
Monde


Abidjan, veille de noël 2021, Éric Zemmour est en visite en Côte d’Ivoire. Le candidat à l’élection présidentielle a eu, sur le sol ivoirien, un agenda franco-français. Il n’a sollicité aucune audience locale ni auprès des autorités ivoiriennes, ni, comme le voudrait la pratique, auprès du président Ouattara. Zemmour a consacré l’essentiel de son séjour à l’armée, passant une demi-journée à Port-Bouët, une commune du littoral abidjanais où est basé le 43e Bataillon d’infanterie de marine (Bima). « Il ne passera qu’environ vingt-quatre heures en Côte-d’Ivoire », constate Seydou Gaoussou. Pour le journaliste ivoirien, « le plus important pour le candidat, c‘est la France et il en a donné ainsi la preuve ». Éric Zemmour qui a souvent dénoncé la Françafrique se contentera, outre sa visite à l’armée, d’échanger avec quelques résidents français, réaffirmant que la non-ingérence et la préférence nationale sont le socle de sa politique étrangère.
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Une non-ingérence qui séduit
« Ma cible, ce sont les Français », a-t-il laissé entendre, se contentant d’un bref entretien avec ses compatriotes résidant dans le pays. Une vingtaine en tout : « Sans doute ne fait-il pas des Français de l’étranger une priorité », en déduit Seydou Gaoussou. D’ailleurs, en 2017, ils avaient, pour les 20 000 qui vivent en Côte-d’Ivoire, plébiscité Macron (83 %) face à Le Pen (17 %). Mais le thème de non-ingérence a un écho plutôt favorable au sein de la communauté française ivoirienne dont la moitié a la double nationalité : « Quoiqu’on lui reproche, il ne va pas continuer à s’impliquer dans les affaires intérieures des pays africains », croit Abi Ouattara. [...]
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L’Europe centrale et de l’Est est sous la menace. Elle craint une intervention militaire russe en Ukraine. On entend souvent en France des reproches formulés contre les pays de Visegrad ou les États baltes fidèles à l’OTAN. Ces nations historiques issues du démantèlement de l’URSS seraient les « laquais » des Américains et les supplétifs des visées impérialistes de l’Oncle Sam. Mais comment leur en vouloir ? Ainsi que l’a rappelé Raphaël Chauvancy dans un article donné au site Theatrum Belli : « Le principal argument du leadership américain en Europe est la garantie nucléaire. A rebours des idées reçues, elle est pourtant à peu près nulle. L’hypothétique invasion d’un État européen par une puissance majeure ne pourrait être, à ce jour, que le fait de la Russie. »
Lire aussi : Et maintenant, mourir pour l’Ukraine ?
Évidemment, les Américains ont eu longtemps intérêt à alimenter la méfiance européenne à l’encontre de la Russie.…

Durant tout le XXè siècle, la Russie a toujours allégrement piétiné l’Ukraine. Elle l’a martyrisée à sa guise, lui infligeant la guerre, l’invasion, la famine, le génocide, la déportation et cela sans que les autres nations de l’Europe ne l’en empêchent jamais. Alors, pourquoi la Russie devrait-elle aujourd’hui renoncer à écraser l’Ukraine et surtout pourquoi le reste du monde devrait-il, maintenant, se sentir obligé de s’en mêler ?
Trois raisons principales peuvent être invoquées pour pousser à réclamer la fermeté contre l’agression russe qui se prépare.
En premier lieu, l’Europe a payé lourdement, avec la Seconde Guerre mondiale, ses lâchetés et ses capitulations des années 1930. Nous sommes encore hantés par le syndrome des accords de Munich, quand en 1938 la France et l’Angleterre ont abandonné la Tchécoslovaquie aux appétits furieux de l’Allemagne hitlérienne. À avoir alors trop voulu éviter le conflit militaire, nous n’avons rien sauvé et surtout pas la paix. Depuis, traumatisés par notre débâcle de 1940, nous raisonnons comme si la même situation de reproduisait toujours, que ce soit dans les années 1990 avec la Serbie ou maintenant avec la Russie. Dès lors, nous voulons éviter que le Donbass devienne les nouvelles Sudètes. [...]
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Pouvez-vous nous expliquer l’affaire Saïd Djabelkhir ?
C’est un journaliste et universitaire algérien qui a publié quelques propos sur la religion musulmane qui découlent de ses propres recherches qui sont connues chez les islamologues. Ce n’est pas un grand nom, mais il est assez reconnu dans le milieu.
Il disait notamment que le pèlerinage à La Mecque était antérieur à Mahomet et qu’il y a des pratiques musulmanes issues du paganisme.
Ce qu’il a écrit était déjà tout à fait su par les islamologues. Il disait notamment que le pèlerinage à La Mecque était antérieur à Mahomet et qu’il y a des pratiques musulmanes issues du paganisme. Il ajoutait que les textes de références ne sont pas à prendre à la lettre.
C’est une politique de distance tout à fait classique avec un regard historico-critique. C’était écrit sur sa page Facebook, sans agressivité.
Il a par la suite été poursuivi par un petit groupe, dont un avocat, qui ont porté plainte contre lui, pour « dénigrement du dogme » et « atteinte à l’unité nationale » car l’Algérie repose en partie sur l’islam. Celui qui attaque l’islam attaque aussi le pays. Il a donc été condamné.
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À l’occasion de ses vœux aux Armées le 19 janvier, Emmanuel Macron a évoqué le renforcement du partenariat stratégique entre leurs deux pays sur fond de présence militaire avancée de l’OTAN en Roumanie répondant à la crise larvée en Ukraine. Le lendemain, le président roumain Klaus Iohannis s’est félicité du probable envoi de troupes françaises dans son pays. Une lecture biaisée de cette décision se limiterait à s’inquiéter de voir la France servir à travers l’OTAN les seuls intérêts américains. On aurait tort de ne pas y voir une excellente occasion de renforcer notre influence sur les rives de la Mer noire et plus précisément en Roumanie, pays de 20 millions d’habitants. En voici quelques clefs de compréhension
La Roumanie satisfaite
Déjà, le 1er décembre, à l’occasion de la fête nationale de leur pays, les diplomates roumains en poste à Paris ne cachaient pas leur satisfaction devant le beau fixe régnant sur les relations entre Bucarest et Paris. Le secrétaire d’État chargé des affaires européennes, Clément Beaune, honorait d’ailleurs de sa présence la réception donnée par l’ambassadeur de Roumanie, Luca Niculescu, dans les salons de l’hôtel de Béhague, sa résidence parisienne proche du Champ de Mars. [...]
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