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Loup Viallet : « Le bitcoin est devenu l’instrument du néocolonialisme russe »

L’armée française accuse les mercenaires russes de Wagner de manipulation et a diffusé des images de ces soldats en train de recouvrir de sable des cadavres, près de la base de Gossi, dont les forces françaises se sont retirées il y a quelques jours. Qu’en pensez-vous ?

L’affaire du charnier de Gossi est un coup monté, dont le subterfuge a été déjoué avec brio par nos services de renseignement. C’est une première victoire française dans la guerre irrégulière qui est menée contre la France par la Russie en Afrique.

Que s’est-il passé ?

Récapitulons. La rétrocession des bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou s’est faite sans encombre avec l’armée malienne en 2021. Mais pendant ce temps les liens entre d’un côté la France, l’UE, l’ONU et la majorité des pays de la sous-région, et de l’autre la junte au pouvoir se sont considérablement dégradés. Pour se maintenir au pouvoir, le régime putschiste a choisi de s’associer avec le groupe de mercenaires russes Wagner, déjà connu pour ses exactions en Ukraine, en Libye, en Syrie, en Centrafrique.…

Charles Millon : « Réfléchir à une nouvelle politique française en Afrique »

Comment se passe le retrait des troupes françaises à l’occasion de la fin de l’opération Barkhane ?

Le retrait des troupes françaises en Centrafrique, au Mali et au Burkina Faso est différent à chaque fois. Évidemment, c’est au Mali que la situation est la plus sensible parce qu’il y avait une concentration de troupes françaises importante depuis François Hollande et que la menace y était particulièrement sensible. Aujourd’hui, la situation est complexe : d’abord parce que le gouvernement malien souhaite le départ des troupes françaises, ensuite parce que des liens ont été créés entre l’armée française et l’armée malienne –les premiers ayant formé les seconds – enfin l’arrivée de troupes russes du commando Wagner. Je pense que les troupes vont se retirer pour correspondre au souhait du gouvernement, mais les conséquences sont difficiles à analyser.

Il est tout à fait possible que les djihadistes redéveloppent leur action dans la région, mais on ne sait pas quelles seront les relations entre les troupes Wagner et les troupes maliennes. Nous sommes dans une situation de transition qui me paraît périlleuse. Il faut savoir qu’au Mali, il y a le problème du djihadisme, mais aussi celui de l’irrédentisme. Au Nord du Mali, les Touaregs et les Peuls contestent le pouvoir central malien car ils souhaitent une certaine autonomie. Je trouve tout à fait dommageable que la France se retire car elle aurait pu aider les institutions maliennes à aller vers une situation plus apaisée.

Quelles pourraient être les conséquences pour les entreprises françaises ou l’immigration ?

Tout désordre dans un pays africain amène une augmentation de l’immigration, clandestine ou non. Ensuite, les entreprises françaises se sont déjà retirées du Mali –malheureusement – depuis un certain nombre d’années. La sérénité dans le domaine des affaires est quasi-nulle. [...]

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Les conservateurs américains à l’offensive contre Disney

Sale temps pour les progressistes américains. Alors que la semaine dernière, le milliardaire Elon Musk a annoncé qu’il souhaitait racheter intégralement Twitter et que le wokisme était un « virus de l’esprit » en parlant de Netflix, c’est maintenant le géant Disney qui est dans le
viseur des conservateurs à cause de leur wokisme. C’est à Orlando que se situe le parc Walt Disney World Resort, symbole de l’empire Disney.
Accueillant plus de 20 millions de visiteurs par an pour un bénéfice de 18 milliards d’euros, il est l’un des joyaux de la Floride. Pourtant, alors que depuis plus d’un demi-siècle, il bénéficie d’un statut spécial qui l’exonère d’une grande partie des contraintes législatives liées aux entreprises, le parlement de l’État du Sud-est des États-Unis vient de voter pour la fin de cette exception.

