
Notre système institutionnel ne parvient visiblement pas à intégrer dans ses mécanismes représentatifs les Gilets jaunes. Or un régime républicain doit en principe offrir les moyens d’incorporer les attentes populaires aux décisions du pouvoir. Cette infirmité démocratique de notre pays s’explique par la manière même dont nos gouvernants ont répondu face aux Gilets jaunes. La crise n’a pas été pas résolue, elle a été étouffée. L’objectif n’a pas été de lui trouver des solutions, mais de simplement la contenir, pour la réduire au silence. Le bilan du mouvement des Gilets jaunes tient en trois conclusions.
L’aveuglement
Il est admis que la révolte des Gilets jaunes trouve sa cause principale dans la désespérance de la France périphérique. L’explosion est née de l’aveuglement des gouvernements successifs, incapables de voir et de comprendre ce sentiment. Il s’agissait de l’expression de la colère de citoyens appartenant aux classes moyennes et populaires des zones périurbaines, abandonnés par les pouvoirs publics, en voie de déclassement économique, ignorés politiquement et se considérant menacés dans leur identité profonde.…








