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Éditorial monde #38 : L’Europe après la pluie

En 1942, l’artiste allemand Max Ernst, peintre et sculp­teur dadaïste et surréaliste, achève son tableau L’Eu­rope après la pluie, entamé en 1940, dans la France occupée. Dans le décor couvert de ruines, à la fois organique, minéral et végétal, on distingue quelques figures humaines se détachant d’un paysage corrodé qui s’ap­parente tout autant à un charnier qu’à la terre retournée par les bombardements. En 1942, Ernst évoque à travers cette repré­sentation cauchemardesque une Europe ravagée par la guerre et interroge : quelle humanité émergera dans les ruines de « l’Europe après la pluie » ?

Nous ne sommes pas en 1945, n’en déplaise à Klaus Schwab et Thierry Malleret, auteurs de The Great Reset, publié sous l’égide du Forum Économique de Davos, au cours de l’été 2020, pour lesquels « la catastrophe écono­mique globale à laquelle nous sommes confrontés est la plus pro­fonde enregistrée depuis 1945 ». Les auteurs de cet ouvrage, qui a suscité de fortes réactions et engendre nombre de théories conspirationnistes, n’en sont eux-mêmes pas à une outrance près pour justifier leur propos. La pluie qui s’est abattue sur l’Eu­rope en 1939-1945, et même celle qui déferla avec la Première Guerre mondiale et l’épidémie de grippe espagnole, font passer pour une giboulée la pandémie de Covid-19. [...]

Afrique du Sud : bienvenue à Orania ?

« Je vous écris afin de connaître les terrains résidentiels sont disponibles à Orania. Comme elle fait partie intégrante de l'Afrique du Sud, je suppose qu'Orania est ouverte aux personnes de toutes races ». Début décembre, Deshi Ngxanga a adressé un courrier à la municipalité de ce bastion afrikaner de 2000 habitants. Tous blancs. «Veuillez me faire part des parcelles disponibles et de leurs différents coûts. J’ai envie d’y construire ma maison et d’emménager dès que possible. J’adresse également une copie de ce courrier à mes avocats afin que nous puissions intenter une action en justice si l’on devait me refuser la résidence à Orania en raison de la couleur de ma peau », précise également l’actuel secrétaire de l’African national congress (ANC) pour la province du Cap-Nord.

Début décembre, Deshi Ngxanga a adressé un courrier à la municipalité de ce bastion afrikaner de 2000 habitants. Tous blancs.

Mettant sous pression la municipalité afrikaner, Deshi Ngxanga ne cache pas son intention de mettre fin à cette « incongruité anachronique », dernier vestige de l’ancien régime de ségrégation raciale tombé en 1994.

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Dictature 2.0 : de Big Brother au Soft power

La domination du parti sur le peuple s’accentue à travers l’usage des technologies de surveillance numérique. La presse sous contrôle permet de désigner des boucs émissaires qui seront emprisonnés, à l’image du journaliste Wang Xiaolu et des avocats du cabinet Fengriu. Dès 1998, la Chine a lancé le projet « Bouclier doré » : un programme de maîtrise complète d’internet qui permet de censurer le web. L’intelligence artificielle est perçue non seulement comme un vecteur d’évolution économique mais aussi comme un futur instrument de soumission.

Lire aussi : Une nouvelle traduction du Thursday de Chesterton [...]

