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Notre correspondant en Israël : « Même les plus optimistes, ne donnent aucune longévité à cette coalition »

Une coalition historique, allant de la gauche à l’extrême droite, vient de voir le jour en Israël pour renverser Benjamin Netanyahu. Ce coup politique est-il une surprise en Israël, et comment cette nouvelle a-t-elle été accueillie ? 

Cela faisait un moment que le camp des « anti-bibi » essayait de se coaliser. On savait que des efforts étaient faits de tous côtés pour tenter de réunir les 61 sièges nécessaires sur les 120 de la Knesset. La vraie surprise vient du retournement du candidat sioniste religieux Naftali Bennett qui, lui, avait signé un papier devant ses électeurs promettant de ne jamais rejoindre son ami Yaïr Lapid (leader du parti centriste Yesh Atid).  

Cette coalition est donc le résultat d’étroites négociations qui aboutissent à un système de rotation pour le Premier ministre, qui sera dans un premier temps Bennett puis Lapid. C’est ce qui a convaincu le leader de la Nouvelle Droite, ancien proche de Netanyahu, d’y prendre part. En prenant cette place, Bennett a trahi une grande partie de son électorat, ce qui risque de créer une grande instabilité. [...]   

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L’Union européenne va verser 15 milliards d’euros aux candidats à l’adhésion, dont la Turquie

Mercredi 2 juin, la Commission européenne a annoncé un nouveau projet d’aide économique à hauteur de 15 milliards d’euros pour la période 2021-2027 destiné aux pays candidats à l’adhésion. Les bénéficiaires seraient les pays des Balkans – l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie – et la Turquie. D’après les mots d’Olivier Varhelyi, commissaire chargé du projet, il s’agit d’« envoyer un signal positif, bienvenu et fort aux pays des Balkans occidentaux et à la Turquie » en finançant un plan d’investissement « essentiel pour soutenir la reprise économique de cette région prioritaire ». En clair, dans un contexte économique difficile, il s’agit de relancer ces économies pour les faire converger à ce qui se fait au sein de l’Union. Le Parlement et le Conseil européen doivent encore approuver cet accord avant que le plan ne soit exécuté.

Évidemment, c’est la présence de la Turquie dans la liste des bénéficiaires qui a fait bondir les commentateurs. Après 30 ans de candidature fortuite, son cas semble intéresser de nouveau l’Union européenne. Son adhésion est-elle pourtant envisageable ? Il n’est pas certain que sa situation économique soit la véritable barrière. Bien au contraire, le PIB turque est loin d’être ridicule, et était classé en 19ème place sur 197 pays par le Fonds monétaire international dans son classement de 2019.

Lire aussi : Pakistan et Turquie : Les réseaux de l’islamisme en France

Non, les raisons qui retiennent encore la Turquie aux portes de l’Union sont toutes autres, et bien plus profondes. Avec deux fois la taille de l’Allemagne, la Turquie représenterait le troisième foyer de population européen, un foyer de 82 millions de musulmans pour qui la religion et l'État ne font qu’un. Le pays est gouverné par le très autoritaire Recep Tayyip Erdo?an qui massacre la minorité kurde à sa frontière et mène une politique expansionniste dans la région, preuve en est l’offensive azéri récente en Arménie. Vis-à-vis de l’Union européenne, il mène une politique de chantage sur la question migratoire en menaçant d’ouvrir ses frontières aux millions de migrants qui s’y entassent, et s’oppose directement à la politique européenne sur la question chypriote.

La situation intérieure est par ailleurs loin de correspondre à l’idéal progressiste et droit-de-l’hommiste de l’Union européenne. Ces cinq dernières années, après le coup d’État raté de 2016, les tensions se sont même accentuées avec des purges et emprisonnements arbitraires sur ordre du pouvoir, alors qu’Erdogan a multiplié les menaces et les insultes envers l’Allemagne, les Pays-Bas et la France. Rappelons qu’il avait publiquement questionné « la santé mentale » du président Emmanuel Macron il y a quelques mois ! [...]

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Le Brésil de Bolsonaro infiltré par le Ku Klux Klan ?

