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Introduction à la philosophie politique

Sous la forme de courts textes d’essayistes contemporains, cet essai collectif, divisé en chapitres d’environ huit pages chacun, offre un accès simple aux fondements de la gestion de la cité. Pour exemple, Paul-François Schira à travers son analyse de La Politique d’Aristote nous rappelle que la République n’a de sens que fondée sur l’amitié (qui permet la confiance), la vérité (par la justice et la démocratie) et une culture partagée.

Lire aussi : Raoul Girardet : Sagesse et sédition [...]

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Raoul Girardet : sagesse et sédition

Quand on ne vante pas la rigueur doctrinale d’Action française (« notre force est d’avoir raison » !), on invoque le courage et le talent de ses dissidents. On oublie souvent qu’en tant qu’elle fut réactionnaire, elle put être, parfois, une école d’avant-garde, un lieu d’attention privilégié aux manifestations les plus singulières du monde moderne, et que pour cette raison y évoluèrent certaines personnalités atypiques, comme Philippe Ariès, l’historien des mentalités ou le grammairien Pichon, influence majeure du jeune Lacan. Raoul Girardet compte parmi eux. Atypique, il l’est d’abord par son tempérament à la fois intransigeant et réservé, qui nous rappelle que l’honneur n’est pas une vertu tonitruante, le privilège des boutefeux et des forts-en-gueule, mais peut se concilier avec une parfaite discrétion. Sa vie est un étrange composé de conformisme apparent et de sédition. Né en 1917, fils d’un père militaire de profession, ancien combattant de la première guerre, et d’une mère trop anxieuse, Raoul Girardet connaît l’ennui des enfants uniques et s’évade en se passionnant pour l’histoire. Adolescent, il découvre un autre moyen de fuir la grisaille familiale : l’Action française, grâce à laquelle il rencontre ses amis Pierre Boutang et Jacques Laurent, avec qui il partagera aventures, potacheries et de nombreuses lectures. [...]

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Ernst Jünger et Carl Schmitt : Regards croisés sur le siècle

C’est la correspondance de deux géants que Pierre-Guillaume de Roux, associé en cette occasion aux éditions Krisis, offre à la connaissance du lecteur initié et ravi de découvrir par l’exemple de ces missives, ce qu’il connaissait déjà, soit la proximité entre Ernst Jünger, écrivain platonicien tout entier tourné vers le symbole, et Carl Schmitt, strict penseur du droit dont les catégories d’ami et d’ennemi en politique ont connu une pérennité méritée étendue désormais bien au-delà des sphères de la Révolution conservatrice dans lesquelles les deux amis évoluent, à l’orée des années trente.

Lire aussi : La Poudrière : notre critique [...]

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Commentaires sur la guerre d’egos

On pouvait alors saisir sur le gril des nations entières afin d’ordonner un délire dont le ressentiment dépassait les individus qui y succombèrent, lesquels, bientôt, la passion de haïr une fois retombée, ne comprendraient plus comment ils avaient pu en arriver là, ni quelle haine, comme un sortilège, les avait transformés en ces bourreaux ordinaires, ouvriers d’un mal devenu banal, pour paraphraser Hannah Arendt. C’est probablement en réponse à cette domination du nombre indifférencié que s’est construite la société contemporaine, soucieuse de se prémunir des dérives totalitaires qui ensanglantèrent le XXe siècle à son presque exact mitan. Et c’est l’individu qu’elle a pris pour être son allié et son modèle, celui-ci jouant d’apparence l’antagoniste idéal de cette foule métamorphosée en masse dont on connaissait désormais l’infâme puissance de destruction.

Mais les forces d’entropie qui ravagent notre monde moderne ne semblent pas avoir cessé d’exercer leur dynamique délétère, et c’est cette chute de l’individu dans le chaos du ressentiment, cette fois-ci en son nom propre, qu’Éric Sadin raconte dans un ouvrage aussi subtil que renseigné et qui prend la forme d’une généalogie tragique dont chaque détail disposé bout à bout dessine le motif effrayant d’un effondrement inéluctable. [...]

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Éditorial essais de février : La morale aux mains sales

« Le kantisme a les mains pures, mais il n’a pas de mains », écrit Charles Péguy, et c’est cet adage, fort juste, qui conduit à présent toute réflexion prétendument réaliste en matière de morale – et donc de politique subséquemment – quoique dans un tout autre sens que celui auquel pensait Péguy. Aussi, ce n’est pas forcément un hasard si l’on attribue souvent par erreur cette sentence à Sartre, associant ainsi par analogie antonymique les « mains pures » aux « mains sales ». Pour résumer, le kantisme manchot, c’est la morale que l’on se raconte à soi, laquelle nous plaît surtout parce qu’elle ne rencontre jamais rien qui puisse la contredire, qu’elle est un idéal pur au sens le plus trivial possible, c’est-à-dire une idée qui nous passe par la tête sans plus de conséquence que cela : un fantasme.