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Les critiques essais monde du mois #37

LES TOUT PETITS PRINCES

Les Rois éphémères de Philippe Delorme, Éditions du Cerf, 296 p., 20 €

Si beaucoup de monarques ont laissé leur empreinte dans l’histoire, il en est d’autres qui se sont perdus dans les oubliettes du passé et que le destin a effacés de nos mémoires. De Romulus Augustule, ultime césarion romain à Jean-Paul Ier dont plus personne n’évoque la figure spirituelle, en passant par l’Aiglon, ce Napoléon II qui régna à peine quinze jours, l’historien Philippe Delorme égrène la vie de ces souverains d’Europe, d’Asie, d’Amérique du Sud ou d’Afrique. Une cinquantaine de portraits savamment choisis d’hommes emportés par la maladie, victimes d’une révolution, morts prématurément au combat ou dans des conditions mystérieuses. Notre chroniqueur ajoute à sa longue liste de monarques des aventuriers truculents, inconnus du grand public, tels que Jacques Ier, empereur du Sahara, ou encore Marie Ier, roi des Sedangs. Ce voyage dans le temps est une belle découverte pour tous les passionnés d’histoire. Il met à nu « toute la précarité et la vanité des gloires humaines ». Frédéric de Natal

Lire aussi : Les Hurons : Une révolte française contre l’Amérique[...]

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Les Hurons : Une révolte française contre l’Amérique

Vous commencez par une généalogie de l’atlantisme à la française : vous utilisez l’expression étonnante de « pères fondateurs de l’ultratlantisme ». De qui s’agit-il ?

« Les pères fondateurs » est une expression typique du patriotisme biblique américain. Par mimétisme, les dirigeants européens l’ont reprise pour réenchanter « le narratif » de la construction européenne. Quant à l’ultratlantisme, c’est ce désir chez beaucoup d’Européens de transposer leurs idéaux en Amérique et de conjurer leurs citoyens de rester fidèles aux promesses d’une société nouvelle, plus libre, plus heureuse, plus pure. Ce sont des Européens qui se veulent plus américains que les Américains eux-mêmes, ce qui a été particulièrement saillant pendant ces quatre années de trumpisme.

Nous avons pensé qu’ajouter le préfixe « ultra » pouvait aussi souligner l’aspect extrême de leur position. Quant au choix des personnalités, il y a des incontournables comme La Fayette et Jean Monnet et d’autres plus inattendus et moins importants parmi l’immense cortège des Français fascinés par la société américaine. Au centre de l’échiquier politique, où se trouvent la plupart de ces acteurs, on milite dans un premier temps pour une alliance franco-américaine et puis, avec le temps, en faveur d’un gouvernement mondial inspiré du système libéral américain. [...]

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Centrafrique : Jean-Serge, Bokassa deuxième ?

Jean-Serge Bokassa souhaite suivre les traces de son père et se rêve en homme providentiel : infatigable, il enchaîne les meetings au nom du mouvement Kodro Ti Mo Koso Si (« Ton pays avant tout » ou MKMKS) et surfe sur l’héritage réhabilité de son père, évoquant une époque où la Centrafrique ne connaissait aucun problème ethnique, ni séparatisme, ni anarchie politique (faute d’opposition réelle). Un pays mis sous perfusion par la France qui n’avait pas hésité à passer à la caisse pour payer le sacre de « Papa Bok’ Ier ».

Lire aussi : Centrafrique : le retour d’un Bokassa

Ironie de l’histoire, son dossier de candidat à l’élection présidentielle a été validée par le Conseil constitutionnel au même moment du décès du président Valéry Giscard d’Estaing, le tombeur de son père. Jean-Serge n’est pas pour autant nostalgique de l’empire défunt et, comme l’indique un des communiqués de son parti, il « travaille à la reconquête de la dignité du peuple centrafricain».  Il s’est engagé en politique au début des années 2000, a été député puis ministre de la Jeunesse et des sports entre 2011 et 2013. Sa participation à l’élection présidentielle de 2015, où il obtient 7% des voix, et son alliance avec l’actuel dirigeant centrafricain lui permirent d’obtenir le maroquin de l’Intérieur en 2016. [...]

