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L’Ukraine et l’Europe face à l’ogre Poutine

Disons-le tout net : personne de sensé ne peut souscrire au récit de Vladimir Poutine qui a justifié l’agression de la Russie. Une agression d’une grande violence à laquelle nous aurions dû nous préparer et nous attendre. En reconnaissant mardi 22 février l’indépendance des deux Républiques de Donetsk et du Donbass – sur le modèle de ce qu’il avait fait en 2008 avec l’Ossétie du Sud -, Vladimir Poutine admettait implicitement que ces deux Républiques avaient le droit légal d’attaquer Kiev. Cette première étape, prélude à un blitzkrieg  décidé très en amont, avait pour but d’imposer la narration russe voulant que l’Etat ukrainien serait dirigé par une junte de « drogués », de sympathisants nazis et de laquais des Etats-Unis. Cette rhétorique (in)digne des grandes heures de l’URSS sous domination stalinienne, reprise à bon compte par les fourriers français des intérêts du Kremlin, n’a pas caché les véritables intentions d’un président russe passé du statut de despote « éclairé » à celui de véritable dictateur.…

Frédéric Le Moal : « Les sanctions marquent la faiblesse de l’UE »
Vladimir Poutine a reconnu l'indépendance des deux régions pro-russes. Pourquoi ? C’est un scénario à la géorgienne qui se décide. Concrètement, le prétexte à la reconnaissance et à la mise sous protection russe de ces régions est la menace qu'exerce le pouvoir ukrainien sur l'identité russe des populations qui y vivent et même, d'après la propagande russe, la survie de ces populations qui seraient menacées par le pouvoir ukrainien. On reconnaît bien là l'instrumentalisation que la Russie fait de ces populations russophones depuis la chute de l'URSS en 1991. Elles sont comme des moyens d'infiltration et d'instrumentalisation pour le pouvoir russe. La deuxième raison est qu'en reconnaissant l'indépendance de ces provinces, la Russie remet en cause l'intégrité territoriale de l'Ukraine et affaiblit considérablement de l'intérieur le pouvoir ukrainien en lui arrachant ces deux Républiques comme il l'avait fait en Géorgie. C'est par cet affaiblissement et le contrôle de ces républiques qu'il veut empêcher – et c'est là le nœud du problème – l'Ukraine d'intégrer l'OTAN. Est-ce un prélude à leur intégration dans la Fédération de Russie ? Il est difficile de répondre à cette question pour le moment. Si on compare avec le scénario géorgien, la réponse est non. L'Ossétie du Sud et l'Abkhazie ont proclamé leur indépendance, mais n'ont pas été annexées par la Russie. Ce n'est pas la même chose que la Crimée. On peut cependant très bien imaginer un scénario dans lequel des référendums seraient organisés en vertu du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », qui a été bien utile au Kosovo mais qui, maintenant n'est plus valable : c'est un principe à géométrie variable. Ces référendums statueraient pour une union avec la Mère-Patrie. On ne peut pas le dire pour l'instant. [...]
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« Étranger proche » : l’Afrique
Tout l’intérêt du court essai de Loup Viallet, qui connaît bien le continent africain, est de démontrer qu’une part majeure de l’avenir de l’Europe, et particulièrement de la France, s’y joue et s’y jouera dans les années et décennies à venir. Pression démographique et migratoire, réchauffement climatique, stabilité du pourtour de la Méditerranée, puissances émergentes comme la Russie, la Turquie, ou la Chine qui viennent s’y ingérer, menace djihadiste au Sahel, ressources naturelles convoitées et disputées ; aucun des grands enjeux que pose l’Afrique n’échappe aux constats et à l’analyse de l’essayiste. À rebours de certains discours lénifiants avançant la nécessité de se désengager du continent, Loup Viallet pose le pari de la puissance. L’auteur ose affirmer qu’il faut entamer un rapport de force avec les pays émetteurs d’immigration, pour les obliger à contrôler leurs flux de ressortissants. [...]
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Zemmour fascine une partie de l’élite et les panafricanistes

