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Sélectron : florilège des thèses intersectionnelles

10 - L'expérience des étudiants autochtones à l'université : racisme systémique, stratégies d'adaptation et espoir de changement social. Thèse en Sciences de l'éducation soutenue à Nantes le 18/10/2019. Un peu de sérieux parce que le racisme systémique c'est mal.

9 - À la recherche de l’origine perdue. Identité et mémoire dans les documentaires autobiographiques diasporiques en France (thèse 2019). Parce que Proust n'a pas eu le temps de se pencher sur la question.

8 - Amphibiens ? : étude Queer et décoloniale de littérature irlandaise. Thèse en langues et littérature anglaise et anglo-saxonnes, en préparation à Lille 3 depuis le 1er décembre 2019. Parce que la question mérite bien d'être posée.

7 - Sous la dynamique non verbale des interactions didactiques, le genre (thèse 2013). Parce qu'on a besoin d'une traduction.

6 - Vers une théorie du roman postnormâle (thèse 2016). Parce qu’on aime les jeux de mots. [...]

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Islamo-gauchisme à l’université : un premier bilan

Emmanuel Macron avait déjà introduit le sujet en octobre 2020 dans le cadre de la loi sur le séparatisme. Lors de l’assassinat de Samuel Paty, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, avait pour lui pointé du doigt « l’islamo-gauchisme qui fait des ravages dans les universités ». Mais le lièvre a été vraiment levé quand Frédérique Vidal, ministre de l’Énseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, interrogée par CNews le 16 février sur le sort subi par les étudiants durant la crise sanitaire et au sein des universités françaises en général, fait une sortie de route remarquable en déclarant que « l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble », et qu’elle s'apprête à lancer un « un bilan de l’ensemble des recherches » en vue de «distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion » au sein des universités et auprès des chercheurs.

Soutenue par Jean-Michel Blanquer, elle est pourtant vite lâchée en rase campagne par le parti présidentiel. Emmanuel Macron déclare lui-même deux jours plus tard que la responsabilité de l’initiative n’était imputable qu’à la ministre. Si ce projet surprend a priori, il ne s’agit pourtant pas d’une grande première : depuis la prolifération des « critical studies » américaines dans les universités occidentales, nombre de gouvernements commencent à s’inquiéter des conséquences induites et les rapports et bilans d’enquêtes se multiplient comme au Canada où l’annonce du « dépôt d’un projet de loi garantissant la liberté académique du personnel enseignant universitaire » en mars 2021 a scandalisé la sphère intello-universitaire. Au Royaume-Uni, un rapport de la « Commission sur les disparités raciales et ethniques dans le milieu institutionnel », publié après les évènements Black Lives Matter a provoqué un tollé et une vive réaction de 429 universitaires signataires d’une lettre ouverte au gouvernement. De même, un projet de loi « garantissant la liberté d’expression dans le milieu universitaire », contre la « cancel culture » a été perçu comme une ingérence dans le fonctionnement des universités britanniques.

Lire aussi : Tony Sewell : « Ni la pauvreté, ni la race, ni le genre, ne sont des barrières à la réussite »

Le CNRS à qui a été confié le soin de mener l’enquête « condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance ». Son directeur Antoine Petit, nommé en 2018 par la ministre, est connu pour son parti-pris progressiste dans la sphère de la recherche, en témoigne sa préface du livre Sexualité, identité & corps colonisés de Pascal Blanchard, dans laquelle il désigne la race comme nouvelle grille de lecture de l’étude historique et sociologique du monde, et proteste de son attachement à une organisation racialiste et sexiste du monde. Lui attribuer le soin d’enquêter dans ses propres universités sur un tel sujet n’était peut-être pas l’idée la plus pertinente. (...)

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Bioéthique : l’Union européenne contre les pères
S’il est une loi dont aucun de nos candidats aux élections ne parle, a viso aperto, c’est bien de la loi de bioéthique qui touche pourtant à l’avenir de notre pays avec la PMA, mère (sans jeu de mots) de toutes les propositions. À part Nicolas Forissier et Laurent Wauquiez, opposés à la PMA, et Xavier Bertrand et Aurélien Pradié qui restent neutres, Jordan Bardella, inquiet de la pente glissante vers la GPA, et Sébastien Chenu, à l’avis caméléon, personne ne s’exprime frontalement, en particulier la présidente du FN, sur cette loi fondamentale qui touche la famille. Selon des sondages – mal conçus puisque les Français seraient « pour la PMA » et, en même temps, « contre la privation de père » pour un enfant –, aucun prétendant ne parle de la mariée qui fait le deuil de la paternité. Ce n’est pas faute, pour Aude Mirkovic et Madame de la Rochère, d’avoir essayé : il suffit d’entendre, lors d'une émission de Sud Radio du 8 juin 2021, le bégaiement de l’argumentaire de l’avocate Aude Denardaud, membre de la Commission juridique et de « l’Association des futurs parents gays et lesbiens », face à Aude Mirkovic, maître de conférence en droit privé et porte-parole de l’Association Juristes pour l’enfance [ ...]
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Qui était vraiment le général Lecointre ?

