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Brexit : leçons provisoires
Le feuilleton Brexit est loin d’être terminé ; au Royaume dit Uni il tourne au psychodrame. Mais dès maintenant, quelques leçons peuvent cependant être tirées. On peut déjà être tenté de conclure qu’une sortie de l’Union européenne s’avère irréalisable, ou proche du tour de force. La réponse me paraît être que non. Mais c’est sûrement difficile, et il faut s’y prendre avec soin. Les Britanniques avaient un atout majeur : ils n’étaient pas dans la zone euro. Pas besoin de changement de monnaie. Et finalement leur négociation avec l’Union européenne a pu se dérouler presque sans encombre sur la plupart des points - sauf un, l’Irlande. Des problèmes apparemment intraitables comme le statut des personnes ou le sort du secteur financier ont fait l’objet de pistes d’accords. Des compromis certes, mais acceptables pour les deux parties.
Rohingyas : lutte contre « l’islamisme » ou « génocide » ?
Présentés comme essentiellement victimes des persécutions de l'armée birmane, plusieurs centaines de milliers de Rohingyas musulmans vivent actuellement dans des camps de réfugiés au Bangladesh depuis 2017. Installé en Asie, Didier Treutenaere révèle dans un ouvrage les biais des médias occidentaux. Qui sont les Rohingyas ? Oumma.com, premier site islamique francophone, a fréquemment insisté sur leur islamité, soulignant la mobilisation du « monde musulman » dans son ensemble à leur profit. Plusieurs auteurs ont quant à eux souligné la négation de l'identité des Rohingyas par l’État birman : je pense en particulier  au livre d'un certain « Habiburahman », rédigé par la journaliste Sophie Ansel, dont le titre est évocateur (Rohingya, tu n'existes pas !, aux éditions La Martinière). L'identité des Rohingyas est visiblement un enjeu, mais que cachent ces controverses ? La question de l'identité des « Rohingyas » est fondamentale, au point que l'utilisation-même de cette étiquette fait l'objet d'un violent rejet de la part de la majorité de la population comme du gouvernement du Myanmar ; le moindre emploi de ce mot par des organes de l'ONU ou des diplomates étrangers fait l'objet de virulentes réactions. La raison, que la bien-pensance étrangère fait mine de ne pas comprendre, en est simple : le Myanmar, composé à 30 % d'une multitude (135) de minorités ethniques « de souche », ne peut refuser à ces ethnies une certaine autonomie (le degré d'autonomie étant au cœur du débat politique) sans prendre le risque d'une prolongation à l'infini des puissantes rébellions armées qui déchirent le pays depuis plus d'un demi-siècle ; si les « Rohingyas » étaient reconnus comme une ethnie de souche du Myanmar, ils pourraient prétendre à une autonomie de la zone où ils sont majoritaires, et y construire, c'est l'une de leurs revendications, un dar-al-islam, un « foyer islamique » homogène, débarrassé des « infidèles » et appliquant la loi coranique, [...]
Olivier Delorme : « La Grèce a perdu l’essentiel de ses marges de manœuvre en politique extérieure »
Grèce et les Balkans (Gallimard). Il nous répond depuis sa résidence de Nisyros dans le Dodécanèse et dresse le bilan de la politique étrangère d’Alexis Tsipras, à moins d’un an des législatives de 2019. La Grèce fait géographiquement partie des Balkans et pourtant, elle semble à part… Est-ce un cliché occidental ? Si géographiquement la Grèce constitue bien l’extrémité méridionale de la péninsule balkanique, culturellement et géopolitiquement, il en va autrement. D’abord parce que l’hellénisme, fondé sur une continuité de la langue de 1 500 ans, hérité de l’Antiquité et des mille ans d’Empire byzantin, a façonné une orthodoxie qui déborde largement les Balkans. Aussi, depuis l’indépendance de la Grèce en 1830, une partie des Grecs refusent-ils de se voir enfermés dans un petit État balkanique qui perdrait la dimension universelle de l’hellénisme. Situés à un carrefour entre les Balkans à majorité slave, l’Europe occidentale à laquelle la Grèce a fourni ses « fondamentaux » (sans effacer la coupure entre Empires romains d’Occident et d’Orient, ravivée par le schisme entre Rome et Constantinople) et un Proche-Orient à majorité musulmane, les Grecs n’ont cessé d’inscrire leur destin dans une Méditerranée ouvrant sur le reste du monde, tout en se voyant à la fois comme un pont entre ces univers et un rempart pour l’Europe, dont les Occidentaux se montrent incapables de comprendre l’importance et les problèmes. Est-ce pour cela que l’Union Européenne n’a pas compris pourquoi la Grèce avait porté au pouvoir un populiste de gauche qui souhaitait se rapprocher de Moscou ? Avec pour thème central le retour à la « dignité », Syriza a constitué une alternative « patriotique » plus que populiste. Mais en acceptant (malgré les 61,3 % du « Non » au référendum de l’été 2015) les mêmes diktats européens que les partis qu’il avait battus, Syriza s’est trouvé frappé du même discrédit. Le gouvernement Tsipras y a en outre perdu (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Tony Sewell : « Ni la pauvreté, ni la race, ni le genre, ne sont des barrières à la réussite »
