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Partout, les saints : saint Augustin
Né sur le sol de l’actuelle Algérie, Augustin est le fils d’un père nul et d’une mère sainte (sainte Monique), et, comme la nature est bien faite, son père meurt rapidement. Sa mère, elle, qui est chrétienne, s’inquiète pour le salut de l’âme de son fils, qui est très content des dons qu’il a reçus mais n’en fait pas excellent usage. C’est en effet un élève remarquablement doué, notamment en rhétorique et en poésie. Par ailleurs, il sait lire dans sa tête, sans avoir besoin de parler, une chose rare à l’époque (et, de plus en plus, en 2023 aussi).
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Gros est-il de droite ?
Voilà que nous apprenons que Roald Dahl, qui n’avait pas que des mérites (il était anglais et antisémite), a été corrigé – réécrit, plutôt ; inclusivé, en un mot. Augustus Gloop, le jeune garçon glouton de Charlie et la chocolaterie, n’est plus gros, fat. Il est énorme, enormous. Augustus Gloop était auparavant un enfant anglais sans retenue et grassouillet. Il est désormais un enfant à l’embonpoint extraordinaire, excédant toutes les normes habituelles (je m’inspire du dictionnaire Webster). Pourquoi « énorme » est-il moralement préférable à « gros » ? Parce que l’énormité extraordinaire prouve, d’une certaine manière, que la taille d’Augustus est bien plus l’expression d’une nature essentiellement viciée que d’une tendance physique à prendre du poids quand on s’empiffre d’une nourriture trop riche, anglaise de surcroît. Si Augustus est énorme, monstrueusement gros, alors les petits gros normaux, même anglais, sont exonérés de tout re- proche. À franchement parler, je trouve qu’on n’est pas allé assez loin dans la réécriture de Dahl. Il est évident que les obèses peuvent désormais à bon droit se sentir visés par la nouvelle version de Charlie et la chocolaterie et ses réjouissantes autant que révoltantes cruautés. Lire aussi : Les feuilles mortes sont-elles de droite ? [...]
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Zelensky, la légion du randonneur
On ne lui demandait pas d’être sapé comme jamais : on comprend les impératifs de la communication politique. Depuis bientôt un an, Volodymyr Zelensky, qui jadis jouait du piano sans les mains, et dansait en bas résille à la télé publique, est devenu un chef de guerre. Et un chef de guerre, ça ne porte pas de costard. C’est plutôt malin. L’habit fait le moine, les fringues de rando kaki font le chef des armées. Notre chef à nous a essayé une fois, une seule, de venir au boulot mal rasé, en sweat à capuche du CPA 10. Mais comme nous, «nous sommes en guerre» à chaque fois qu’il se passe un truc, nous avons vite flairé l’arnaque. Bref, un président ukrainien, depuis 2022, c’est un gars qui s’habille en contractor, et ça fait partie du personnage, comme la moustache de Bachar, la coiffure de Kim Jong-Un ou la poche à pisse de Joe Biden. [...]
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Partout, les saints : saint François d’Assise
Bon, là, vous allez me dire qu’on est sur du basique. Saint François est l’un des saints les plus connus du calendrier, mais aussi l’un des plus appréciés par ceux qui ne croient pas en Dieu, et qui l’arrangent à leur sauce pour en faire une icône contemporaine. Mais cela mérite qu’on s’y attarde un peu plus.  Saint François, saint émouvant et plein de bonté, aura finalement gardé tous les traits de caractère de sa vie laïque, qu’il aura successivement utilisés pour faire le bien. Commençons par les repères biographiques : François d’Assise est né en 1181 ou 1182, dans une famille de drapiers. On note au passage que sa mère est provençale, ce qu’on ne dit pas toujours mais qui fait tout de même plaisir. Après avoir d’abord souhaité devenir chevalier, il est progressivement touché par la grâce et se consacre tout d’abord au secours des lépreux. Il fonde ensuite un ordre mendiant, qui se distingue par sa simplicité, sa miséricorde et son goût de la prédication. Stigmatisé à la fin de sa vie (physiquement, je veux dire), il meurt en 1226, après avoir écrit le Cantique des Créatures, souvent considéré comme le premier texte en italien moderne, avant même l’œuvre de Dante. [...]
