
Aujourd’hui je chanterai les carrières, qu’il s’agisse de sables, de graviers, de grès, d’ardoises ou de calcaires, qu’elles soient souterraines ou à ciel ouvert. Je chanterai les carrières de marbre abandonnées et les carrières dont j’observe chaque année la progression en voyant la montagne reculer et une grande faille apparaître. Je chanterai la pierre nue, les parois rectilignes, les strates exhibées, l’étagement des bancs, l’odeur indécise, la main qui caresse la veine rocheuse et ce goût subtil où l’on croit sentir le sel.
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Je chanterai les explosions assourdies qu’on entend parfois, les grands éboulis, les énormes rochers qu’on concassera bientôt, les blocs géométriques que les scies extraient et ces tapis roulants assourdissants dont le bruit contredit désagréablement la sérénité silencieuse du front de taille. Je chanterai les carrières au repos qu’on parcourt quand les ouvriers sont partis, ceinturées de larges gradins qui disparaîtront bientôt.…








