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Qui est Laurence Fox ?

Laurence Fox a un physique d’acteur. Ce quarantenaire a derrière lui une belle carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il est devenu un visage familier des Britanniques pour son rôle de détective dans la série policière Lewis, à l’écran pendant dix ans. Il a incarné toutes sortes de personnages, jusqu’aux plus officiels, le roi George VI, le prince Charles et même le Général de Gaulle. Sa dernière performance dans la série Netflix White Lines le montrait dans la peau d’un hippy new-age.

Fox a un physique d’acteur et une certaine audace. Aussi, le 16 janvier dernier, a-t-il proféré l’indicible, en direct sur la BBC. L’acteur n’a pas tremblé avant de franchir la limite de l’acceptable. Fox, à la télévision nationale, et sans rougir, a dit les mots illicites : « Nous sommes le pays le plus magnifique et le plus tolérant d’Europe ». Faut-il avoir pactisé avec le diable pour dire des horreurs pareilles ?

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Gladden Pappin : « Délégitimer Trump et ses partisans a fait naître un ressentiment très profond »

Pouvez-vous nous résumer ce qui s'est passé mercredi soir à Washington ?

Il y a eu deux évènements importants ces derniers jours dans la vie politique américaine. Mardi 5 janvier se tenait le second tour des élections en Géorgie, qui ont vu les Démocrates gagner le siège dont ils avaient besoin pour contrôler le Sénat. Cela a accru la tension avec les partisans de Donald Trump, lesquels se sont réunis à Washington. Le lendemain 6, le Congrès devait ouvrir les bulletins de vote de chacun des cinquante États, et c’est alors que les événements que tout le monde a vu se sont produits. La sécurité au Capitole des États-Unis ne s'attendait pas à une foule agressive : dans l'ensemble, les partisans de Trump sont des partisans de l'ordre et manifestent pacifiquement. Cependant, certains dans la foule ont souhaité faire un plus grand spectacle.

Ils ont rapidement submergé le périmètre du Capitole, et la police ne savait pas comment répondre. Ce qui était en train de se dérouler n’était pas clair, et les membres des forces de l’ordre pouvaient tout à fait supposer que c’était un mouvement violent, raison pour laquelle il y a eu des coups de feu tirés. Mais ensuite, il est devenu clair que ça n’était pas le cas, lorsque des personnes déguisées sont entrées dans l’hémicycle du Sénat pour prendre des photos. Le résultat, c’est une scène terrible pour la politique américaine, et très étrange. Plutôt qu’une insurrection violente ou une émeute, c’était comme un spectacle pour réseaux sociaux, avec ces gens qui traversaient la Chambre du Congrès et se prenaient en photos. C’était à la fois un acte terrifiant et un divertissement pour les réseaux sociaux. [...]

Éditorial monde #38 : L’Europe après la pluie

En 1942, l’artiste allemand Max Ernst, peintre et sculp­teur dadaïste et surréaliste, achève son tableau L’Eu­rope après la pluie, entamé en 1940, dans la France occupée. Dans le décor couvert de ruines, à la fois organique, minéral et végétal, on distingue quelques figures humaines se détachant d’un paysage corrodé qui s’ap­parente tout autant à un charnier qu’à la terre retournée par les bombardements. En 1942, Ernst évoque à travers cette repré­sentation cauchemardesque une Europe ravagée par la guerre et interroge : quelle humanité émergera dans les ruines de « l’Europe après la pluie » ?

Nous ne sommes pas en 1945, n’en déplaise à Klaus Schwab et Thierry Malleret, auteurs de The Great Reset, publié sous l’égide du Forum Économique de Davos, au cours de l’été 2020, pour lesquels « la catastrophe écono­mique globale à laquelle nous sommes confrontés est la plus pro­fonde enregistrée depuis 1945 ». Les auteurs de cet ouvrage, qui a suscité de fortes réactions et engendre nombre de théories conspirationnistes, n’en sont eux-mêmes pas à une outrance près pour justifier leur propos. La pluie qui s’est abattue sur l’Eu­rope en 1939-1945, et même celle qui déferla avec la Première Guerre mondiale et l’épidémie de grippe espagnole, font passer pour une giboulée la pandémie de Covid-19. [...]

Afrique du Sud : bienvenue à Orania ?

« Je vous écris afin de connaître les terrains résidentiels sont disponibles à Orania. Comme elle fait partie intégrante de l'Afrique du Sud, je suppose qu'Orania est ouverte aux personnes de toutes races ». Début décembre, Deshi Ngxanga a adressé un courrier à la municipalité de ce bastion afrikaner de 2000 habitants. Tous blancs. «Veuillez me faire part des parcelles disponibles et de leurs différents coûts. J’ai envie d’y construire ma maison et d’emménager dès que possible. J’adresse également une copie de ce courrier à mes avocats afin que nous puissions intenter une action en justice si l’on devait me refuser la résidence à Orania en raison de la couleur de ma peau », précise également l’actuel secrétaire de l’African national congress (ANC) pour la province du Cap-Nord.

