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Le soutif est-il de droite ?

Je m’étais enfin décidé à donner à cette chronique le poids et la gravité nécessaire que tant d’esprits sérieux réclament. J’allais traiter L’État de droit est-il de droite ? quand un ami m’a appelé : « Le sous-tif est-il de droite ? » m’a-t-il immédiatement demandé, d’une voix où la curiosité l’emportait à peine sur l’angoisse. Il sortait d’une conversation avec une jeune fille qui avait décidé d’abandonner le soutien-gorge. Elle affirmait être de droite. Au diable les gens sérieux. Selon ce que cette chronique dictera, des milliers de femmes (dans un premier temps) décideront ou non d’abandonner leurs sous-tifs, et l’industrie de la corsetterie tremblera. Je n’ai jamais éprouvé aussi fortement le poids de ma responsabilité incorrecte.

Lire aussi : Blanc sein

La question est en effet délicate. Au nom de la tradition (le soutien-gorge remonte à la plus haute antiquité), on serait tenté de dire que le soutif est de droite. Mais cette antiquité n’est-elle pas suspecte ? On ne sait pas si c’est la pudeur ou l’impudeur qui a dicté l’usage, la prudence ou l’imprudence, la coquetterie ou la négligence ; l’apodesme ou le strophium n’avaient pas toujours de fonction pratique (selon le professeur Jean- Denis Rouillon, professeur au CHU de Besançon, qui a mesuré pendant quinze ans les poitrines de plus de trois cents femmes de 18 à 35 ans, ne pas porter de soutien-gorge permettrait à la poitrine de se raffermir grâce au renforcement naturel des tissus de suspension ; l’étude date de 2013, les résultats doivent être confirmés). [...]

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Le gouvernement des juges au service l’euthanasie ?

Chaque année, des centaines de personnes font l’aller-simple en Suisse pour se suicider médicalement. L’association Dignitas est l’un des groupes helvètes qui recourent à de telles pratiques : elle a assisté la mort de 35 résidents français en 2020.

Et l’association entend désormais faire économiser à ses clients les frais de transports, en légalisant l’euthanasie en France. Concrètement, l’association a déposé une requête visant à abroger un décret listant les substances vénéneuses interdites, dont le pentobarbital. Aussi, une QPC a été déposée pour censurer plusieurs articles du code santé publique qui interdisent de choisir sa fin de vie et qui punissent de prison les personnes qui y participeraient. En clair, il s’agirait d’abroger le droit existant en tant qu’il ne serait pas conforme aux principes constitutionnels. L’association espère donc court-circuiter le politique en utilisant la voie juridique pour légaliser l’euthanasie en France.

Lire aussi : Enquête : Le business de l’euthanasie en Europe

Une telle méthode a déjà été éprouvée par la même association en Allemagne, où la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a déclaré que « le droit général au libre épanouissement et à la dignité de l'être humain comprend le droit à une mort auto-déterminée » dans un arrêt du 26 février 2020. De fait, elle a enjoint le gouvernement à donner les moyens de se suicider à chaque personne, qu’elle souffre ou non d’une maladie incurable. Le 16 décembre, la Cour constitutionnelle autrichienne prenait la même décision. « C’est le moment de le faire en France, même si la procédure pour arriver à la Cour constitutionnelle y est plus complexe se targue Claudia Magri, chargée de la communication de Dignitas. [...]

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Maxime Blasco, mort pour la France

Engagé dans l’opération Barkhane avec le 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, le militaire de 34 ans est tombé vendredi 24 septembre au cours d’une « mission de reconnaissance et de harcèlement » dans la région de Gossi, aux alentours de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Il accompagnait un groupe commando au sol dans la traque d’une escouade terroriste, et a été touché par un tireur embusqué au cours de cette mission.

Bien qu’il y ait toujours pensé, Maxime Blasco ne se destinait pas à une carrière militaire. Alors qu’il exerçait la profession de pâtissier, il s’engage en 2012 après avoir visité un forum des armées avec sa compagne. Il commence sa carrière en tant que chasseur alpin. Démontrant de grandes qualités de combattant, il intègre la formation de tireur d’élite qu’il valide et qui lui permet d’intégrer le groupement de commandos de montagne (GCM).…

Auguste Scheurer-Kestner : l’honneur d’un capitaine

Dans une lettre du 26 juillet 1897, Auguste Scheurer-Kestner se définit comme « un bourgeois qui est passionné contre l’injustice ». Ce vieux lutteur de 64 ans vient d’entreprendre le combat le plus terrible de son existence. Né à Mulhouse en 1833, dans une famille protestante, il a créé à Thann la première usine chimique de France. Engagé dans les rangs républicains sous Napoléon III, ami et proche lieutenant de Gambetta, Scheurer-Kestner est élu député du Haut-Rhin le 6 février 1871. Il signe avec ses collègues alsaciens-lorrains une déclaration solennelle contre l’annexion à la Prusse. Le 2 juillet suivant, il devient député de Paris et fonde l’Union républicaine. Le 15 septembre 1875, il est nommé sénateur inamovible, ce qui fera de lui le dernier représentant de l’Alsace au parlement français. À bien des égards, Scheurer-Kestner incarne l’autorité morale et politique de la IIIe République, ce que vient confirmer son accession à la vice-présidence du Sénat, en 1894 : « Je représente une idée et je ne m’appartiens pas », dira-t-il un jour.

