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Pologne : l’Église au-devant de la mobilisation pour l’Ukraine

Cracovie. Place de la Basilique Sainte-Marie, un groupe de jeunes catholiques brave la neige. Munis de drapeaux ukrainiens, ils dénoncent la guerre. Quelques-uns collectent des dons auprès de passants et de touristes devant l’église. À Medyka, dernière paroisse catholique de Pologne avant la frontière ukrainienne, l’église est bondée en ce début avril, des prières se succèdent pour « le retour rapide de la paix », répondant à l’exhortation des évêques. La proximité géographique et culturelle, ainsi que les liens avec l’Église d’Ukraine, met la Pologne au premier plan de la mobilisation en Europe.

Sur fond de proximité culturelle

Mgr Gadeckin, président de la Conférence épiscopale polonaise, a ainsi appelé « à l’union des Slaves », au nom de la proximité identitaire et culturelle, avec l’espoir d’obtenir une visite du pape en Ukraine. À travers des organisations comme Caritas Pologne et de multiples coordinations paroissiales, l’Église mobilise diverses aides au profit des Ukrainiens. Elle a récemment appelé la société civile catholique à « user de tous les moyens » pour contribuer à la fin de la guerre. Que ce soit en Pologne où l’invasion russe, dans l’opinion, est considérée comme une menace réelle, ou en Ukraine, les catholiques sont totalement mobilisés. Comme à Lviv, la grande ville d’Ukraine occidentale, comme partout dans le pays, le clergé catholique est essentiellement constitué de prêtres et d’évêques polonais qui ont reçu du pape la consigne de « rester auprès de leurs fidèles ». [...]

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La Grande-Bretagne face à un tournant

Mardi 10 mai : pour le traditionnel discours du trône, discours annuel de politique générale rédigé par le gouvernement et lu par le monarque devant les deux chambres réunies, le prince Charles remplaçait la reine Elisabeth. Dans un communiqué, le palais de Buckingham a évoqué les problèmes de mobilité de la souveraine, celle-ci résidant désormais au château de Windsor : « La reine continue d'avoir des problèmes de mobilité épisodiques et, après consultation avec ses médecins, a décidé à contrecœur de ne pas participer au discours du trône ». L’événement n’est pas anodin, puisque la reine, depuis son début de règne en 1952, n’avait été absente qu’à deux reprises lorsqu'elle était enceinte en 1959 et 1963.

Une régence qui ne dit pas son nom

Il s’agit de fait d’une étape importante dans la lente passation de pouvoir entre la reine, 96 ans, et ses deux héritiers Charles et William. Certes, cette passation n’est pas de droit : la reine a toujours répété son refus d’abdiquer, comme ce peut être le cas dans certaines monarchies continentales, pour servir ses sujets jusqu’à sa mort, conformément au serment religieux qu’elle a consenti lors de son couronnement. Dans les faits pourtant, ne sortant plus de son château et quoiqu’elle ait gardé toute sa tête, la reine ne peut plus remplir ses obligations, et la monarchie britannique prend de plus en plus les allures d’une régence ou d’un triumvirat, les deux princes étant presque intégralement en charge des fonctions représentatives. Ce lundi, à la surprise générale, le prince Charles s’est d’ailleurs assis sur le trône plutôt que de le laisser libre en l’honneur de sa mère. Il y a quelques temps, Elisabeth décidait unilatéralement d'octroyer le titre de reine consort à sa bru Camilla après son décès, comme pour mieux légitimer celle qui longtemps fut mal-aimée. Le prince William est pour sa part de plus en plus impliqué : dernièrement, Kate Middleton et lui effectuaient une tournée de représentation dans les Caraïbes. [...]

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Irlande du Nord : victoire des nationalistes
C’est une victoire historique pour les nationalistes du Sinn Fein. Pour la première fois depuis un siècle, le parti arrive en tête dans le Parlement de la nation nord-irlandaise. Félicitée par Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, Michelle O’Neill a promis « un leadership qui est inclusif, qui célèbre la diversité, qui garantit les droits et l’égalité pour ceux qui ont été exclus, discriminés ou ignorés dans le passé ». Un beau programme qui laisse en suspens la question logique d’un possible référendum de réunion avec l’Irlande, au cœur historique du parti. Ce résultat, 27 sièges sur les 88 du Parlement, arrive dans un contexte de scandales financiers ayant éclaboussé l’ancien parti dominant, le DUP, dont un ayant fait perdre près de 500 millions de livres à la nation. Celui-ci n’a donc obtenu que 25 sièges, laissant la place de Premier ministre au Sinn Fein. [...]
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Danemark : les libéraux contre les migrants

Le 27 avril, le Danemark a annoncé avoir passé un accord permettant au pays de transférer au Kosovo 300 détenus issus de l’immigration. 15 millions d’euros pour un signal clair : une politique migratoire de plus en plus ferme dans une social-démocratie qui se distingue en la matière.