Pourquoi ? Récemment, le gouverneur de Floride Ron DeSantis a fait passer une loi interdisant aux enseignants de parler d’orientation ou de théorie du genre avant dix ans : la loi « Don’t say gay ». Or, le patron de Disney Bob Chapek, après avoir longuement hésité, s’est prononcé officiellement en défaveur de cette loi en bon progressiste. Cette idéologie a de fait largement progressé dans l’entreprise, qui ne cesse depuis le début des années 2000 de donner des gages de bonne volonté aux LGBT et aux minorités, comme dans La Belle et la Bête qui avait fait du personnage LeFou un amoureux éperdu de Gaston. Pourtant, comme Netflix, la multinationale semble faire les frais de son wokisme alors que l’action a perdu plus de 30% en un an, dans un contexte économique plutôt favorable mais fragilisé par la concurrence. Bob Chapek est ainsi sur la sellette en raison de ses mauvais résultats, mais aussi de l’insatisfaction générée dans les deux camps aux États-Unis par sa réponse tardive. Ron
DeSantis a ainsi vivement critiqué la prise de position du géant du divertissement en arguant que « cet État est gouverné par les intérêts des citoyens de Floride et non par les exigences des dirigeants d'entreprises californiennes. L'État ne leur appartient pas ». [...]

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La chute de l’aigle

L’essai de Nikola Mirkovic propose au lecteur un vaste balayage historique, dans le but de démontrer qu’il convient mieux de parler d’empire au sujet de la plus puissante nation mondiale et que cet empire finira bientôt par s’effondrer, victime de ses trop grandes ambitions et d’une élite qui a dessaisi le peuple américain de sa souveraineté au profit du pouvoir financier et voudrait s’emparer désormais du monde.

Pour soutenir cette thèse, l’ouvrage laisse malheureusement et un peu trop souvent la place aux arguments d’autorité ou aux affirmations que l’on voudrait voir un peu mieux étayées par des sources, des faits ou des chiffres précis. Est-il vraiment acquis que « l’Amérique se dirige vers un écroulement généralisé » ? L’argument du déclin de l’empire américain a été repris inlassablement au cours des trente dernières années, y compris par Vladimir Poutine dont l’empire semble aujourd’hui plus menacé que celui de Joe Biden. Mais, si le voyage historique proposé par Nikola Mirkovic reste passionnant, peut-on toutefois vraiment parler d’empire au sujet des Etats-Unis ? La question se pose moins au sujet de la Russie, dont l’histoire impériale définit l’identité même de ce gigantesque trait d’union eurasiatique de 17 millions de kilomètres carrés, envahi par les Mongols, menacé par la Suède, la Pologne ou la Lituanie avant de devenir l’empire des tsars, puis des soviets. [...]

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Guerre et civilisation

Parmi tous les tourments que l’homme s’est infligés à lui-même, la guerre se détache comme le principal engin de défaite sociale et spirituelle, alerte Arnold Toynbee en préface d’un assemblage de petits textes au titre évocateur: Guerre et civilisation. De la défaite sociale, nos médias parlent abondamment, même si de façon partiale, unilatérale; de la défaite spirituelle, pas un mot; peu de mots aussi de l’affaissement civilisationnel en cours; peu de mots des opportunités gâchées d’offrir à l’Occident une nouvelle dynamique et à l’Europe de l’Est un ordre territorial plus stable.

En ce début d’année 2022, profitant d’un répit sanitaire, la guerre, la vraie, celle de la destruction et de la mort, est de retour. Non pas directement chez nous, comme Emmanuel Macron a tenté de le faire croire aux Français par son fameux – et pitoyable: « La guerre est là, sur notre sol », mais indirectement, par la fracturation du socle chrétien orthodoxe, par l’intensification et la globalisation d’un conflit régional reposant sur des questions non réglées de souveraineté et de territoire, par la réactivation d’un choc civilisationnel endogène en Europe, par notre basculement collectif dans le célèbre « piège de Thucydide » que Graham Allison avait anticipé entre les USA et la Chine, et qui s’est refermé sur les deux blocs historiques, l’Otan et la Russie. Nous nous apprêtons à payer, collectivement, les conséquences de la guerre sur les plans politiques, énergétiques, économiques et sociaux, mais le prix le plus lourd sera probablement la défaite spirituelle de l’Occident.

Que faire? Kautilya écrit, au chapitre VII de son Artha-Sastra: « Un roi faible, menacé par un roi plus fort dont les armées sont en marche, doit se soumettre sans délai, et chercher la paix en offrant son trésor, son armée, sa personne ou son territoire ». Mais ni Biden ni Macron, ni Scholtz ni von der Leyen n’ont probablement lu Kautilya, pas plus que le roi faible, Volodymyr Zelensky. « Transiger » aurait dit Beaumarchais, aller directement et de manière réaliste à l’essentiel, au territoire – ceux de la frontière Est – pour éviter le pire. Mais nul ne lit plus, non plus, le talentueux Augustin Caron de Beaumarchais, pas même la lettre si remarquable qu’il adressa au roi Louis XVI, mettant en garde le souverain contre la tentation moralisante: « La politique nationale qui maintient les États diffère presque en tout de la morale civile qui gouverne les particuliers ». C’est à l’inverse l’anti-Beaumarchais, la morale civile élevée au rang de politique internationale, qui constitue le projet des hérauts de la démocratie libérale, des aspirants à la « paix perpétuelle », ostracisant les récalcitrants, tel Vladimir Poutine, que nos médias peignent en militariste invétéré, façon Adolf Hitler, en lecteur assidu de Ludendorff, adepte de la guerre totale, ou en fou isolé et mégalomaniaque. [...]

