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Les lichens sont-ils de droite ?

Il y a peu de temps, j’étais dans un cimetière. Nous enterrions un mari, un père, un frère, un ami… Le cimetière était petit, villageois et familier?: vieilles tombes au bord de la ruine, marbres modernes luisants et froids, inscriptions lisibles, à moitié effacées ou même fondues, et toutes ces plaques, aux poèmes convenus et navrants.

Alors que nous nous dirigions vers la fosse, nos pas marquant un sol sableux, je regardai les vieilles croix de pierre grise, mate et comme adoucie par le temps. Les lichens jaunes, verts et gris les constellaient discrètement, minuscules galaxies végétales apposées sur un symbole qui défie le temps et l’espace. Elles croissent aussi lentement que la lumière des étoiles lointaines réussit à nous atteindre. [...]

Woke sive natura

Au fond, le wokisme, et par là les théories du genre et autres études postcoloniales, révèle moins un réarrangement de la notion de norme déterminé par le postmodernisme et l’éclatement kaléidoscopique de la vérité sous les coups de marteau de Nietzsche que leur détournement au profit d’une nature hypostasiée à laquelle les wokes laissent libre cours, car, prisonniers d’un naturalisme foncier excluant la morale de la Faute et tout surplomb qui ne soit pas déjà le chaînon d’une causalité infinie, tout à la fin ne peut que se réordonner ici-bas. Tout change et se redéfinit sans cesse, identité, sexualité, race, genre, tout peut changer puisque tout s’équivaut à hauteur de soi. S’il n’y a de nature que ce que nous en faisons, alors il faut admettre que la nature ne peut être abîmée, qu’elle est en son for inaltérable et que rien ne se perd quand tout se transforme.

On pourrait prendre les wokes pour les prolégomènes du post humain, ils sont simplement l'homme réduit à sa dimension d'espèce

C’est une banalité de dire que les wokes refusent le tragique de la condition humaine et qu’ils sont simplement des volontaristes purs asservis par leur ego, tant ce refus par son affirmation grotesque et bruyante ressemble en tout point au refoulement et au déni révélant qu’ils y succombent peut-être plus qu’aucun autre. Le tragique est un ordre païen, l’acceptation que nos actes ne changent jamais rien au destin, qu’il n’existe pas de catastrophes, de crimes, ni de scandales qui ne soient déjà prévus, infoutus de dérouter le fleuve de son cours. Dire que la nature d’un humain est ce qu’il en fait, sans que ce qu’il en fasse puisse l’altérer et la menacer de telle sorte qu’elle puisse être annihilée pour toujours et à jamais, revient à faire de la nature un premier moteur susceptible de n’être appréhendé qu’au travers d’un vocabulaire emprunté à la théologie négative : la nature n’est pas définissable, elle n’est pas mortelle, elle n’est pas circonscrite, elle est infinie, elle ne commence pas ni ne s’achève, la nature c’est Dieu, et ce dieu c’est le monde qui se comprend lui-même et possède ses propres lumières, comme le fou possède sa propre raison qu’il ne peut communiquer à personne, mais dont la logique interne le convainc de n’en être pas dépourvu. [...]

Jean-Marie Hervagault : le premier des faux Louis XVII

Officiellement mort dans la tour du Temple, à Paris, le 8 juin 1795, le dauphin, fils de Louis XVI, a-t-il été placé « dans un lieu sûr et ignoré », en attendant que les événements permettent sa réapparition ? Octobre 1796 : un vagabond d’une quinzaine d’années est condamné à un mois de prison par le tribunal de Bayeux. Il se faisait passer pour « le descendant d’une famille très distinguée, devenue malheureuse par suite des événements de la Révolution ». L’année suivante, il récidive du côté d’Alençon, et se déguise en fille pour mieux assurer son anonymat. Enfin, le 25 mai 1798, le même personnage est arrêté à deux lieues de Châlons-sur-Marne et refuse de livrer son nom : « On le cherche assez, répond-il. On ne l’apprendra que trop tôt ! […] »

Les royalistes champenois chuchotent qu'il est peut-être l'enfant du Temple. Une petite cour se rassemble autour du prisonnier

Jean-Paul Gourévitch : « L’aide publique au développement destinée à freiner l’immigration, c’est résultat zéro »

Pourquoi les chiffres différent-ils tant, sur le coût de l’immigration, selon les experts ?

Parce que nous n’avons pas la même méthodologie. Moi je fais un travail sur les coûts de l’immigration régulière et irrégulière, et sur ceux relevant des investissements consentis par l’État : investissements intérieurs pour améliorer la situation des immigrés en France, extérieurs pour freiner l’immigration, car, dans l’aide publique au développement, une partie est destinée à freiner l’émigration depuis les pays émergents. Or la rentabilité de ces derniers est à peu près nulle, car, au contraire de l’effet recherché, les aides publiques au développement ont développé un désir d’immigration.

C’est la thèse de Stephen Smith dans, La Ruée vers l’Europe. La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent

Il faudrait rendre à César ce qui est à César et à Gourévitch ce qui est à Gourévitch, mais bon, Stephen Smith connaît très bien l’Afrique et est très compétent, je ne peux que me féliciter qu’il ait viré sa cuti et m’ait rejoint.

Ainsi le Haut Conseil des Maliens de France sait combien il y a de Maliens en France, et leur nombre n'a aucun rapport avec les chiffres officiels

Pourquoi l’aide publique au développement renforce-t-elle l’immigration ?