Abidjan, veille de noël 2021, Éric Zemmour est en visite en Côte d’Ivoire. Le candidat à l’élection présidentielle a eu, sur le sol ivoirien, un agenda franco-français. Il n’a sollicité aucune audience locale ni auprès des autorités ivoiriennes, ni, comme le voudrait la pratique, auprès du président Ouattara. Zemmour a consacré l’essentiel de son séjour à l’armée, passant une demi-journée à Port-Bouët, une commune du littoral abidjanais où est basé le 43e Bataillon d’infanterie de marine (Bima). « Il ne passera qu’environ vingt-quatre heures en Côte-d’Ivoire », constate Seydou Gaoussou. Pour le journaliste ivoirien, « le plus important pour le candidat, c‘est la France et il en a donné ainsi la preuve ». Éric Zemmour qui a souvent dénoncé la Françafrique se contentera, outre sa visite à l’armée, d’échanger avec quelques résidents français, réaffirmant que la non-ingérence et la préférence nationale sont le socle de sa politique étrangère.

Lire aussi : Jean-Paul Garraud sur la CJUE : « La Pologne et la Hongrie ne peuvent supporter une telle ingérence ! »

Une non-ingérence qui séduit

« Ma cible, ce sont les Français », a-t-il laissé entendre, se contentant d’un bref entretien avec ses compatriotes résidant dans le pays. Une vingtaine en tout : « Sans doute ne fait-il pas des Français de l’étranger une priorité », en déduit Seydou Gaoussou. D’ailleurs, en 2017, ils avaient, pour les 20 000 qui vivent en Côte-d’Ivoire, plébiscité Macron (83 %) face à Le Pen (17 %). Mais le thème de non-ingérence a un écho plutôt favorable au sein de la communauté française ivoirienne dont la moitié a la double nationalité : « Quoiqu’on lui reproche, il ne va pas continuer à s’impliquer dans les affaires intérieures des pays africains », croit Abi Ouattara. [...]

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Jean-Paul Garraud sur la CJUE : « La Pologne et la Hongrie ne peuvent supporter une telle ingérence ! »
Que contient le dernier arrêt de la Cour de Justice de l’Union européenne et quelles en seront les conséquences concrètes ? Cet arrêt a rejeté des recours formés par la Pologne et la Hongrie sur un règlement qui leur impose de se conformer à l’État de droit et, par de précédentes décisions de la CJUE qui avaient condamné la Pologne à une astreinte d’un million d’euros par jour pour se conformer à l’État de droit. C’était en rapport à une réforme de la justice opérée par le pays. L’UE a également sommé la Hongrie de se conformer à cette disposition concernant sa politique migratoire. La différence est que, au lieu de cette amende, on retient désormais des fonds destinés à la Hongrie via le plan de relance. Le pays avait en effet droit à sept milliards, somme bloquée car la CJUE a jugé que la Hongrie viole l’État de droit. Ce sont des moyens de pression exercés sur des pays souverains, qui ont le droit de définir leur politique. Et de fait, les sujets en question sont tout à fait de la compétence des États puisqu’il s’agit de la justice et des frontières. C’est donc une immixtion intolérable et scandaleuse dans la politique intérieure des États. Cette décision est donc avant tout une réaction qui ne s’applique qu’à ces deux pays qui transgresseraient l’État de droit. N’est-ce pas une mesure purement idéologique envers deux pays conservateurs ? Oui. L’arrêt a donc vocation à s’appliquer à tout pays membre de l’Union qui violerait « l’État de droit ». Mais qu’est-ce que l’État de droit ? C’est une notion très floue juridiquement qui ne répond à aucune définition précise, qui a été élaborée par la jurisprudence de la CJUE elle-même et qui veut diffuser une idéologie cosmopolite et droit-de-l’hommiste dans tous les pays de l’UE. Dès lors, toute décision qui est prise par un État et qui contrevient à cette idéologie pourrait mener à une mise au ban de l’UE par une condamnation de la Cour de Justice. C’est un moyen de pression considérable ! [...]
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Putschs militaires en Afrique occidentale : la Françafrique s’enlise
Août 2020 au Mali, alors qu’il avait été réélu deux ans plus tôt, Ibrahim Boubacar Kéïta a été renversé par des militaires qui, depuis, s’accrochent au pouvoir. Six mois plus tard, Assimi Goïta met fin aux fonctions du président et du Premier ministre. « Un coup d’État dans le coup d’État » dénonce, pris de court, Emmanuel Macron. Septembre 2021, idem pour la Guinée : Alpha Condé a été renversé sans effusions de sang par un ancien légionnaire « français », le colonel Mamady Doumbouya. Janvier 2022, Rock Christian Kaboré a été renversé à Ouagadougou (Burkina Faso), par là encore un autre colonel, Paul-Henri Sandaogo Damiba. Depuis, la Guinée-Bissau a essuyé deux tentatives de putschs qui ont fait de nombreux morts, et au sein du pré-carré français, la peur d’un renversement militaire taraude les palais présidentiels. Niamey, Abidjan, Lomé ou Cotonou : la crainte est visible et les chefs d’État multiplient, dans le cadre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), des sommets de sanctions et de contre-sanctions qui ennuient les populations. Au cœur de l’anxiété engendrée par cette situation, la responsabilité de Paris et l’échec de la politique africaine de la France. [...]
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Ukraine : l’impuissance d’Emmanuel Macron

