les communautarismes surgissent. Aussi, dès la fin des années 1990, quand on parlait de la France black-blanc-beur, étions-nous conscients de flirter déjà avec le racialisme ? Bleu-blanc-rouge sont les couleurs de la nation, black-blanc-beur une revendication explicite de définition de la France selon une logique raciale au nom de l’inclusion. Les antiracistes qui se plaignent de ce que l’antiracisme est devenu devraient comprendre qu’ils ont eux-mêmes créé les conditions de ce qui se passe en ce moment.

Bleu-blanc-rouge sont les couleurs de la nation, black-blanc-beur une revendication explicite de définition de la France selon une logique raciale au nom de l’inclusion

Cependant, et c’est une vraie singularité française, il existe encore en France une gauche républicaine qui demeure attachée à l’idée de nation, et qui critique courageusement le multiculturalisme et le racialisme. Hélas, elle est incapable de s’allier mentalement avec les éléments conservateurs à cause de sa théorie de la tenaille identitaire. Cette théorie relève à mon avis des tourments propres à la psychologie des hommes de gauche, qui veulent demeurer de gauche à tout prix, et qui ne cessent de trouver des raisons pour prendre leurs distances avec ce qu’ils appellent la droite, surtout quand ils se retrouvent en accord avec elle. Caroline Fourest est très sévère envers le racialisme mais prend la peine de dire que les conservateurs restent infréquentables, car s’ils ont critiqué depuis de longues années tous ces mouvements, ils le faisaient pour de mauvaises raisons. Seule la gauche a finalement le droit de critiquer les dérives de la gauche. J’ai une formule pour le dire : il faut avoir été de gauche pour avoir le droit de ne plus l’être. 

Justement, la France a-t-elle une place particulière dans la bataille politique à venir ?

La France est vraiment la nation qui résiste, et parfois même sans le savoir, par ses mœurs, sa culture, sa littérature, sa langue, sa conception de l’espace public. La culture française est étrangère au régime racialiste qui s’installe. Il suffit de lire les journaux américains pour comprendre ce rôle : à l’échelle occidentale, la France est devenue le terrain principal où se mène cette bataille. Elle est diabolisée. [...]

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Alasdair MacIntyre : un philosophe dans les ruines de la morale

L’avortement, l’égalité des chances, et l’euthanasie qui vient : ces débats que l’on nomme pudiquement sociaux mais qui relèvent en réalité de la morale ont une caractéristique commune: ils sont interminables. Dans la société libérale contemporaine, nul ne peut se targuer d’avoir établi un consensus moral sur ces sujets, l’universalisme kantien lutte contre l’individualisme lockéen, la loi morale thomiste tentant par fulgurances de se faire entendre. Dans ce concert d’arguments, l’opinion et le progrès social l’emportent toujours, sans aucun fondement éthique.       

Le philosophe écossais Alasdair MacIntyre, né en 1929, étudie cette confusion morale dans son livre phare Après la vertu paru en 1981, auquel il a ajouté deux ouvrages, Three Rival Version of Moral Enquiry en 1990 et Quelle Justice? Quelle rationalité? en 1993. Formé dans les milieux universitaires anglais de Manchester et d’Oxford, MacIntyre a ensuite choisi d'enseigner aux États-Unis et de poursuivre ses recherches à l'Université Notre-Dame. Mû par le désir d’établir la meilleure critique morale et sociale, il s’est intéressé au marxisme, non pour choisir la lutte des classes mais afin d’examiner la place de l’individu dans la communauté. Ses réflexions sur la communauté et sur la rationalité pratique l’ont conduit à abandonner le marxisme pour se tourner vers l’aristotélisme et enfin le thomisme.

Le premier constat de la philosophie macintyrienne est celui d’un monde fragmentaire où cohabitent des modèles conceptuels dénués du contexte qui leur donne sens. Ainsi, écrit-il, « nous disposons d’un simulacre de morale et nous continuons à utiliser la plupart de ses expressions clefs. Mais de cette morale, nous avons perdu presque toute compréhension théorique et pratique ». La solution que MacIntyre choisit pour répondre à cette confusion que le libéralisme nomme volontiers « pluralisme », c’est un retour à l’histoire.

En faisant de la vertu la base de sa théorie éthique, MacIntyre invite à ne pas choisir des critères moraux normatifs

Ce recours à la tradition historique trouve sa source chez Aristote, en qui MacIntyre puise ses principaux concepts moraux, son acception de la vertu et sa vision de la communauté morale. C’est en cela qu’on peut nommer MacIntyre comme l’un des principaux introducteurs d’une éthique de la vertu, s’opposant aux éthiques utilitaristes, conséquentialistes ou encore à l’éthique déontologique.