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De l’importance d’être Conservateur

Au printemps dernier, Boris Johnson était sévèrement frappé par le coronavirus. Il s’en est sorti et a pu quitter l’hôpital à temps pour accueillir son nouveau-né dont l’un des prénoms, Nicholas, est un hommage aux deux médecins homonymes que le Premier Ministre britannique crédite de lui avoir sauvé la vie. Boris Johnson s’en est sorti. Mais on murmure que cette épreuve l’a affaibli. De fait, il lui arrive ces temps-ci de laisser son auditoire coi.

À la conférence annuelle du parti Tory, revenant sur le fait qu’il avait contracté le virus, il a déclaré tout de go : « Mes amis, j’étais trop gros », avant d’annoncer à ses électeurs qu’il avait, depuis, perdu 12 kilos… Sa nouvelle silhouette ne parlant pas d’elle-même, c’était une info, mais le scoop a pu sembler hors de propos vu la crise économique qui couve, doublée des complexes négociations en cours sur le Brexit. Dans son discours, Johnson a aussi insisté sur sa passion du moment : le vent. « Le Royaume-Uni sera au vent ce que l’Arabie saoudite est au pétrole : une terre de ressources illimitées », a-t-il claironné. Autour de son île, il veut couvrir l’horizon maritime de champs d’éoliennes offshore. Pour la conservation des paysages, on repassera. Quant aux restrictions drastiques des libertés individuelles pour contenir la propagation du virus, elles n’ont rien à envier à nos couvre-feux, et désespèrent les électeurs tory soucieux du live and let live.

L’artisan du triomphe historique des Conservateurs aux élections de décembre 2019 est méconnaissable. BoJo aurait perdu son mojo. Et le travailliste de base de demander, sarcastique, à son ami tory : « Alors, tu regrettes d’avoir voté pour un gouvernement conservateur ? » À quoi le tory de base, éprouvé aux sarcasmes, réplique : « Je regrette de ne pas avoir un gouvernement conservateur ». [...]

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Congrès de la CDU : on demande une boussole

Il y a eu un premier ratage : après son élection au congrès de décembre 2018, Annegret Kramp-Karrenbauer, la candidate d’Angela Merkel, n’a pas réussi à établir son autorité sur le parti et déclaré en février qu’elle renonçait. Depuis, la direction du parti est un bateau ivre. Un nouveau congrès a été fixé en avril, mais il a été repoussé pour cause de pandémie (deuxième ratage). Celui de janvier s’annonce cocasse : réduit à une journée, badges couineurs à moins d’un mètre cinquante de distance, congrès en ligne en cas d’aggravation de la contamination. Plus grave, il n’y aura pas de débat sur le programme du parti avant la campagne pour les élections générales de 2021. Il se réduit à un concours de beauté entre les candidats.

Les 1001 délégués des fédérations régionales de la CDU décideront. L’heureux lauréat est quasi assuré d’être le successeur de Merkel. Mais le choix est-il si important ? On a dit que dans les circonstances actuelles, un mannequin serait élu président et dans la foulée chancelier. Le système politique allemand, qui est une émanation des grands partis actuellement en crise, ne favorise pas l’originalité, l’imagination, l’audace ou la rupture.

Du Merkel sans Merkel ?

Trois candidats se sont déclarés : Norbert Röttgen, Armin Laschet et Friedrich Merz. Trois hommes de l’Ouest, catholiques, quinqua-sexagénaires (après l’interminable règne d’Angela Merkel et le passage-éclair d’AKK), dont deux apparatchiks de la CDU du plus gros Land de la RFA, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (un ancien patron de la CDU du Land et son premier ministre actuel), et Merz en a été député. Or ce Land envoie au congrès un bon tiers des délégués. Adieu l’Est incontrôlable et son élue mal aimée, retour à l’Ouest rassurant d’Adenauer et Kohl. Aucun des candidats n’attaque (plus) la chancelière encore en poste, qui a survécu à toutes les crises et reste populaire dans les sondages. À part leurs caractères, les différences ne sautent pas aux yeux. Merkel l’a rappelé, la doxa des « valeurs » est intouchable. [...]

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