
À l’heure du bilan d’une guerre, les historiens ont l’habitude se demander en premier lieu qui en est responsable. Ici, la réponse évidente est: la Russie, puissance impérialiste qui tyrannise un petit frère en quête d’indépendance selon des motifs manifestement délirants, comme celui de la dénazification. Cette réponse est aussi correcte qu’incomplète. La vague de condamnation qui a parcouru l’Europe envers Vladimir Poutine s’explique en grande partie par l’effroi d’un continent redevenu immature politiquement devant l’irruption de l’histoire à ses portes. Bien sûr, il y a encore de la bonne santé dans ce raidissement, au moins la volonté de ne pas être écrasé sans un geste. Il y a aussi beaucoup d’aveuglement, d’hémiplégie mentale. Car si Poutine n’a eu besoin de personne pour devenir un autocrate, de nombreuses incompréhensions, des erreurs occidentales ainsi que les héritages de l’histoire l’ont aidé à devenir un autocrate sanguinaire.
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L’entente impossible
Impossible d’expliquer le déferlement d’acier du 24 février sans en revenir à la naissance de la Russie moderne, quand le monde libre triomphait de l’URSS.…