En 2019, la jeune Mette Fredericksen issue de la gauche radicale accède au poste de Premier ministre du Danemark. Une sociale-démocrate comme on en voit partout en Europe du Nord. Pourtant, elle a très rapidement mis en place une politique très ferme de lutte contre l’immigration, voulant faire du Danemark un pays « sans demandeurs d’asile ».« Normalement, je cherche des compromis, mais pas sur l'immigration » avait-elle déclaré.  « Les politiques économiques et étrangères de l'Europe ont été trop libérales. Nous avons échoué à maintenir un contrat social, qui est au fondement de notre modèle social social-démocrate. » Elle a ainsi diminué le nombre de titres de séjours accordés, qui culminait à 11 000 en 2015. Seulement 1 600 migrants ont déposé une demande pour rentrer dans le pays sur l’année 2020et 600 ont été acceptés.En sus de ces idées, elle a mis en place la préférence nationale avec la « loi anti-ghetto » qui limitait à 50% la population étrangère dans les logements sociaux. Mette Fredericksen a fait passer ce taux à 30% à la fin de l’année 2021. [...]

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Droit à l’avortement aux États-Unis : et si on arrêtait le « progrès » ?

La révélation a provoqué une déflagration dans tout le monde occidental. Il y a quelques jours, le site Politico faisait fuiter l’avant-projet d’une décision majoritaire de la Cour suprême américaine qui, si elle était adoptée en l’état, abrogerait le célèbre arrêt Roe v Wade ayant légalisé l’avortement aux États-Unis en 1973.

Lire aussi : Avortement sans limite : quand l’OMS devient folle

Cette décision concernait à l’époque une jeune femme, Jane Roe, qui disait être tombée enceinte suite à un viol collectif (il s’agissait d’un mensonge). Plaidant l’inconstitutionnalité de la loi texane qui n’autorisait l’avortement qu’en cas de mise en danger de la vie de la mère, elle attaqua l’État. L’affaire arriva devant la Cour suprême, qui reconnut l’inconstitutionnalité du texte : il contrevenait au « droit à la vie privée » (14e amendement, pourtant consacré aux droits des anciens esclaves afro-américains) qui doit permettre aux femmes de se faire avorter jusqu’à la viabilité fœtale. L’arrêt autorisa donc l’avortement dans tous les cas, et quoique cette jurisprudence ait été plusieurs fois amendée, son apport principal a toujours été confirmé, notamment par l’arrêt Planned Parenthood v Casey (1992) qui permit toutefois à chaque État d’apporter certaines restrictions aux modalités d'avortement (financement, nombre de centres abortifs, etc).

Contre le gouvernement des juges et l’individualisme

C’est au travers d’une plainte du procureur général du Mississippi, Lynn Fitch, défendant la loi de l’État qui interdit l’avortement après 15 semaines de grossesse, que la Cour suprême va pouvoir ré-examiner la question au niveau fédéral. Ces dernières années, l’équilibre politique de la Cour a basculé du côté Républicain à neuf contre trois, grâce notamment à la nomination de trois juges conservateurs au cours du mandat de Donald Trump. Et le rapport de 99 pages rédigé par Samuel Alito, l’un des membres de la Cour suprême, laisse peu de doutes sur sa décision définitive, qui devrait intervenir dans les deux prochains mois, l’arrêt y étant jugé « totalement infondé dès le début ».

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Le mensonge de la dénazification

Commençons tout d’abord par rappeler une évidence : l’Ukraine n’est pas la France. Alors qu’elle prospère dans nos contrées, la pensée woke n’a pour le moment pas droit de cité en Ukraine (ce qui au passage n’empêche pas la GPA d’y être légale, comme en Russie). De plus, la société ukrainienne paraît bien éloignée du modèle français tant le sentiment patriotique qui unit ses membres est puissant. Quoi de plus sain dans un pays sous la menace d’une puissance ennemie ? Mais l’originalité de la nation ukrainienne a aussi sa part sombre : dans quel autre pays du monde un corps franc cryptonazi (le bataillon Azov) peut-il se targuer d’être intégré à la garde nationale (l’équivalent de notre gendarmerie), ce qui le place de fait sous le commandement du ministère de l’Intérieur? Que penser d’une nation qui a élevé un criminel de guerre comme Stepan Bandera, responsable entre autres de massacres de civils polonais entre 1942 et 1944, au rang de héros national?

