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D’un point de vue strictement militaire, les opérations Serval puis Barkhane ont-elles été une réussite ?
Sur le plan militaire oui, mais le problème ne se trouve pas là. Prenez l’exemple de la guerre d’Algérie: c’est une réussite absolue sur le plan militaire mais politiquement c’est autre chose. Au Mali, les opérations, en prenant en compte qu’elles avaient des objectifs modérés, sont une réussite. Elles consistaient à réduire la pression du terrorisme djihadiste. Avec Serval, si vous prenez une carte, on observe une poussée des djihadistes vers le sud, un coup d’arrêt puis un reflux. Pendant l’opération Barkhane, des chefs terroristes sont régulièrement éliminés ce qui, qu’on le veuille ou non, perturbe la dynamique ennemie même si je sais qu’il est de bon ton de dire que c’est débat sur la réussite militaire de notre intervention au Mali. Les tenants d’opérations rapides, comme Artémis en RDC ou Sangaris au Tchad, ont pu critiquer Barkhane.…



La Rus’ de Kiev est à l’origine le berceau culturel du monde slave. Elle se voit emportée dans les tumultes médiévaux que connaît l’Europe orientale bouleversée par les mongols au XIIe siècle. Successivement principauté slave indépendante, puis rattachée au duché de Pologne-Lituanie, avant de se définir comme «État cosaque», elle est ensuite, au XVIIIe siècle, partagée entre les empires russes et autrichiens. L’Ukraine connaît une éphémère première tentative d’indépendance (menée par l’armée noire anarchiste de Nestor Makhno) entre 1917 et 1922. Ensuite «République socialiste soviétique d’Ukraine», rattachée à l’URSS, elle connaît sous la terreur stalinienne, la terrible «extermination par la faim» de l’Holodomor (de 2 à 5 millions de morts). Le ressentiment des Ukrainiens envers leurs «frères russes» trouve là son premier aliment. Victime des crimes de guerre nazis engendrés par l’opération Barbarossa, elle participe par millions aux sacrifices nécessaires à la chute du IIIe Reich. Les Ukrainiens subissent ensuite le joug soviétique jusqu’en 1991. …

397 soldats français sont tombés en Afrique depuis 1963, soit la moitié des pertes de notre armée sur cette période. À quoi bon ce sang ? Le 15 août dernier, le dernier treillis marqué d’un blason tricolore quittait le Mali où une junte de colonel l’avait décrété indésirable. Un président élu avait été renversé par la junte depuis deux ans, et aux fourneaux de cette dernière l’odeur du mafé se mêlait déjà de celle du bortsch. Evguéni Prigojine pouvait se frotter les mains. Après leur copieuse humiliation par les légionnaires du 2e REP dans leurs premières tentatives pour s’implanter dans le pays, ses mercenaires de Wagner y avaient désormais carte blanche. Par une bien compréhensible fidélité aux traditions nationales, ils y avaient déjà commis leur premier massacre d’une centaine de civils dès mars 2022. En Centrafrique, les armes françaises étaient forcées au départ quelques mois plus tard, en décembre 2022, et rebelote au Burkina Faso, où on signifiait en janvier dernier aux 400 opérateurs de nos forces spéciales de quitter dans les plus brefs délais leur base de Kamboisin, près d’Ouagadougou, d’où ils traquaient les djihadistes depuis 2010.…
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