L’Europe centrale et de l’Est est sous la menace. Elle craint une intervention militaire russe en Ukraine. On entend souvent en France des reproches formulés contre les pays de Visegrad ou les États baltes fidèles à l’OTAN. Ces nations historiques issues du démantèlement de l’URSS seraient les « laquais » des Américains et les supplétifs des visées impérialistes de l’Oncle Sam. Mais comment leur en vouloir ? Ainsi que l’a rappelé Raphaël Chauvancy dans un article donné au site Theatrum Belli : « Le principal argument du leadership américain en Europe est la garantie nucléaire. A rebours des idées reçues, elle est pourtant à peu près nulle. L’hypothétique invasion d’un État européen par une puissance majeure ne pourrait être, à ce jour, que le fait de la Russie. »

Lire aussi : Et maintenant, mourir pour l’Ukraine ?

Évidemment, les Américains ont eu longtemps intérêt à alimenter la méfiance européenne à l’encontre de la Russie.…

Et maintenant, mourir pour l’Ukraine ?

Durant tout le XXè siècle, la Russie a toujours allégrement piétiné l’Ukraine. Elle l’a martyrisée à sa guise, lui infligeant la guerre, l’invasion, la famine, le génocide, la déportation et cela sans que les autres nations de l’Europe ne l’en empêchent jamais. Alors, pourquoi la Russie devrait-elle aujourd’hui renoncer à écraser l’Ukraine et surtout pourquoi le reste du monde devrait-il, maintenant, se sentir obligé de s’en mêler ?

Trois raisons principales peuvent être invoquées pour pousser à réclamer la fermeté contre l’agression russe qui se prépare.

En premier lieu, l’Europe a payé lourdement, avec la Seconde Guerre mondiale, ses lâchetés et ses capitulations des années 1930. Nous sommes encore hantés par le syndrome des accords de Munich, quand en 1938 la France et l’Angleterre ont abandonné la Tchécoslovaquie aux appétits furieux de l’Allemagne hitlérienne. À avoir alors trop voulu éviter le conflit militaire, nous n’avons rien sauvé et surtout pas la paix. Depuis, traumatisés par notre débâcle de 1940, nous raisonnons comme si la même situation de reproduisait toujours, que ce soit dans les années 1990 avec la Serbie ou maintenant avec la Russie. Dès lors, nous voulons éviter que le Donbass devienne les nouvelles Sudètes. [...]

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