Un article de Challenges du 17 juin laisse entendre que, contrairement à tant d’autres avant lui qui ont été aspirés par le secteur privé (le général de Villiers avait rejoint le Boston Consulting Group) ou de hautes fonctions honorifiques (le général Puga est Grand chancelier de la Légion d’honneur, il a présenté à Emmanuel Macron les insignes de sa fonction et en semblait tout émoustillé), le général Lecointre aurait décidé de consacrer une partie de son temps enfin libre à devenir visiteur de prison. Ce point est peut-être emblématique de ce qu’est en profondeur François Lecointre. Issu d’une longue lignée de militaires, fils d’officier de marine, Saint-Cyrien (surnommé Coin-Coin par ses camarades de promo), partagé toute sa vie entre un redoutable désir de parvenir au sommet de la carrière et une certaine idée de l’honneur, de l’homme et du métier des armes, le général est une personnalité ambivalente.

La grande affaire de sa vie est l’assaut qu’il mène pour reprendre le pont de Verbanja en 1995 en Bosnie-Herzégovine

Ses expériences opérationnelles sont multiples : Côte d’Ivoire, Bosnie-Herzégovine, guerre du Golfe, Mali, Somalie… et Rwanda qui le marquera fortement (il a publiquement défendu l’honneur de l’armée française encore très récemment). Les expériences les plus violentes, les plus marquantes, il les vit dans ses années de lieutenant et de capitaine. Ses affectations parisiennes sont partagées essentiellement entre l’état-major de l’armée de Terre et les cabinets ministériels (Brienne et Matignon) ; très peu en interarmées, ce qui l’aura probablement pénalisé dans sa conduite des armées.

La grande affaire de sa vie est l’assaut qu’il mène pour reprendre le pont de Verbanja en 1995 en Bosnie-Herzégovine. François Lecointre est toujours très ému au souvenir de ses deux Marsouins tués au combat ; nombreux sont ceux qui peuvent témoigner l’avoir vu l’œil humide en évoquant le sujet grave du rapport du soldat et de la mort.

François Lecointre est devenu un phénomène de cirque, on le montrait partout, on le promenait de conférences en témoignages

Cette affaire de Verbanja a eu un grand retentissement à l’époque, elle marquait le refus de la France de se laisser neutraliser par les règles ubuesques de l’ONU. Il faut rendre justice en cela à Jacques Chirac qui a eu la volonté d’utiliser l’armée française… comme une armée. « La reprise du pont de Verbanja restera dans la mémoire de nos armées comme un symbole, celui de la dignité retrouvée, du refus de toutes les humiliations » dira le président de la République lors des obsèques militaires. Et comme ce combat servait la haute politique de l’Élysée, François Lecointre est devenu un phénomène de cirque, on le montrait partout, on le promenait de conférences en témoignages. Les élèves officiers de plusieurs promotions à Coëtquidan ont été biberonnés par ce récit. Il n’est probablement pas simple d’être un héros. Remarquons en passant que cet assaut et le nom de Lecointre sont les seuls connus par les Français ; pourtant beaucoup de soldats ont combattu, parfois au corps à corps, en particulier en Afghanistan et partout en Afrique depuis plus de 30 ans[...]

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Jean-Pierre Denis : « Êtes-vous capables de dire “Je crois” ? »

Pourquoi « les catholiques, c’est pas automatique » ?

C’est une boutade empruntée à une campagne de communication contre l’usage excessif d’antibiotiques, justifiée par le fait que je m’intéresse à un sujet d’ordre médical, la pandémie, et ce qu’elle a pu changer d’un point de vue spirituel. C’est une tentative de faire un lien entre la foi, la place des catholiques dans la société et la pandémie comme expérience spirituelle, puisque si tout le monde a un avis sur les réponses techniques, une seule chose est laissée de côté : ce que cette pandémie peut changer sur le plan culturel et, de là, civilisationnel. Les églises ont été fermées durant le confinement, parce que la foi n’est pas considérée comme un bien de première nécessité. En cela on voit qu’être catholique n’est plus automatique dans une société complètement sécularisée. Un ministre de l’Intérieur a pu affirmer au sujet de la foi que « s’il s’agissait de prier on pouvait très bien faire ça chez soi ». Bref, on voit que comprendre ce qu’est la foi n’est plus automatique ni pour les pouvoirs publics, ni pour la société en général, ni pour les catholiques eux-mêmes qui ont été à la fois très engagés dans le service à la personne (distribution de repas) et relativement peu dans l’interprétation des événements.