Depuis toujours en politique on a dû se méfier d’un idéalisme qui présage de trop de tables rasées et d’un engagement où l’on cherche surtout à se perdre

Les mains sales au contraire, c’est l’engagement sartrien, l’union dans l’action d’un homme avec son idéal. C’est beau et faux comme la révolution, comme le fantasme est stérile, et réciproquement. C’est donc en travers du fantasme et de l’engagement qu’il faut gouverner, avec le réel pour seule boussole. Soit. On le sait depuis tout le temps, car depuis toujours en politique on a dû se méfier d’un idéalisme qui présage de trop de tables rasées et d’un engagement où l’on cherche surtout à se perdre, et qui nous a perdus à chaque fois qu’on a cru pouvoir tisser une fidélité ailleurs que dans les liens invisibles entre l’idéal et l’action que résume l’ordre divin : aime ton prochain comme toi-même ! Car hors lui tout est vanité, tout est fantasme, avenir incertain et menteur, pose, et subjectivité nihiliste. [...]

Gustave Thibon : Le pessimiste gracié

Privilégié de naissance d’une certaine manière, puisqu’héritier d’une vieille lignée de vignerons français, installés à Saint- Martin d’Ardèche depuis au moins le XVIIe siècle, il aura su, si l’on excepte quelques tours et détours bien compréhensibles aux alentours de la vingtaine, rester fidèle à sa terre provinciale, y trouvant à la fois de quoi vivre en homme libre et propriétaire, mais aussi de quoi nourrir le fond de sa philosophie, qui fut celle de l’attachement pourrait-on dire, comme celle de son amie la plus chère, Simone Weil, fut celle de l’attention.

Une recherche du lien, charnel, qui se vit et se révèle dans la grande patrie, la France, comme dans les petites ; mais aussi et surtout dans le lien spirituel, qui se vit par la grâce et le salut qu’elle procure, celui de l’Église du Christ. Dans l’hebdomadaire Demain, né en 42 sous l’impulsion de l’épiscopat et dirigé par Fabrègues, Thibon, chantre de la révolution nationale quoiqu’il ait toujours refusé de devenir le « philosophe officiel » du régime comme on le lui avait proposé, et qu’il ait de même décliné la francisque, faisait déjà l’apologie de la réelle liberté, celle qui ne se vit que dans des liens hérités et choisis en même temps : « Un forçat dépend de ses chaînes, un laboureur de la terre et des saisons : ces deux expressions désignent des réalisations bien différentes. Revenons aux comparaisons biologiques qui sont toujours les plus éclairantes. Qu’est-ce que “respirer librement” ? Serait-ce le fait de poumons absolument “indépendants” ? Tout au contraire : les poumons respirent d’autant plus librement qu’ils sont plus solidement, plus intimement liés aux autres organes du corps. Si ce lien se relâche, la respiration devient de moins en moins libre, et, à la limite, elle s’arrête. La liberté est fonction de la solidarité vitale. Mais, dans le monde des âmes, cette solidarité vitale porte un autre nom : elle s’appelle l’amour. Suivant notre attitude effective à leur égard, les mêmes liens peuvent être acceptés comme des attaches vivantes ou repoussés comme des chaînes, les mêmes murs peuvent avoir la dureté oppressive de la prison ou la douceur intime du refuge ». [...]

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Éditorial essais #38 : Que celui parmi nous qui est sans péché…

On a sûrement eu raison, à la suite de Pascal, de tordre le cou d’une raison qui refusait de rendre des comptes à quiconque et qui, toujours plus forte, montant toujours plus haut, ne semblait plus connaître aucune limite à son pouvoir. On a sans doute eu raison de prendre la défense des narrations épiques, de nous ouvrir au miracle, et d’attendre l’inattendu en dépit des calculs et même par défi, contre la vision froide d’une raison mesurée capable selon elle de tout ordonner.

Mais enfin, il faut aussi reconnaître qu’elle ne porte plus si haut son toupet, qu’on ne l’écoute plus beaucoup et que cette vieille mégère dont la beauté arctique a jadis pu ensorceler un continent entier, s’est flétrie de telle sorte que tout le monde feint désormais de ne l’avoir jamais aimée ni d’avoir pu un jour comprendre pourquoi certains parmi les plus grands l’ont jadis trouvée belle. Elle a quitté le bal, on ne la retrouvera pas dans le jardin pour prendre l’air, elle crève au fond du bois après qu’elle n’a même pu plus monnayer ce qui demeurait de ses charmes, saignant et en larmes à la merci des loups qui l’entourent et l’avisent avant de la dépecer. [...]

Sélection essais 2020

Le consentement

Pas forcément l’essai le plus essentiellement intelligent de l’année, mais au moins celui qui aura scandalisé un milieu littéraire ravi d’entre soi et peu regardant sur la morale. Plus profondément, Vanessa Springora en donnant sa version de la relation qu’elle a vécue avec Gabriel Matzneff alors qu’elle était âgée de 13 ans, nous oblige à nous interroger sur la littérature et à remettre en cause le « mensonge romantique » de Gabriel Matzneff. Salutaire.

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