Début décembre, Deshi Ngxanga a adressé un courrier à la municipalité de ce bastion afrikaner de 2000 habitants. Tous blancs.

Mettant sous pression la municipalité afrikaner, Deshi Ngxanga ne cache pas son intention de mettre fin à cette « incongruité anachronique », dernier vestige de l’ancien régime de ségrégation raciale tombé en 1994.

Dictature 2.0 : de Big Brother au Soft power

La domination du parti sur le peuple s’accentue à travers l’usage des technologies de surveillance numérique. La presse sous contrôle permet de désigner des boucs émissaires qui seront emprisonnés, à l’image du journaliste Wang Xiaolu et des avocats du cabinet Fengriu. Dès 1998, la Chine a lancé le projet « Bouclier doré » : un programme de maîtrise complète d’internet qui permet de censurer le web. L’intelligence artificielle est perçue non seulement comme un vecteur d’évolution économique mais aussi comme un futur instrument de soumission.

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Les critiques essais monde du mois #37

LES TOUT PETITS PRINCES

Les Rois éphémères de Philippe Delorme, Éditions du Cerf, 296 p., 20 €

Si beaucoup de monarques ont laissé leur empreinte dans l’histoire, il en est d’autres qui se sont perdus dans les oubliettes du passé et que le destin a effacés de nos mémoires. De Romulus Augustule, ultime césarion romain à Jean-Paul Ier dont plus personne n’évoque la figure spirituelle, en passant par l’Aiglon, ce Napoléon II qui régna à peine quinze jours, l’historien Philippe Delorme égrène la vie de ces souverains d’Europe, d’Asie, d’Amérique du Sud ou d’Afrique. Une cinquantaine de portraits savamment choisis d’hommes emportés par la maladie, victimes d’une révolution, morts prématurément au combat ou dans des conditions mystérieuses. Notre chroniqueur ajoute à sa longue liste de monarques des aventuriers truculents, inconnus du grand public, tels que Jacques Ier, empereur du Sahara, ou encore Marie Ier, roi des Sedangs. Ce voyage dans le temps est une belle découverte pour tous les passionnés d’histoire. Il met à nu « toute la précarité et la vanité des gloires humaines ». Frédéric de Natal

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Les Hurons : Une révolte française contre l’Amérique

Vous commencez par une généalogie de l’atlantisme à la française : vous utilisez l’expression étonnante de « pères fondateurs de l’ultratlantisme ». De qui s’agit-il ?

« Les pères fondateurs » est une expression typique du patriotisme biblique américain. Par mimétisme, les dirigeants européens l’ont reprise pour réenchanter « le narratif » de la construction européenne. Quant à l’ultratlantisme, c’est ce désir chez beaucoup d’Européens de transposer leurs idéaux en Amérique et de conjurer leurs citoyens de rester fidèles aux promesses d’une société nouvelle, plus libre, plus heureuse, plus pure. Ce sont des Européens qui se veulent plus américains que les Américains eux-mêmes, ce qui a été particulièrement saillant pendant ces quatre années de trumpisme.

Nous avons pensé qu’ajouter le préfixe « ultra » pouvait aussi souligner l’aspect extrême de leur position. Quant au choix des personnalités, il y a des incontournables comme La Fayette et Jean Monnet et d’autres plus inattendus et moins importants parmi l’immense cortège des Français fascinés par la société américaine. Au centre de l’échiquier politique, où se trouvent la plupart de ces acteurs, on milite dans un premier temps pour une alliance franco-américaine et puis, avec le temps, en faveur d’un gouvernement mondial inspiré du système libéral américain. [...]

Centrafrique : Jean-Serge, Bokassa deuxième ?

Jean-Serge Bokassa souhaite suivre les traces de son père et se rêve en homme providentiel : infatigable, il enchaîne les meetings au nom du mouvement Kodro Ti Mo Koso Si (« Ton pays avant tout » ou MKMKS) et surfe sur l’héritage réhabilité de son père, évoquant une époque où la Centrafrique ne connaissait aucun problème ethnique, ni séparatisme, ni anarchie politique (faute d’opposition réelle). Un pays mis sous perfusion par la France qui n’avait pas hésité à passer à la caisse pour payer le sacre de « Papa Bok’ Ier ».

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Ironie de l’histoire, son dossier de candidat à l’élection présidentielle a été validée par le Conseil constitutionnel au même moment du décès du président Valéry Giscard d’Estaing, le tombeur de son père. Jean-Serge n’est pas pour autant nostalgique de l’empire défunt et, comme l’indique un des communiqués de son parti, il « travaille à la reconquête de la dignité du peuple centrafricain».  Il s’est engagé en politique au début des années 2000, a été député puis ministre de la Jeunesse et des sports entre 2011 et 2013. Sa participation à l’élection présidentielle de 2015, où il obtient 7% des voix, et son alliance avec l’actuel dirigeant centrafricain lui permirent d’obtenir le maroquin de l’Intérieur en 2016. [...]

L’Incorrect

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