Vous vous inscrivez dans le sillage de Vatican II qui dit que l’Église doit distinguer les signes des temps.

Depuis quelques années on observe une succession d’événements traumatiques (Notre-Dame, Arnaud Beltrame, le père Hamel), lors de moments clés d’ailleurs, comme la Semaine sainte : ce sont des chocs mais d’un point de vue chrétien ce sont surtout des invitations à la conversion.

Un ministre de l’Intérieur a pu affirmer au sujet de la foi que « s’il s’agissait de prier on pouvait très bien faire ça chez soi »

Si Jésus s’énerve quand on lui demande des signes et qu’il répond qu’il n’y en aura pas d’autres que celui de Jonas, c’est qu’il comprend bien que ses interlocuteurs demandent du grand spectacle et n’ont pas l’intention de se convertir.

Les catholiques ont déserté leurs églises même lorsqu’elles ont rouvert : que pensez-vous de cette relation à l’eucharistie qui apparaît soudain comme superficielle ?

Je suis catholique pratiquant, très attaché à l’eucharistie, j’ai besoin de me rendre à la messe le dimanche, j’ai vécu cette privation du sacrement comme quelque chose d’intense, et me suis précipité lors de la réouverture : je m’attendais à ce que les églises soient pleines, or il s’est avéré que beaucoup de gens ont purement et simplement disparu de la circulation. Le modèle sur lequel l’Église est orientée depuis le concile de Trente, celui de la communion pour tous par opposition au protestantisme, arrive à une forme d’épuisement. La question posée est celle de l ’Église « attestataire » : la succession des derniers évènements est une invitation urgente à un christianisme missionnaire. [...]

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Quand Sciences Po vomit les blancs

Ce jeudi 17 juin, vous avez sûrement raté « Une République blanche ? Blanc.hes et blanchité en France », diffusé sur YouTube lors d’un live produit par Sciences Po. Dans cette séquence, Sarah Mazouz, chargée de recherches au CNRS, et Mathilde Cohen, professeur de droit à l’université du Connecticut, débitent des insanités racialistes dans le jardin des Tuileries : « La France est une nation où la majorité de la population est blanche et où les institutions juridiques ont activement créé et perpétué les hiérarchies et oppressions raciales ». Sans manquer de nous rappeler mines affligées que devant l’Assemblée nationale trône un monument à la gloire de la « suprématie blanche » : la statue de Colbert.

Si l’esclavage les préoccupe tant, peut-être pourraient-elles s’intéresser aux pratiques actuelles d’autres pays moins blancs, par exemple le Liban, le Qatar, ou l’Arabie Saoudite, où l’on confisque le passeport des travailleurs immigrés réduits en esclavage à cause du régime islamique de la Kafala (« adoption » et par extension tutelle de l’étranger). Condamner le viol des bonnes Philippines, et le fait que les ouvriers pakistanais tombent des échafaudages sous 45 degrés, relève sûrement de l’ethno-blanco-centrisme. [...]

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L’Inconomiste – Au-delà de l’offre et de la demande : le juste prix

Quoique peu courante, la mesure n’a pas fait l’objet des analyses qu’elle aurait méritées. Depuis plus d’une année, les prix du gel hydroalcoolique puis des masques chirurgicaux ont été encadrés, par crainte d’« abus nombreux » dénoncés dès début mars 2020 par Bruno Le Maire : « Des informations me sont remontées indiquant que le prix des gels hydroalcooliques aurait doublé ou triplé dans certains commerces et plateformes en ligne. Il serait inacceptable qu’il y ait la moindre spéculation sur le coronavirus ». Bénins à première vue mais pourtant lourds de sens sur le plan doctrinal, ces mots suffisaient à disqualifier en absolu l’idée d’un fonctionnement nu de la loi du marché pour déterminer les prix. La notion d’abus, toute subjective, faisait ré-intervenir le politique dans un champ économique théoriquement autonome. Succulente ironie que cette entrave à la règle fondamentale du marché dût être exécutée par des libéraux – comme l’assignation à résidence le fut par ceux de nulle part.

