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Oxford : Cecil Rhodes échappe aux cancellers

À l’heure où certaines associations communautaristes tentent de racialiser les débats et remettent en cause les grandes figures historiques qui ne correspondent pas à leur conception du Bien, l’université d’Oxford au Royaume-Uni a décidé de jouer les irréductibles gaulois. Face aux militants du mouvement « Rhodes Must Fall » (Rhodes doit tomber), la direction collégiale de la prestigieuse institution britannique a décidé de maintenir, contre l’avis d’une commission indépendante, la statue de Cecil Rhodes, un homme convaincu de la supériorité blanche sur les cafres (noirs).

Tout a commencé en mars 2015 quand des étudiants de l’Université du Cap ont lancé des manifestations pour obtenir le retrait de la statue commémorant Cecil Rhodes, considéré comme l’un des symboles de la ségrégation raciale. La campagne a rapidement dégénéré en affrontements entre blancs et noirs, symbole des tensions raciales qui persistent encore en Afrique australe. Afin de ramener le calme, l’université n’a eu d’autres choix que d’enlever la statue de cet ancien Premier ministre de la province du Cap (entre 1890 et 1896).

Lire aussi : États-Unis : le Français Jean Ribault triomphe de la cancel culture

Ce succès des racialistes a rapidement fait des émules au Royaume-Uni et plus particulièrement à Oxford, où  une statue de Rhodes trône sur une façade de l’Oriel College, en plein cœur de l’université. Avec l’apparition de Black Lives Matter, la campagne déjà lancée par le mouvement « Rhodes Must Fall » a pris de l’ampleur et a redoublé la pression sur la direction de l’université, enjointe à prendre position sur ce personnage incontournable de l’épopée coloniale britannique.

Jusqu’alors, la direction avait toujours promis que la statue serait retirée, mais elle n’a en réalité cessé de tergiverser. Une commission d'enquête indépendante a été chargée d’étudier la pertinence des demandes du RMF, et les « questions importantes » soulevées par la présence de celui qui a donné son nom à deux pays, la Rhodésie du Sud et du Nord (aujourd'hui Zimbabwe et Zambie). Détracteurs et partisans du déboulonnage de Rhodes se livrent depuis une véritable guerre de communication sur fond de communautarisme, de quoi faire réagir la ministre aux Universités et à la Recherche Michelle Donelan : « Si on ne peut pas récrire notre histoire, il faudrait plutôt s'en souvenir et en tirer des leçons[...] ».

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Louis Saillans, engagé à vie

Sous un pseudonyme qui fait référence au comte du même nom, officier d’Ancien Régime en qui l’auteur voit un précurseur des opérations non conventionnelles, Louis Saillans, commando marine, offre un témoignage de première main sur la réalité de la guerre menée au Sahel contre le djihadisme international par les forces spéciales. Une tranche de vie écrite sans gras et avec la précision chirurgicale du professionnel qui livre au scalpel un condensé d’analyse et de réflexions personnelles illustrées par des anecdotes de situations vécues. Une forme de « retex », de retour d’expérience sur dix années d’engagement au service de la France. « L’armée a fait de moi ce que je suis »: l’occasion également pour Louis Saillans de rendre hommage à l’institution militaire, creuset national qui permet à tout volontaire, en toute égalité et sans jugement de classe, de s’élever dans l’échelle des valeurs qui fondent un homme. À l’image de Cédric de Pierrepont ou d’Alain Bertoncello que l’auteur a eu sous ses ordres, « de ceux dont on a brisé le moule », dont les obsèques aux Invalides ouvrent le livre sur la réalité ultime et sacrificielle du soldat, et qui, de simples engagés fusiliers marins, aboutissent quelques années plus tard, de marches à gravir en portes étroites, au saint des saints des forces spéciales, au Commando Hubert.

Lire aussi : Colonel Jacques Hogard : « Le rapport Duclert est contestable historiquement » [...]