En faisant de la vertu la base de sa théorie éthique, MacIntyre invite à ne pas choisir des critères moraux normatifs. La vertu est toujours dirigée vers une finalité, un telos, qui, dans la communauté des hommes, s’appelle le bien commun. La pratique de la vertu exige donc l’appartenance à une communauté, une communauté partageant une même culture, et s’accordant sur une finalité commune.(...) 

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Mathieu Bock-Côté : « Fanatique et résolue, cette minorité idéologique est prête à aller jusqu’au bout » 1/2

Quels sont les traits principaux de la révolution racialiste que vous décrivez dans votre livre ?

Le régime diversitaire se radicalise en se racialisant : tel est le fondement de la révolution racialiste. Aujourd’hui, la catégorisation raciale devient la catégorisation première de la société, et fonde deux camps : le blanc et le racisé. C’est à partir de ces catégories qu’il faudrait aborder les sociétés occidentales et entreprendre le démantèlement des rapports de domination qui les structureraient. Dès qu’il y a une disparité statistique repérée par la bureaucratie diversitaire entre les groupes qu’elle prétend identifier, elle est interprétée à la manière d’une inégalité raciale provoquée par le racisme systémique. Plus largement, il faudrait déblanchir les sociétés occidentales parce que l’universel, auquel nous avions tendance à croire, serait mensonger et masquerait les intérêts d’une majorité blanche.

Lire aussi : Coupable d’être blanc ?

Ce qui est frappant devant cette mouvance, c’est la paralysie mentale de nos élites politiques qui pensent que de petites concessions pourront l’amadouer. Mais ce n’est pas un mouvement réformiste, et les concepts du racialisme viennent en grappe. Quand on en achète un, on les achète tous ; qui commence à parler de privilège blanc parlera de racisme systématique, de fragilité blanche, et finira par adopter le logiciel général.

En quoi ce mouvement est-il révolutionnaire ?

Ce mouvement racialiste est la quatrième vague de la tentation totalitaire de la modernité, après 1793, 1917 et les années 1960 – je ne parle pas des totalitarismes nazi et fasciste, monstrueux, mais qui répondent à une autre logique. Nous sommes face à des mouvements qui sont dans une logique d’éradication, de condamnation ontologique, de remise en question de la légitimité même de l’existence de nos sociétés. Certes, le goulag n’existe pas, mais la rééducation généralisée est bien présente. Fanatique et résolue, cette mouvance idéologique est prête à aller jusqu’au bout.

Qui sont les figures principales de cette idéologie ?

Chez les intellectuels, deux grandes figures méritent d’être mentionnées. D’abord, Robin DiAngelo, auteure de Fragilité blanche, et figure centrale de l’industrie du diversity training, qui transforme les milieux de travail aux États-Unis en ateliers de rééducation idéologique. Pour elle, le racisme est nécessairement blanc et le blanc, nécessairement raciste. Son objectif : apprendre à ne plus être blanche, une tâche qu’elle assimile à une libération personnelle, mais qui demeurera inatteignable de son vivant, tellement elle est imprégnée par sa blanchité. Autrement dit, elle se condamne à une expiation sans rédemption. DiAngelo est l’une des intellectuelles les plus influentes de notre temps. J’ajouterais qu’elle incarne un fanatisme qui va jusqu’à la névrose. [...]

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Le nouvel Hobbes

Égaux et rationnels, les hommes se livrent à l’état de nature une guerre du tous contre tous par prévention, à laquelle seule peut mettre fin la signature d’un contrat social établissant un pouvoir fort. Avec le Léviathan, la politique moderne était née. À cette vulgate de théorie hobbésienne pourtant, le philosophe Luc Foisneau ajoute, par cet essai dense et complexe, une composante primordiale, la mère de toutes : le rapport de l’homme à Dieu.

Et pour cause, si Hobbes est considéré comme le grand sécularisateur de la politique, inventeur d’un pouvoir ne reposant que sur la volonté rationnelle et constructiviste des hommes, Foisneau relit successivement tout le matériel de la politique hobbésienne et ses conséquences à l’aune de sa théologie (fausse) de la toute-puissance. Chez Hobbes, le point de départ est le suivant : Dieu est tout-puissant, donc tout ce qu’il veut est, de sorte qu’il est fait cause première de toutes les séries causales. [...]

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