Tony Sewell a fondé en 2005 Generating Genius, une œuvre destinée à aider les jeunes d’extraction modeste à intégrer les universités les plus prestigieuses. En 2012, Boris Johnson l’a chargé de l’Enquête sur l’Éducation à Londres. En 2016, la reine l’a décoré du titre de Commandeur de l’Empire Britannique. Tony Sewell déplore la tartuferie de l’anti-racisme qui empoisonne les politiques publiques depuis les années 90. À peine installé, Tony Sewell aborde le problème de la crispation du débat politique… Le Brexit et l’élection de Trump ont terriblement envenimé le débat. Je n’ai jamais connu une telle tension. Jusque dans ma propre famille, je suis regardé bizarrement. Être noir et conservateur est considéré comme une hérésie, comme si votre couleur de peau déterminait vos idées politiques ! Voilà où nous en sommes. Pour parler crûment, un Noir conservateur, c’est un peu l’Oncle Tom soumis au lavage de cerveau des Blancs, une sorte de traître à la cause. Il semblerait que la jeune noire américaine Candace Owens, en prenant fait et cause pour Donald Trump, ébranle l’électorat noir des démocrates. Les choses changent, non ? Ici aussi la situation évolue du fait que la population noire n’est plus la même. Dans les années 50 et 60, elle était essentiellement issue des Caraïbes, Jamaïque et Trinidad ; aujourd’hui la majorité vient d’Afrique de l’Ouest, Nigéria et Somalie. C’est une population plus conservatrice. Il y a aussi, aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, l’émergence d’une classe moyenne noire qui ne se reconnaît pas dans la gauche. Les conservateurs disposent donc d’un réservoir dormant de voix : celles des Noirs qui soutiennent les travaillistes sans grande conviction. (...) A découvrir dans le dernier numéro de l'Incorrect, et en ligne pour les abonnés.
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Anna Canter, la crème de l’Ukraine
Ukrainienne de cœur et d’esprit, Anna Canter combat depuis vingt ans pour l’indépendance de son peuple. Anna Canter est une amoureuse. Une amoureuse de la cause ukrainienne. De sa coiffure à ses bottes, elle porte le pays lointain. Elle ressemble à ces peintures graphiques et colorées de Malevitch où l’on voit des paysans au labeur, en costumes folkloriques. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, l’amour de l’Ukraine a toujours été au centre de sa vie. Le patriotisme est un récit que l’on cultive en famille. Ce récit débute en 1941 lorsque ses grands-parents, Michel et Maria Styranka, assistent à l’entrée de la Wehrmacht à Kiev. Sans amitié pour les Allemands, ils fêtent toutefois l’effondrement du régime stalinien et la promesse de l’indépendance. Rapidement les patriotes ukrainiens déchantent et encaissent les brutalités des nazis. Pris entre le marteau et l’enclume, les Styranka décident de fuir en 1944 l’avancée soviétique.
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Brexit: Theresa May rejoue Faust et pactise avec le Diable
Après de longs mois de discussions, d’incertitudes, de voltefaces et de démissions, l’Union Européenne et le Royaume-Uni ont enfin signé un premier accord afin de mettre en place ce fameux Brexit. L’affaire est d’importance, et le sujet remplit quotidiennement les pages des journaux outre-Manche, du tabloïd à pin-up au journal du soir à lettres gothiques. On se souvient de ce vote retentissant du peuple britannique qui demandait la sortie de leur pays de l’Union Européenne. On connait moins, peut-être, les innombrables turbulences et retournements de veste qui ont eu lieu depuis. Chaque jour amène son lot de critiques, et le débat reste tendu entre les Brexiters et les Remainers. Le jour même de la signature de l’accord, le secrétaire au Brexit, Dominic Raab et la secrétaire d’Etat au Travail Esther McVey, démissionnent pour montrer leur désaccord.
Trump et Macron : je t’aime … moi non plus
Statut de la relation ? C’est compliqué. Il y a de l’eau dans le gaz entre Emmanuel Macron et Donald Trump. La relation  avait pourtant très bien commencé, chacun trouvant chez l’autre des atouts qu’il n’a pas. Pour Emmanuel Macron, se grandir au côté de Donald Trump, d’apparaître plus fort, plus viril, du côté du clan Trump,  montrer que The Donald était accepté par les têtes d’affiche les plus en vogue de la communauté internationale progressiste, comme « normalisé ». Pour quels motifs les deux hommes se déchirent-ils donc maintenant ?

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