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« Il sera très long de démonter l’opération Barkhane »

Dans une conférence de presse hier Macron a annoncé le retrait progressif des troupes françaises présentes au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane. Pouvez-vous rappeler rapidement ce qu’est l’opération Barkhane ?

Il faut bien se rappeler que l’opération Barkhane est la continuation de l’opération Serval. Cette dernière, lancée en 2013, a été très courte. Elle avait été mise en place au Mali uniquement pour sauver l’État malien d’une offensive djihadiste qui était sur le point de renverser le pouvoir de Bamako. Le président malien de l’époque avait appelé la France au secours, et François Hollande avait accepté de leur venir en aide pour éviter la propagation des groupes armés islamistes.

En 2014 Serval avait atteint son objectif, mais on s’est ensuite rendu compte que ça ne suffirait pas pour résoudre la situation au Sahel. On le savait déjà, mais il est devenu évident sur le terrain que la problématique était plus large, et qu’il fallait la traiter à l’échelle régionale.

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La reine est cancel, vive le roi !

La reine est cancel, vive le roi ! Fausse alerte, nous n’irons pas jusque-là. La Reine Elizabeth II a été victime de la cancel culture, ce mercredi 9 juin des étudiants de la brillante université d’Oxford ont décroché son portrait des murs d’une salle appartenant à leur association : la Middle common room, invoquant la période coloniale à laquelle son image renvoie. Il fallait s’y attendre, la famille royale est au Royaume-Uni l’institution traditionnelle la plus emblématique du pays. Déjà ébranlée par les accusations de racisme portées par l’actrice américaine Meghan Markle en exil outre-atlantique aux côtés du prince Harry, endeuillée par le décès du Prince Philip, la famille royale se retrouve à nouveau en proie aux tabloïds.

Le groupe d’étudiants responsable de cet outrage est composé d’élèves déjà diplômés, qui suite à un vote interne, ont décidé que ce symbole de la monarchie pouvait être blessant pour une partie des étudiants. La présidente du Magdalen College d’Oxford a rapidement pris ses distances avec l’association d’élèves de son école, en expliquant que leur acte ne représentait pas la politique de l’école, mais a toutefois souligné le droit à « la liberté d’expression et au débat politique ». Elle renchérit en expliquant que le tableau avait été accroché en premier lieu à l’initiative des élèves, en 2013, et qu’il pourrait l’être à nouveau si l’association le votait. Le président de l’association a quant à lui justifié cet acte par une raison purement esthétique : « il y a des endroits plus pertinents pour accrocher ce tableau », ainsi qu’une volonté de créer un « espace neutre » pour les étudiants, « quels que soient leurs antécédents, leurs caractéristiques démographiques ou leurs opinions ». [...]

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Kamala Harris ferme les frontières

Kamala Harris a enclenché la première phase de la politique migratoire « plus humaine » de Biden en s’adressant de manière claire et concise aux Guatémaltèques : « Ne venez pas, ne venez pas, les États-Unis continueront à appliquer leurs lois et à sécuriser leurs frontières… Si vous venez à notre frontière, vous serez refoulés ». Donald Trump… pardon Kamala Harris, s’adressait ainsi aux candidats à l’immigration clandestine, aux côtés du président Alejandro Giammattei, dans le cadre de sa première visite à l’étranger en tant que Vice-présidente des États-Unis.

La vérité c’est que rien n’a vraiment changé sous le mandat de Trump


Joe Biden a effectivement fondé une partie de sa campagne sur cette question de l’immigration. Les démocrates se sont acharnés durant tout le mandat contre le président républicain, en particulier sur sa politique migratoire : les familles séparées à la frontière mexicaine, la tolérance zéro sur l’entrée à la frontière, la construction du mur, ou encore la politique d’immigration au mérite… La vérité c’est que rien n’a vraiment changé sous le mandat de Trump. Il a beaucoup fait scandale, très médiatisé et fustigé par la ligne-éditoriale bien-pensante, mais dans les faits la construction du mur a davantage avancé sous ses prédécesseurs, sa politique méritocratique n’a pas séduit la Cour suprême, les migrants sont tout de même passés. Toutefois des familles ont bien été séparées, d’ailleurs Joe Biden a promis de les rassembler (il n’a certes pas précisé si les rassemblements auraient lieu sur le sol américain ou non). (...)