Les chevaliers de « l’Empire invisible » ont-ils infiltré le Brésil du président Jair Bolsonaro ? Depuis le 21 avril dernier, c’est la question que se posent certains médias locaux. Lors d’une manifestation pro-gouvernementale organisée dans un quartier de la périphérie de Porto Alegre, un homme cagoulé et habillé à la manière du Ku Klux Klan a pris publiquement la parole devant une petite assistance. La scène a été filmée et commentée sur les réseaux sociaux de ce pays profondément marqué par l’esclavage. Ce n’est pas la première fois que l’on évoque des liens supposés entre le dirigeant brésilien et ce mouvement raciste, antisémite, anticatholique et anticommuniste fondé au XIXème siècle dans le sud des États-Unis.

https://twitter.com/OOorrer/status/1384993209911238671

« Que sommes-nous venus faire ici aujourd’hui, mes amis ? ». Avant même d’obtenir la réponse de son auditoire, habillé de l’attirail complet du parfait petit klaniste, l’homme renchérit immédiatement : « Nous sommes venus pour mettre fin au communisme ! ». Les applaudissements ne sont pas à la hauteur de l’orateur qui insiste pour que les participants, certains drapés des couleurs nationales, fassent échos à ses propos. La vidéo, qui a été partagée sur les réseaux sociaux et vue des milliers de fois, a fait réagir les autorités locales qui ont lancé une enquête afin d’identifier ce mystérieux personnage. Pour le Mouvement unifié noir ou le collectif Vidas Negras Importam (« La vie des noirs compte »), la messe est dite : le KKK a infiltré le mouvement bolsonariste, jugé par ses détracteurs comme étant sensible aux thèses raciales propagées par cette organisation. Ayant eu pignon sur rue durant toute la première moitié du XXème siècle, les klans ont longtemps joué les « faiseurs de rois » de shérifs, de conseillers municipaux, de gouverneurs et mêmes de présidents aux États-Unis. [...]

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Chine : la fin de l’enfant unique

Face à l’effondrement démographique auquel elle est confrontée depuis les années 90, la Chine était revenue progressivement sur le dogme de l’enfant unique en autorisant les couples de paysans à avoir un deuxième enfant si le premier était une fille. Mais cet allègement n’avait permis d’enrayer ni la chute démographique, ni la disparition des femmes.

Déclin démographique

En 1979, le gouvernement chinois, préoccupé par la croissance trop rapide de sa population, décide de mettre en place la politique « de l’enfant unique ». Cette loi interdit aux couples chinois d’avoir plus d’un enfant. Ce planning familial de masse qui a pris fin en 2015, a eu des conséquences effroyables en termes de violations des droits humains : des centaines de millions d’avortements forcés, même à 8 ou 9 mois de grossesse, sur dénonciation, des enlèvements suivis de tortures, des stérilisation forcées, et la traque des couples contrevenants à la règle. Des récits atroces d’hommes torturés jusqu’à ce qu’ils avouent où se trouve leur épouse enceinte de 7, 8, parfois 9 mois, et qui sera avortée de force une fois retrouvée. Les chiffres officiels du ministère de la Santé chinois font état de 281 millions d’avortements et 516 millions d’opérations de pose de contraceptifs et de stérilisation.

Les couples aisés qui décidaient d’avoir un deuxième enfant, pouvaient payer une amende de plusieurs milliers de dollars pour échapper à l’avortement. Mais la sanction prévoyait également la perte de leur emploi. Durant 30 ans, les couples contrevenants sont traqués par l’armée des 500 000 fonctionnaires et de leurs supplétifs du planning familial. Les sanctions varient selon les régions. Dans les plus pauvres, les amendes sont privilégiées car principale source de revenus de l’administration locale. Et quand les besoins financiers des administrations sont moindres, on passe à l’avortement forcé. [...]

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Rwanda : Macron entre business et repentance

Comment avez-vous accueilli le discours d’Emmanuel Macron à Kigali ce jeudi 27 mai sur la question rwandaise ?