Lire aussi : L’Inconomiste : Plaidoyer pour L’État stratège

Injustice fondamentale du marché

C’est que la loi du marché laissée à la rencontre brute de l’offre et de la demande repose sur une injustice manifeste : le prix est corrélé positivement à la demande, de sorte qu’un besoin important entraîne une hausse du prix à payer, indépendamment des qualités intrinsèques du produit en question. En clair, l’homme devrait payer plus cher sa pelle à neige lorsqu’il est bloqué par la poudreuse, ou son pain lorsqu’il a l’estomac serré par la faim. Le vendeur profite alors de l’intensité du besoin de l’acheteur, facturant ce qui n’est pas de son fait. À l’échelle collective, en cas d’offre restreinte et de demande abondante, les prix s’envolent, et c’est pour endiguer cette mécanique que de nombreuses métropoles encadrent les loyers. Notons que le marché peut aussi léser le vendeur par des prix non-rémunérateurs, en cas d’offre trop abondante – pensons au prix du lait, que beaucoup d’agriculteurs aimeraient voir adosser à un seuil plancher – ou de pouvoir de marché de quelques-uns tirant les prix à la baisse pour éliminer la concurrence : le prix unique du livre fut établi pour sauver les librairies de la prédation des grandes surfaces.

Qu’importe que le prix soit juste tant qu’il est consenti par les contractants, quand bien même ce consentement reposerait sur la vulnérabilité d’une des parties

L’argutie utilitariste rétorque que le marché reste le plus efficace instrument de répartition des ressources, instrument qui pourtant postule que c’est toujours le plus offrant qui remportera ; réponse qui, si elle accommode la bourse du cédant, ne satisfait nullement aux exigences de la justice et de la morale. Et pour cause, les grands théoriciens libéraux ne prétendent pas les satisfaire : le marché n’est qu’un ordonnateur qui pose un prix pour maximiser l’allocation globale, sans souci ni de la qualité des transactions, ni du bien commun – chimère à leurs yeux. Qu’importe que le prix soit juste tant qu’il est consenti par les contractants, quand bien même ce consentement reposerait sur la vulnérabilité d’une des parties (pression, asymétrie d’informations, détresse). Cette absence de justice n’est donc pas tant le résultat de dysfonctionnements du marché en certaines situations, que le fondement de sa logique, et c’est pourquoi l’Église propose d’y répondre par le juste prix, théorisé au Moyen-âge par saint Tomas d’Aquin et la philosophie scolastique, intégré depuis au corpus de son enseignement social.

Qu’est-ce que la valeur ? [...]

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Des abus sexuels dans l’Église et de leur rédemption

Les abus sexuels et spirituels sont-ils une nouveauté dans l’Église ? Quelle est la particularité des scandales les plus récents ?

 Le « péché des clercs » et des chrétiens a toujours existé. L’Église a traversé de nombreuses crises notamment lorsqu’elle a été marquée par des querelles de pouvoir, quand le pouvoir séculier l’a affaiblie et quand les chrétiens se sont éloignés de la tradition évangélique. Quand on lit les Pères de l’Église et les plus grands maîtres spirituels, on observe qu’à leurs yeux l’imposteur est nu, aussi visible qu’un loup parmi des brebis ou qu’un éléphant dans un couloir. Récemment, on a vu carrément entrer des troupeaux d’éléphants dans la nef et beaucoup de chrétiens les considérer comme de vrais prophètes. C’est cela qui peut choquer. Mais si on lisait davantage la Bible et le magistère, on serait moins surpris et plus résilients. N’oublions pas non plus que l’imposture, les abus, l’emprise, les dérives sectaires, sont aussi des maladies séculières, qui ont traversé tout le XXe siècle et perdurent encore aujourd’hui et nous contaminent tous. L’Église doit justement être le lieu où l’abus est identifié, empêché, dénoncé, combattu et jugé.

Mais la tentation de la désespérance est l’arrière-goût du péché, auquel il ne faut surtout pas se fier : car toute vérité dite sans possibilité de rédemption est un mensonge.


Mais la particularité des abus révélés récemment c’est que l’Église, avec la sécularisation, n’a plus les mêmes moyens que par le passé de faire appliquer le droit canonique dont le but était, pour citer un canoniste du siècle dernier, « de supprimer les obstacles au salut, de punir les crimes nuisibles à la société chrétienne et de fixer les droits et devoirs réciproques aux divers degrés de la hiérarchie ». Dans certains cas hélas, on a souffert d’un manque de diligence, voire de bonne volonté, de la part de certains responsables ecclésiastiques. Dans d’autres cas, ce sont la société, les tribunaux civils et parfois l’institution médicale qui ont été fautifs. L’Église doit se montrer exemplaire dans toutes ces questions et c’est pourquoi les évêques ont pris à bras-le-corps le problème, même si dans certains cas des lanceurs d’alerte (laïcs ou clercs) ont dû les bousculer. [...]

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