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En Côte d’Ivoire, on vote très à droite

Fleuron des colonies de l’Afrique Occidentale française (AOF), la Côte d’Ivoire a toujours été au centre de la politique française en Afrique. Mais la chute des cours du cacao et du café depuis les années 90 a plongé le pays dans une récession et des troubles politiques récurrents. La dévaluation du Franc CFA a achevé de déstabiliser un État longtemps considéré comme une petite Suisse africaine et privilégié par les expatriés français. Aux côtés des binationaux, ce sont plus de 12 000 français qui sont actuellement recensés à l’Ambassade de France, principalement à Abidjan, la « perle des lagunes » où il fait bon vivre. La Côte d’Ivoire s’est subitement invitée dans le débat présidentiel français lorsque le polémiste Éric Zemmour a débarqué en décembre 2021 à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny. À grand renfort de publicité sur ses réseaux sociaux, le leader du parti Reconquête a visité le camp de l’ex 43e bataillon d'infanterie de marine (BIMA), désormais « Forces françaises en Côte d’Ivoire », présent dans le pays depuis 1978.

Une visite loin d’être anodine puisque ce régiment a été au cœur de la protection des expatriés français lors de la guerre civile et assure aujourd’hui un relais opérationnel sur une zone d’intérêt stratégique. L’ancien journaliste ne s’est donc pas trompé quand dans son communiqué de Noël, il a déclaré que ces militaires étaient à la fois « à la fois nos sentinelles, notre cuirasse et le bras armé de notre patrie » dans cette partie de l'Afrique. Si ce voyage a suscité l’incrédulité des Ivoriens qui ne prisent guère Éric Zemmour en raison de son programme anti-émigration, la communauté française s’est précipitée à sa rencontre afin de le questionner sur sa vision de la France en Afrique. Une opération de charme rondement menée et qui a porté ses fruits : Zemmour a fait un score inattendu en Côte d’Ivoire. Avec 11% des voix, il est arrivé troisième de cette élection sur les 4000 votes exprimés, devant Marine Le Pen qui n’a remporté que 7% des votes. Les voix reportées sur l’extrême droite s’élèvent donc à 18%. Du jamais vu en Côte d’Ivoire, pilier de la défunte chiraquie. La seule candidate du Rassemblement national y avait à peine recueilli 9% des voix en 2017. [...]

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Un suprématiste noir auteur présumé d’une fusillade à New York

Après une cavale de deux jours, le tireur présumé du métro est derrière les barreaux. Frank James, un Afro-américain de 62 ans, s’était enfui après avoir déclenché une fusillade dans le métro de New-York. Des vidéos montrent du sang répandu sur le sol et des hommes à terre ; une horreur indescriptible est sur tous les visages. L’homme, après avoir loué un van, était entré dans le métro muni d’une arme de poing, d’une hache et d’un feu d’artifice. Portant un masque à gaz, il a lancé deux grenades fumigènes dans le wagon avant d’ouvrir le feu, faisant 23 blessés dont 10 par balles.

La procureure Sara Winik a déclaré qu’il « a ouvert le feu sur les passagers d'une rame de métro bondée, interrompant leur trajet matinal comme jamais cette ville ne l'avait vu depuis plus de 20 ans. Son attaque était préméditée, elle a été soigneusement planifiée et elle a semé la terreur parmi les victimes et dans toute la ville ». [...]

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Go_A : vedettes de l’Eurovision
Alors que l’année dernière, taquins que nous sommes à L’Incorrect, nous nous apprêtions à descendre en flammes l’habituellement infernal Concours Eurovision de la chanson, nous avions été agréablement surpris. Quand la Russie envoyait une grosse dondon rappant sur les inspirantes « femmes russes » (dont certaines, au vu des photos affichées en arrière-plan, étaient pourvues de pénis), avec danseurs racisés et refrain en anglais, l’Ukraine envoyait Go_A. [...]
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