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Le Hamas amasse

Au moment où sont écrites ces lignes, Israël a reçu la semaine dernière 2 000 roquettes tirées par le Hamas. D’après les médias israéliens, il resterait 28 000 engins à l’organisation palestinienne. Un communiqué de sa branche armée, les brigades Izz al-Din al-Qassam, nous a appris l’usage de missiles A-120, SH85, Q20, M75, J80 et J90, ainsi que des roquettes iraniennes Sejil d’une portée de 120 km. Les Sejil exceptées, toutes les autres sont fabriquées localement par le Hamas. Elles coûtent de 500 à 3 000 dollars chacune, à comparer au coût unitaire des missiles du « dôme de fer » qui a protégé Tel-Aviv toute la semaine, plus proche de 50 000 à 80 000 dollars pièce. L’un dans l’autre, l’opération du Hamas lui a coûté dans les trois millions de dollars de matériel. Quel intérêt? La chaîne israélienne Channel 12 a apporté le 10 mai un début de réponse. L’Iran financerait le Hamas à hauteur d’environ 70 millions de dollars par an. Mais, pour le mois de mai, Téhéran aurait consenti une rallonge de 30 millions à une condition: que le Hamas aide l’Iran à collecter des informations sur les capacités anti-missiles israéliennes et ses emplacements. De ce point de vue, c’est réussi. Le « dôme de fer » a fonctionné en mondovision. 3 millions de dépenses pour 30 millions de revenu : en première analyse, le Hamas a réalisé une marge de 90 % sur le chèque iranien. Dans les faits, cette marge est moindre.

Lire aussi : Israël : « Il est impossible d’affirmer que l’escalade ne va pas se poursuivre »

En premier lieu, Israël a répliqué sérieusement et des tunnels ont été détruits. Il va falloir recommencer à les creuser. En 2014, Israël estimait que les Palestiniens avaient construit 1 300 tunnels pour 1,25 milliard de dollars. Le coût d’un tunnel ressortait donc à environ 961 000 dollars. Mettons que Jérusalem en ait touché 10, c’est 10 millions de plus qu’il faut soustraire du chèque iranien. [...]

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Allemagne : la CDU renforce ses positions

À trois mois et demi des élections fédérales allemandes, le scrutin régional de Saxe-Anhalt a été largement remporté par l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Armin Laschet, nouveau chef du parti et grand prétendant pour la succession d’Angela Merkel à la chancellerie. Avec 37 % des voix, la CDU termine avec 16 points de plus que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le parti eurosceptique de droite. Par rapport aux élections de 2017, le parti majoritaire enregistre donc une progression de six points, alors que l’AfD d’Alexander Gauland recule légèrement.

Ce résultat est un véritable soulagement pour la CDU, dans une période où l’AfD a le vent en poupe dans l’ancienne RDA, et alors que la gestion du Covid-19 par le parti au pouvoir a soulevé des questions chez beaucoup d’Allemands.

La stratégie du parti de Laschet semble donc requérir un grand écart idéologique pour se maintenir au pouvoir

Les élections fédérales sont cependant loin d’être gagnées pour le parti d’Angela Merkel : plusieurs critères favorables ont joué dans ces élections régionales, mais auront beaucoup moins de poids dans les élections de septembre. D’abord, la CDU a bénéficié de la forte popularité du ministre- président de Saxe-Anhalt Reiner Haseloff, tandis qu’Armin Laschet est bien plus contesté au sein de son propre parti. Là où Haseloff est apprécié pour sa ligne conservatrice et ses prises de parole tranchantes – ce qui lui a permis de marquer des points face au parti rival, Laschet perpétue la ligne modérée de la chancelière sortante. Il est notamment contesté par Markus Söder, ministre-président bavarois qui drague l’aile conservatrice du parti. Un duel dont Laschet était sorti vainqueur il y a quelques mois en interne, mais qui menace encore l’unité du parti.