En cette même année 1894, à la condamnation de son compatriote Alfred Dreyfus pour trahison, ce patriote d’une parfaite rectitude, étranger à tout antisémitisme, a ressenti « quelque chose de vague et de douloureux ». S’il croit à la culpabilité du capitaine juif, il ne s’en explique pas les raisons. Il faudra l’intervention du journaliste Bernard Lazare et de Mathieu Dreyfus, le frère d’Alfred, pour qu’il s’interroge davantage. Patiemment, Scheurer-Kestner mène son enquête et se convainc qu’il y a eu erreur judiciaire. Il s’en ouvre auprès de son ami Jean-Baptiste Billot, ministre de la Guerre. « Le traître est bien un traître », lui répond celui-ci. Mais le vieux sénateur ne compte pas en rester là, au risque que sa « réputation soit livrée aux plus effroyables outrages ». [...]

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L’IncoDico – le mot du mois : bails

« On fait nos bails dans nos zones en restant vaillants / Mes racailles vendent des sapes venant de Thaïlande / Leur triple système est plus que terrifiant / Nos faits divers sont devenus divertissement », expliquent Joe Lucazz, Nakk et Alkpote dans la chanson On fait nos bails. Les juristes, propriétaires et locataires doivent encore naïvement croire que le terme bail s’accorde au pluriel sous la forme irrégulière de « baux ». Mais les bails de notre belle jeunesse française ne sont que de lointains descendants de nos baux ruraux poussiéreux.[…]

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Littérature jeunesse pour boomers décadents

Dans ses deux volumes du Déclin de l’Occident, Oswald Spengler radiographiait l’inéluctable décadence de notre civilisation après la première grande guerre mécanisée. Peut-être faudrait-il ajouter à ces deux tomes des suites, tant notre époque paraît s’effondrer sur elle-même dans un grand feu de joie malsaine. Un tour dans un rayon jeunesse d’une belle librairie française suffit à s’en convaincre.

Qu’est-ce que la littérature de jeunesse ? Qu’est-ce qu’un essai politique destiné aux bambins ? La vraie question sous-tendue par l’existence de bibliothèques entières consacrées aux esprits en formation est celle de leur édification. La construction de la personnalité d’adultes en devenir s’appuie sur des livres justement de plus en plus édifiants, théoriques, pompeux et verbeux. Ceux qu’on trouve présentement sur les étals des libraires n’ont d’ailleurs pas d’autre projet que de formater des jeunes déjà extrêmement sollicités par une propagande totalitaire protéiforme, en leur proposant des argumentaires clés en main sur les grands sujets du siècle : migrations, féminisme, pensée magique, et autres « valeurs de la République ».

Lire aussi : Comment Valérie Pécresse finance l’idéologie LGBT

Il est difficile à l’amateur de belles lettres de l’admettre, mais les bibliothèques sont peut-être devenues l’un des endroits les plus dangereux pour la jeunesse – du moins celle qui s’y aventurera sans précautions, sans formation préalable prodiguée par un entourage cultivé. Au détour des rayons enfants des magasins les plus sérieux, on tombera ainsi sur Le Petit illustré de l’intimité de la vulve, du vagin, de l’utérus, des règles, etc., ouvrage de Mathilde Baudy et Tiphaine Dieumegard aux Atelier Belle. Le dessin de couverture ne fait pas mystère du programme : un vagin, grand ouvert et rubicond en son centre. « Regarde entre les jambes » : tu y trouveras chère enfant un anus, un pubis, un méat urinaire ou encore des glandes de Bartholi. Moi, moi et mon vagin. [...]

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Démographie : Zemmour rencontre Orban et vante le modèle hongrois

« Il n’y a presque que des Français ici », nous lance amusé l’ancien ambassadeur de Hongrie en France. Pourtant, seuls deux orateurs ont été invités au sommet démographique de Budapest organisé par le Premier ministre hongrois Viktor Orban : Marion Maréchal qui s’est exprimée jeudi dernier et Éric Zemmour dont l’intervention s’est déroulée vendredi après-midi. Comme l’ancienne parlementaire du Vaucluse, le journaliste a eu le droit à un long entretien avec le chef du gouvernement hongrois. Mais des Français, il y en avait beaucoup dans l’assistance : expatriés en Hongrie, invités du gouvernement hongrois et journalistes de grands médias venus couvrir l’événement. On notait par exemple dans l’assistance la présence discrète de la présidente de la « Manif pour tous », Ludovine de la Rochère.