Il y a trois raisons. La première est que, pour que l’immigration soit réussie, il faut avoir quelque chose à vendre au pays dans lequel vous allez vous rendre. Ce peut être votre force de travail, vos capacités intellectuelles, votre volonté de participer au développement du pays dans lequel vous arrivez. L’aide publique au développement a amélioré de façon indiscutable la situation des pays émergents en matière d’éducation. Il y a de plus en plus de diplômés, mais ces pays n’ont pas encore les moyens de donner un emploi aux gens qui sont formés. Donc une fois leur diplôme en poche, ceux-ci n’ont qu’une seule idée : aller vendre leur savoir et leur force de travail ailleurs. […]

Foie gras : les Verts de Californie

« C’est un produit – le foie gras – issu des pires pratiques possibles. Ce n’est pas une tradition française, mais plutôt une honte française de continuer la production de foie gras », a déclaré le tout petit Eric Piolle, maire de Grenoble de son état. Un propos trahissant l’inculture crasse des idéologues d’un parti qui arrive pourtant à diriger de nombreuses grandes métropoles françaises. Eric Piolle a emboité le pas à madame le maire de Strasbourg qui a elle aussi interdit le foie gras. Elle a pris sa décision à la demande de l’association américaine PETA – généralement représentée dans les médias par l’oie blanche Pamela Anderson -, lors de la symbolique « journée mondiale contre le foie gras », estimant en sa qualité de responsable politique que ce magnifique produit n’avait « plus sa place à notre époque ».

les opinions publiques occidentales sont prêtes à manger de la viande artificielle pour « sauver la planète », croyant que le sacrifice de leur humaine nature suffira à racheter leurs péchés d’anciens colonisateurs

Cruel dans une région où le foie gras est un mets traditionnel, issu de fermes respectueuses des animaux et de l’environnement.…

Rapport de la CIASE et affaire Aupetit : l’air de la calomnie

Il faut entendre, en boucle, l’air de la calomnie du Barbier de Séville. Non seulement l’air, mais les paroles qui sont loin d’être insignifiantes. C’est d’abord une rumeur légère, un buzz, qui va, en s’amplifiant, jusqu’au vacarme infernal. « Et de haine aussitôt un chorus général de la prescription est donné le signal. »

Nous ne sommes pas dans les années 30 mais en 2021 où « la parole libérée » jette des noms en pâture au tribunal médiatique, où les « victimes » de « souffrance » dénoncent et accusent sans preuves. Deux affaires en lien avec l’Église catholique donnent à réfléchir : le rapport Sauvé et l’affaire Aupetit.

Rapport Sauvé : un chiffrage biaisé et un jugement idéologique

Qui n’a pas éprouvé de malaise à la lecture des chiffres exorbitants et fluctuants des victimes de l’Église établis par la CIASE à partir de sondages en ligne et de plaintes téléphoniques anonymes ? Sans contextualisation des faits, sans plainte déposée, puisque les affaires étaient prescrites, sans examen contradictoire, on était prié d’écouter et d'accepter, abasourdi, un procès à charge contre l’Église dont on dénonçait les vices « systémiques ». La conclusion devrait s’imposer à tous : l’Église est la marmite du diable. Les autorités ecclésiastiques, acceptant ce rapport sans coup férir, se sont agenouillées à Lourdes, dans une démarche de repentance désormais coutumière de notre époque. Une commission spéciale a été créée pour une – impossible – mission de « réparation ». Sauf que le mal était fait, et les dégâts dans les esprits sont considérables : finie toute confiance dans l’Église. Qui confiera, désormais, ses enfants, au prêtre de la paroisse pour le catéchisme ? [...]

On est en direct du passé

On est en direct, c’est un peu le symbole décrépit du service public, dans ce qu’il a de plus de rance, de plus inutile : le plateau, qui se voudrait des allures de cabaret lounge un peu huppé, fait plutôt penser à l’arrière-boutique d’un détaillant en poêles à bois, ou aux ambiances dominicales des émissions de Jacques Martin. Impression renforcée par le pianiste de bar tout droit sorti des années 70. Avec On est en direct, Ruquier est en passe de devenir un monument, et son talk-show le panthéon vivant du service public, mortifère, gâteux, racolant toujours les mêmes artistes dédiés à la cause, cultivant toujours le même entre-soi ultramondain, la gauche peinarde du triangle d’or qui bâille quelque part entre le théâtre du Rond-Point et le Carmen. Et ils s’étonnent encore de voir leur audience fondre comme lubrifiant au soleil, les sots ! Au moins Ardisson avait un peu de panache, un peu d’ambition dans les narines. Faut les voir, Ruquier et sa bourgeoise levantine aux dents qui rayent le qué-par, dans leur studio tout pété qui ressemble à l’intérieur d’un Werther’s Original, ambiance marronnasse pour flatulents du samedi soir. […]

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Dies irae queer code

Dans un monde où l’on ne veut pas d’un animal mort à l’intérieur mais bien une saucisse dans le cul, Sky is the limit. Afro-vegan-situmenculesjetenculeàmontour, éternel remix de la dialectique du maître et de l’esclave aboutissant à la destruction du patriarcat à coup de gode-ceinture. Ils rêvaient que le trou du cul ne soit plus le centre du problème. Sauf que c’est toujours le cas.

Nique sa mère les hiérarchies et les échelles. De plaire on est passé à revendiquer. Un petit despotisme éclairé doit remplacer notre manque de confiance. On a envie d’arrêter la machine.

Quand pourrons-nous enfin nous libérer de l’imitation généralisée et du procès-verbal ? La répétition permettrait-elle de sortir de la répétition ? Les symptômes sont devenus les messages d’un monde qui a de plus en plus besoin d’une exégèse. On va avec les cycles de la mode, on se refait perpétuellement dans le grand merdier. On se régénère encore un peu en changeant de forme. […]

La personnalité disparaît dans la fumée de l’homogène. Tout est contagieux, les regards, les gestes

L’Incorrect

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