Emmanuel Macron n’a pas employé les termes d’excuses ou de demande de pardon formelle. Au contraire, le président dédouane la France et l’armée française de manière très claire. J’apprécie cette prise de position. Cependant, ce discours est aussi une sorte de numéro d'équilibriste, en fait très macronien, dans lequel on trouve tout et son contraire. En définitive, je ne peux pas applaudir ce discours, même si j’y trouve au moins une phrase qui reflète l’exacte vérité sur les soldats que nous étions et que nous sommes restés. Je pense que ce discours est une tragédie pour notre image en Afrique, pour nos alliés et amis africains qui sont nombreux : ils ne comprennent pas et sont désarçonnés.

Emmanuel Macron affirme en effet que la France n’a pas été complice mais est responsable politiquement du génocide rwandais. Que cela signifie-t-il ? Le rejoignez-vous sur ce point ?

Comme toujours chez Macron, et c’est un malheur, le « en même temps » lui fait dire tout et son contraire. « Ceux dont nous n’avons pas écouté la souffrance... » : je suis désolé mais c’est faux. Et plus loin : « La France a un devoir de regarder l’histoire en face et de reconnaître la part de souffrances qu’elle a imposée ». Cette phrase qui me fait m’étouffer d’indignation et de colère parce que la France n’a imposé aucune souffrance au peuple rwandais, qui se l’est infligée lui-même. Ce génocide est une affaire de Rwandais contre Rwandais. Le rôle des grandes puissances n’a pas été brillant, mais la France a probablement été le seul pays à s’être élevé pour essayer d’atténuer la guerre civile provoquée par Paul Kagamé lui-même. Quand Macron dit que « la France endosse une responsabilité accablante dans un engrenage qui aboutit au pire, alors même qu’elle cherchait à l'éviter », de quelle responsabilité accablante parle-t-il ? Personne n’est capable de l’expliquer. Pour résumer, nous demandons pardon alors que nous n’avons rien fait, qui plus est à un régime qui a toutes les raisons de se reprocher la responsabilité de ce drame. Tout ça pour des raisons bassement matérielles et financières.

La France n’a imposé aucune souffrance au peuple rwandais, qui se l’est infligée lui-même

Ces propos reprennent-ils totalement le contenu du rapport qui lui a été remis il y a quelques mois ? Quelle est l’objectivité de ce rapport, alors qu’un autre rédigé en 1998 par Paul Quilès, Pierre Brana et Bernard Cazeneuve n'incriminait pas la France ?

J’ai moi-même été interrogé par cette mission, créée après une initiative parlementaire, qui a réalisé un travail considérable (5 volumes de résultats d’entretiens, d'enquêtes et leurs conclusions) : si elle n'exclut pas des erreurs politiques, comme la confiance accordée par la France à l’ONU pour rétablir la paix dans le pays, elle statue sur l’exonération complète de la France de toute forme de complicité, fait sur lequel tout le monde s’accorde d’ailleurs aujourd’hui.

Je considère le rapport Duclert comme partiel et partial. C’est un rapport politique demandé par M. Macron, comme il venait de commander le rapport sur l’Algérie à Benjamin Stora (rapport partial et engagé de même). Lié à des organisations comme « Survie » ou « Ibuka », proches du régime de Kagamé, il est rempli d’une grande animosité envers la France. Le principal reproche que j’adresse au rapport Duclert est son abstraction du contexte : il a été rédigé par 16 ou 17 historiens dont aucun ne connaissait la région des grands lacs, la problématique régionale ou locale. Ils ont travaillé pendant deux ans uniquement sur les archives françaises et ne prennent en compte ni le contexte général ni les rôles des autres acteurs internationaux. De plus, il l’ont remis à Macron comme à Kagamé: quel signe d'allégeance extraordinaire.(...)

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Charles Millon sur le Rwanda : jeu, set et match pour Kagamé

Dès les années 1980, à la tête d’un Front patriotique rwandais fabriqué de toutes pièces, Paul Kagamé à partir de l’Ouganda voisin où il s’est installé, organise la déstabilisation du pouvoir en place au Rwanda, suscitant de fait une première guerre civile et sa prise de contrôle d’une partie du pays. Trois ans plus tard survient l’immonde boucherie qui a vu s’entretuer Hutus et Tutsi, deux ethnies ancestralement installées au Rwanda, pays assez éloigné de la zone d’influence française, mais lié par un accord de coopération et d’assistance militaire depuis 1975. Paul Kagamé prend le pouvoir, et ne lâchera plus jamais.