Cela dit, en déduire que l’appareil d’État serait passé sous la coupe de dangereux banderistes sans foi ni loi relèverait de la malhonnêteté intellectuelle. La reductio ad hitlerum pratiquée sans vergogne par le Kremlin ne doit pas nous tromper: le poids des mouvements d’extrême droite radicale dans le paysage politique ukrainien est très relatif. En dépit de leur participation active aux manifestations d’Euro-Maïdan en 2014, des mouvements ayant pignon sur rue comme Svoboda (Liberté) ou Pravyï Sektor (Secteur Droit) ont échoué à tirer leur épingle du jeu politique comme en témoignent leurs scores ridicules aux élections présidentielles de mai 2014 (où ils ont obtenu respectivement 1,2 et 0,7 % des voix) ainsi qu’aux élections législatives qui ont suivi en octobre de la même année. Avant d’entamer son recul, le parti Liberté (Svoboda) d’Oleh Tyahnybok avait pourtant réussi une percée électorale fulgurante aux élections législatives de 2012. L’ancien président Viktor Ianoukovitch (2010-2014), soucieux d’apparaitre comme un rempart contre le fascisme à la présidentielle de 2014, avait alors beaucoup contribué à sa montée en puissance. Une basse manœuvre politicienne qui n’est pas sans rappeler l’attitude d’un certain François Mitterrand vis-à-vis du Front National dans les années 80 ! [...]

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Éditorial monde de mai : Le naufrage ukrainien

I l semble que Vladimir Poutine ait bien mieux préparé sa guerre de l’information que la guerre elle-même. Après une campagne très coûteuse en hommes et en matériel, et l’échec de la prise de Kiev, les rêves de restauration impériale ont laissé la place à des objectifs plus modestes et pragmatiques. L’enlisement russe paraît conclure le déroulé de la « guerre idéale » poutinienne, depuis la guerre éclair contre la Géorgie en 2008 jusqu’à l’annexion-surprise de la Crimée en 2014. Mais la guerre idéale du Kremlin avait pris fin avant cela, avec l’ouverture du front au Donbass, en 2014 également, inaugurant une guerre d’usure entre armée ukrainienne, séparatistes et soutiens militaires russes. Le Donbass déchiré par l’interminable conflit n’est plus, depuis 2014, qu’un micro-État mafieux livré aux seigneurs de la guerre. Après avoir encouragé la sédition, livré des armes et fourni des mercenaires aux groupes séparatistes, le Kremlin a décidé de reprendre la main dans ce conflit, en piétinant les accords de Minsk de 2015 et en faisant le ménage au sein des groupes prorusses.…

Gladden Pappin : « La politique américaine est de plus en plus polarisée »

Twitter a récemment été acheté par le milliardaire ElonMusk, dont on sait qu’il finançait jadis le Parti républicain. Comment cette décision est-elle accueillie par l’opinion publique américaine ?

Le rachat de Twitter par Elon Musk est la chose la plus intéressante qui se soit passée à la Silicon Valley depuis longtemps. Historiquement, Elon Musk est un libéral proche de l’administration Obama. Avec le temps, il a cependant vu la gauche libérale tellement se gauchiser qu’il s’est retrouvé à droite.

Twitter reste la plateforme la plus importante pour poster des contenus politiques et donc prendre le pouls de l’opinion américaine. La population américaine a été très choquée que Donald Trump en soit éjecté alors qu’il était encore président des États-Unis. Depuis son exclusion, le réseau social est devenu de plus en plus agressif. Les libéraux de la Silicon Valley et les tenants de l’administration Biden ont commencé à décrire chaque argument de droite comme étant de la « désinformation », des « fake news » qu’ils prétendent démonter avec des fact-checkers. Il est devenu évident pour tout le monde qu’il s’agissait là d’une politisation de la vérité. De là, le rachat d’Elon Musk : la plupart des gens sont en accord avec ce qu’il veut modifier.

Quel regard les Américains portent-ils sur la guerre en Ukraine et sur la politique extérieure de Joe Biden ?

Je pense que l’opinion publique prend conscience que le conflit russo-ukrainien est utilisé pour couvrir les échecs politiques du gouvernement. Par exemple, l’inflation est très haute aux États-Unis, les prix augmentent et l’essence n’a jamais été aussi chère. Il devient très difficile d’acheter une voiture, il y a des problèmes dans la chaîne de ravitaillement, etc. Ce sont évidemment les résultats de phénomènes très compliqués, mais l’administration met tout sur le dos de la guerre et de Poutine. Tout ce qui va mal vient de Poutine, et ainsi elle s’exonère de ses fautes en politique intérieure.

L’Américain moyen pense que le conflit est très lointain. Il n’y a plus tellement d’intérêt pour ce sujet comme c’était le cas il y a deux mois. En ce qui concerne le Parti républicain, il est divisé en deux factions. La première considère que l’administration Biden n’est pas assez dure envers la Russie, qu’au fond Biden est faible et qu’avec les Républicains au pouvoir, Poutine n’aurait jamais agi de la sorte. La seconde faction, plus populiste et inspirée par la politique étrangère de Trump, est très sceptique à propos de l’engagement américain à l’extérieur. La division est d’ailleurs générationnelle : les jeunes Républicains sont du côté de Trump, alors que les plus âgés souhaiteraient un retour à une forme de Guerre froide. [...]

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