La CDU a aussi fortement bénéficié de sa campagne de barrage contre l’extrême droite, ce qui ne va pas sans rappeler les dernières élections françaises. Or le principal rival de la CDU à l’échelle nationale n’est pas l’AfD, mais plutôt les Verts d’Annalena Baerbock, bien plus populaires en ancienne RFA et que certains sondages ont même donné en tête pour les législatives. [...]

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Éditorial monde de juin : Le cheval de trop

« Nous n’avons jamais produit le geste fondateur que les Pères fondateurs de l’Amérique ont produit en 1787. Il n’y a pas eu de fondation. Nous avons placé tout notre espoir dans le processus et nous avons supposé qu’à un certain point, sans savoir ni quand, ni comment, la fondation allait survenir », expliquait le philosophe Pierre Manent en 2012. La création de l’Union européenne en 1992 n’est pas seulement l’exact contraire d’un geste fondateur, c’est la tentative d’une déconstruction totalement anhistorique. La Fiction des « États- Unis d’Europe » a pourtant eu quelques parrains prestigieux : Victor Hugo en aurait fait la première étape vers une forme d'unification universelle de l’humanité et Napoléon lui-même aurait envisagé de fonder un système politique, légal et judiciaire unique sur le continent.

Oui mais voilà, Napoléon n’a pas fondé les « États-Unis d’Europe » : il a été sacré « Empereur des Français » et a représenté pour la France et pour l’Europe le point de départ d’un nouveau récit historique, liquidant au passage l’archaïque Saint-Empire romain germanique. L’Union européenne a entamé un cheminement inverse. Elle arrache, à mesure que se renforce ce processus d’intégration technocratique, la France et l’Europe à leur histoire, pour consacrer un nouveau zollverein, à l’image de celui de la Prusse des années 1830, et dominé encore économiquement par une Allemagne démographiquement exsangue, qui entraîne avec elle le continent dans un processus d’autodilution, sous le regard béat des dirigeants français : de Chirac à Macron, tous continuateurs de l’entreprise de liquidation commencée par Tonton.

L’Union européenne représente une entreprise radicale de déconstruction de l’imaginaire des sociétés qu’elle a intégrées

Rien ne prouve mieux cette ferveur du reniement que les initiatives imposées au musée des Invalides à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon. Pour rendre hommage à celui qui fut à la fois capable de solder et d’exporter la Révolution, le directeur de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), Éric de Chassey, a donné carte blanche à une brochette d’artistes qui devaient élaborer un parcours d’art contemporain intitulé « Napoléon ? Encore ! » – car on n’a jamais assez d’art contemporain, même au sein d’une nécropole qui abrite le cercueil de Napoléon et les tombeaux de Turenne, Lyautey et Foch. On a donc demandé à un artiste de suspendre au-dessus du tombeau de l’Empereur un squelette de cheval en plastique, qui représenterait Marengo, le cheval « fétiche » de Napoléon.

Un cheval en plastique pour représenter un cheval fictif ? Marengo ne figure pas sur le registre des chevaux de Napoléon, comme le souligne Pierre Branda, historien et directeur du patrimoine de la Fondation Napoléon. On regrette que le squelette ne soit pas fluorescent, cela serait du plus bel effet pour Halloween. L’exposition, qui rassemble des noms aussi connus dans les cercles de l’art contemporain que Marina Abramovic ou Yan Pei-Ming, se veut évidemment innovante, impertinente et a à cœur de déconstruire le mythe de l’Empereur ou de mettre en avant son héritage esclavagiste et colonialiste. On regrettera aussi le manque d’approche genrée et de questionnement féministe dans cette entreprise de déboulonnage de salubrité publique.(...)

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