
Les années 1980 ont décimé la population afro-américaine, devenue dépendante au crack et soumise à l’arbitraire des gangs de rue. L’année 1992 fut l’apogée du phénomène épidémique, les États-Unis comptant alors entre dix et douze millions de consommateurs réguliers. Quelques années plus tard, un autre fléau atteignit les États-Unis pour ne jamais le quitter : la dépendance aux antidouleurs appartenant à la famille des opioïdes allait être alimentée par des dealers établis et puissants, les laboratoires pharmaceutiques, ou, pour le dire sur un registre plus polémique, Big Pharma.
Remettant en 2013 la Légion d’honneur à l’homme d’affaires américain Raymond Sackler, le diplomate François Delattre se faisait lyrique, en vantant « l’un des médecins les plus remarquables de la psychiatrie, un prospère homme d’affaires, grand ami de la France et individu exceptionnel ». Grands philanthropes, les Sackler sont des amis des arts et des lettres : la France a notamment bénéficié de leurs largesses en la matière, une aile des Antiquités orientales du musée du Louvre portant le nom de cette illustre famille à la tête des laboratoires Purdue Pharma.…