On doit reconnaître à l’inamovible Président du Rwanda, Paul Kagamé, une ténacité à nulle autre pareille et une persistance absolue à vouloir revisiter l’histoire. Révolutionnaire dans les années 80, il a endossé depuis le déguisement d’un redresseur de torts, qui dissimule sous sa cape de Zorro l’uniforme du militaire/chef des services secrets qu’il a toujours été. [...]

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Alerte rouge en Chine : arrestation d’un évêque et d’ecclésiastiques
Le 21 mai dernier, la police a arrêté dans la ville de Xinxiang, à l’ouest de la capitale chinoise, Monseigneur Joseph Zhang Weizhu. Ayant déjà été derrière les barreaux en 1998 et en 2001, l’homme âgé de 63 ans a toujours refusé de s’affilier à l’Association patriotique des catholiques chinois (APCC), qui veille au respect de l’idéologie communiste au sein de l’Église. Sa résistance, l’élevant au rang de dissident, représente un danger pour le pouvoir en place, qui a donc décidé de le boucler [...]
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L’énigme de Sfax : une filière migratoire prospère

En plein centre-ville de Sfax, une villa blanche et d’apparence délabrée semble à l’abandon. Mais à observer de près, on distingue quelques mouvements suspects : Moncef dit le « Manchot », pour avoir perdu un bras dans une course poursuite avec la police passe ici tous les après-midi, presqu’à la même heure. « Au coucher du soleil », sourit-il, narquois. Dans l’argot du monde de l’immigration clandestine, on l’appelle la « taupe souraka » : il est l’intermédiaire entre le passeur en chef et les candidats à la traversée. Chaque jour, l’homme d’une quarantaine d’années apporte des nouvelles sur la prochaine embarcation : la date probable, les informations pratiques, des précisions sur la météo lors de la traversée. Une séance pieusement suivie par la centaine de personnes qui s’entassent, pour un dinar (20 centimes d’euro), dans ce qui est appelé le « Bunker ». Coût de la traversée ? 4 500 dinars (1 500 €). En ce début avril, le mot d’ordre est à la patience, mais le Manchot est porteur, ce Vendredi saint pour les catholiques, d’une bonne nouvelle : « Le ramadan est une période propice et favorable ».

La France dispose d’un généreux système social et d’un mécanisme d’asile

Ce mois est en effet « une aubaine pour les lampas (diminutif donné aux bateaux de migrants en référence à Lampedusa) », selon Kelly qui du haut de ses 36 ans est le chef du Bunker. Le « portier » comme on l’appelle ravitaille les lieux deux fois par jour en vivres et besoins de première nécessité. C’est aussi lui qui organise la sécurité même si pour son confort, il dort chaque soir à Pic Ville, au centre de Sfax. Il y dispose d’une belle maison qu’il a tenu à nous faire visiter : « Je gagne au moins 15 000 € chaque mois », tient-il à préciser. 25 à 30 % de ses activités se font pendant le mois de jeûne musulman. Pour deux raisons : « Les agents de police ont besoin de plus de racket pour la fête de fin du ramadan », selon Kelly qui pense aussi que les privations imposées par le jeûne réduisent la vigilance des gardes-frontières. Pour cette seule période de 29 jours, les passeurs organisent une dizaine de départs : « Nous payons 300 dinars chaque jour à un agent de police pour que le Bunker ne soit pas délogé », précise ce Guinéen, qui estime à 10 000 € le pot-de-vin à verser à des policiers pour une traversée « en toute quiétude ». Si depuis le début des années 2010, le business de l’immigration prospère en Tunisie et à Sfax spécialement, c’est sans aucun doute grâce à la complicité des forces de sécurité, qui ferment les yeux sur la présence de ces aspirants au départ entassés dans le « Bunker » et qui attendent avec impatience et angoisse « la nuit du frigo[...] ».

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