Lire aussi : Démographie : Viktor Orban mobilise le monde conservateur

En rejoignant Budapest, Éric Zemmour terminait une semaine de fortes expositions médiatiques. Participant à une table ronde sur les rapports entre publicité et politique familiale, il s’est d’abord largement étendu sur la situation politique générale. Citant comme souvent Jacques Bainville, qui demeure l’un des meilleurs analystes de l’histoire des relations internationales françaises, il a d’abord témoigné sa compréhension du « ressentiment historique » des Hongrois vis-à-vis de Clémenceau et du Traité de Trianon, qui au lendemain de la Première Guerre mondiale a privé la Hongrie d’une partie significative de son territoire et de sa population. Il a également salué l’analyse de Milan Kundera sur le sentiment profond de vulnérabilité des petites nations d’Europe centrale, qui devrait être un modèle pour les grandes nations occidentales. Concernant la démographie, il a salué la politique nataliste mise en place en France aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, stimulée par l’universalité des allocations familiales. Il s’est inquiété de la « subversion et invasion migratoire » qui conduit à un « grand remplacement » dans certains endroits du territoire français. Il a conclu sur le fait qu’en France devait « beaucoup apprendre de la Hongrie ». [...]

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Ambroise Tournyol du Clos : « Nous devons en finir avec le collège unique »

Vous considérez que la libéralisation de la société a dégradé la transmission, en abolissant toute obligation et en transformant la liberté en indépendance. De là, la dégradation du niveau, la fabrique d’inégalités et la crise du recrutement. En réponse, vous proposez de « réunifier l’archipel français » par la valorisation d’une culture « commune, solide et exigeante ». Quelles mesures vous semblent nécessaires pour améliorer l’enseignement ?

Une école de qualité suppose d’abord des professeurs bien formés et disposant d’une authentique liberté pédagogique. Le métier n’attire plus, ce qui a eu pour effet de réduire les seuils d’admission au concours du CAPES. Par ailleurs, plutôt que d’investir dans la formation, les gouvernements successifs ont fait le choix de multiplier les contractuels. Dépourvus de concours et d’une solide formation, ces enseignants précaires sont baladés d’un établissement à l’autre (un professeur sur cinq en Seine-Saint-Denis). Sous une apparente rationalité administrative, ce phénomène révèle le profond cynisme qui anime nos responsables politiques. L’autorité des contractuels, à peine installés, aussitôt déplacés, est facilement mise à mal par les élèves. Mais ces enseignants forment une réserve bon marché à laquelle on peut facilement imposer les contraintes d’un management technocratique (ex : l’évaluation par grille de compétences).

La note ne peut pas être un jouet affectif, le symptôme de l’excuse sociale, ou pire encore une manière d’obtenir la tranquillité dans sa classe

La formation théorique et pratique des enseignants est une autre nécessité. Elle devrait pouvoir s’appuyer sur les INSPE si ceux-là redeviennent des lieux de formation exigeants où l’on s’émancipe des modes pédagogiques. L’accompagnement des stagiaires par des tuteurs confirmés est une autre manière de fortifier les jeunes recrues. Enfin, si elle échappe à la mode du divertissement pédagogique, la formation continue pourrait redevenir un sérieux levier pour la refondation de l’école. Il faut reconnaître que le blocage des salaires participe au manque d’attractivité de la profession ; mais plutôt que de décréter une hausse généralisée et démagogique, sans doute faudrait-il redonner à l’institution les moyens de consolider les carrières enseignantes, sur les critères du sérieux et de l’application pédagogiques.

Vous parlez du pédagogisme, qui souvent a mené au laxisme. Le retour de l’exigence n’est-il pas une absolue nécessité ?

Le désir de transmettre devrait nous conduire à redéfinir les critères d’exigence scolaire. On s’étouffe parfois en conseil de classe des immenses écarts de notation d’une matière à l’autre, dans un même pôle, et pour un même élève. La note ne peut pas être un jouet affectif, le symptôme de l’excuse sociale, ou pire encore une manière d’obtenir la tranquillité dans sa classe. Nos élèves, dont l’infinie dignité ne tient pas aux résultats, doivent simplement y trouver l’épreuve du réel. Et nous devons réapprendre à l’assumer. Comment se fait-il que certains élèves passent d’une classe à l’autre avec de telles lacunes ? Combien de temps encore durera ce mensonge institutionnel ? [...]

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