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Le torchon est-il de droite ? 
Aujourd’hui je chanterai le torchon. Le torchon classique, à rayures rouges ou bleues, dont la simplicité familière et la toile rêche procurent à l’œil puis à la main une satisfaction immédiate avant même qu’on l’ait empoigné pour essuyer la vaisselle, saisir les anses de la cocotte ou tirer la lèchefrite hors du four. Ouvrir le placard où sont serrés les torchons bien pliés est déjà une joie. En éprouver la propreté et la siccité du bout des doigts est déjà un bonheur. On peut bien sûr attraper le premier venu mais pourquoi ne pas choisir celui dont la texture paraît adaptée à la chaleur du plat – ceux en coton épais gaufré ! – celui dont on sait qu’il absorbe à merveille les gouttes, celui qui a toujours permis de reposer avec un sourire satisfait la poêle bien récurée? Peu s’en faut qu’on ne mesure la valeur d’une maison à l’antiquité et à l’abondance de ses torchons, gages d’une prospérité ancienne et bien pensée. [...]
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Porter le chapeau
« Allo maman bobo, Maman comment tu m’as fait, je suis pas beau, allô Maman Bobo » chantait en 1977 Alain Souchon. Moins de dix ans après mai 68, l’infantilisation des adultes emportait tout sur son passage. Les parents devenaient les copains de leurs enfants, abandonnant ainsi toutes responsabilités. S’il fut « interdit d’interdire », il était désormais interdit de […]
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Le massacre de Wassy, ou la guerre civile en France
Comme par hasard, c’est à partir des années 30, que les premières mesures répressives envers les protestants sont prises par le pouvoir royal. Henri II fait sienne cette fermeté paternelle quand il monte sur le trône en 1547, mais le culte réformé gagne toujours plus de terrain, surtout dans les élites. En réaction, certains catholiques durcissent leurs positions.Le drame s’échauffe. Tant que le roi est fort, il somnole encore. Seulement Henri II meurt lors d’un tournoi en 1559. Il laisse une veuve et quatre fils. La veuve, c’est l’indécise Catherine de Médicis. Le premier fils s’appelle lui François II ; il n’a que quinze ans, et une santé fragile. Il meurt en quelques mois et laisse le pouvoir à son cadet, Charles IX, dix ans à peine. La cour se déchire entre les partis : catholiques menés par les Guise, protestants par les Condé, « politiques » qui veulent d’abord préserver l’unité du royaume et la grandeur de l’État, et Médicis qui s’affole au beau milieu de tout ça, se précipitant d’un camp à l’autre. Les murs ne tiennent plus, alors l’épée peut parler. [...]
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Bataille d’Eylau : la cavalerie s’élance
Après un automne passé à poursuivre en vain les Russes qui fuient en attente de renfort, Napoléon croit les tenir début février près du village d’Eylau. Mais dans sa hâte d’anéantir ses adversaires, le Petit Caporal engage la bataille le matin du 8 février quand ces derniers ont fait leur jonction alors qu’il attend encore les corps d’armée de Davout, Ney et de Bernadotte. Sous la neige déjà dense, les Français combattent donc à moins de cinquante mille contre quatre-vingt mille Russes. Et ces conditions climatiques difficiles entraînent les conséquences les plus désastreuses pour les troupes impériales. Alors que Davout arrive enfin sur le champ de bataille à neuf heures, il attaque furieusement les Russes mais en grande infériorité numérique. Pour le dégager, Napoléon engage son centre. Seulement celui-ci est aveuglé par une tempête de neige qui s’abat sur le champ de bataille, et finit par se présenter de flanc à quelques dizaines de mètres de l’artillerie Russe. Celle-ci le massacre alors. Une unité, le 14e régiment d’infanterie, périt même toute entière sous le feu. Le centre français n’existe pour ainsi dire plus. [...]
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