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Quand la guerre des races menace

Qui n’a encore en mémoire ces paroles si touchantes de Joséphine Baker ? « Quand je suis arrivée à Paris, je me suis trouvée devant des gens comme vous. J’étais alors heureuse de sentir tout de même, dans la rue, que je pouvais demander un taxi sans avoir la crainte qu’il refuse de me prendre. J’étais aussi heureuse de penser que si j’avais faim, je pouvais m’arrêter dans n’importe quel restaurant. […] Personne ne me disait : “noire”. Personne ne me disait : “négresse”, mot qui me blessait terriblement. Et, tout à coup, petit à petit, toutes ces craintes sont parties. Je suis devenue femme avec confiance dans la vie, femme qui était élevée par la France à laquelle je donne ma gratitude. J’ai été portée aux nues, je peux le dire ». Joséphine Baker a quitté un pays où le racisme était systémique, pour un autre, la France, où son talent d’artiste transcendait ses origines, son accent, la couleur de sa peau… un pays où l’âme, le cœur, l’esprit, dominent le pigment, la carnation, la morphologie.

C’est la civilisation française qui a mis Joséphine Baker à l’abri du racisme systémique américain. C’est cette civilisation de l’esprit qui nous a permis d’accueillir les Baker comme les Zadi, sans tenir compte de la couleur de leur peau

Un siècle plus tard, un acteur vidéaste, Jean-Pascal Zadi, – dont on souhaite que le talent excède l’élocution – récipiendaire du César du meilleur espoir masculin, entame son discours à la façon de Kamala Harris : mes remerciements vont aux noirs ! Après l’énumération de « célébrités » racisées, ce militant de la cause noire a tenu à évoquer « l’humanité » complexe qui, à l’en croire, traverse son film. Sa référence humaniste ? Traoré-la-fourchette, ainsi que le nomme ironiquement Gilles-William Goldnadel. Et puis, pour clore ces trois minutes de bafouillage indigéniste, les téléspectateurs français ont eu droit à l’éloge cliché de la cancel culture, et à celui, plus cliché encore, du militant décolonialiste et pro-FLN, Frantz Fanon. Phénomène isolé ? Syndrome d’un septième art décadent ? Pas seulement. De Rokhaya Diallo à Yseult ; d’Omar Sy à Lilian Thuram ; de Franco Lollia, porte-parole de la Brigade anti-négrophobie à Sylvain Afoua, tête d’affiche de la Ligue de défense noire africaine, ils sont nombreux à vomir régulièrement dans les médias leur détestation de la France et du « privilège blanc » sous couvert d’antiracisme. [...]

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Le Manifeste des 343, ou la déresponsabilisation triomphante

De nos jours, critiquer le féminisme n’est pas quelque chose de particulièrement glorieux ou courageux : n’est en jeu que la mort sociale de l’individu, à la différence de la mort véritable lorsque l’on se met à traiter d’islam, ou de minorités qui n’en sont plus vraiment. Cependant, l’état des courants idéologiques pourrait laisser penser que le féminisme actuel est une chose nouvelle, qui n’existait pas il y a quelques dizaines d’années, surtout lorsque l’on connait la qualité de certains débats autour de l’avortement qui ont eu lieu dans les années 70. Cela n’ôte rien au dégoût qui peut envahir le lecteurs du manifeste des 343, vieux de cinquante ans. Il est d’ailleurs étrange que peu de personnes reviennent sur ce manifestes, pourtant qualifié de fondateur et adoré par les féministes, tant il est empreint des problématiques de notre société contemporaine.

Si les femmes ayant signé le texte ne sont pas dénuées d’audace, et croient défendre une noble cause, elles le font d’une manière qui met mal à l’aise les personnes pouvant être favorables à l’avortement, votre serviteur le premier : « Un combat enthousiasmant, écrivent-elles, dans la mesure où, si je le gagne, je commence seulement à m’appartenir en propre et non plus à l’Etat, à une famille, à un enfant dont je ne veux pas (…) Aux fascistes de tout poil — qu’ils s’avouent comme tels et nous matraquent ou qu’ils s’appellent catholiques, intégristes, démographes, médecins, experts, juristes, “ hommes responsables ”, Debré, Peyret, Lejeune, Pompidou, Chauchard, le pape — nous disons que nous les avons démasqués.

Ségur de la Santé : charité pour l’hôpital

Les hôpitaux vont commencer par rembourser leur dette. Il y en a pour 6,5 milliards sur dix ans, soit 34 % du total. Bon, mais il reste 12,8 milliards. Les EHPAD vont recevoir 1,5 milliard sur cinq ans pour investir, soit 300 millions par an. C’est la Caisse nationale de solidarité pour l’Autonomie (CNSA) qui a la charge de financer les établissements pour personnes âgées. Le 1er décembre 2020, son conseil d’administration a voté son budget 2021. Il prévoit d’investir 300 millions, financés par le Ségur de la santé. Mais le conseil de la CNSA a aussi annoncé un déficit en 2021 de 627,8 millions d’euros. Sur deux ans, le cumul représentera environ 1,2 milliard. C’est pile la somme qui restera sur le milliard et demi promis aux EHPAD. Donc le Ségur colmate une brèche. Et il reste 11,3 milliards. [...] 

Lire aussi : Enquête : AP-HP et Martin Hirsch, quand la lutte sanitaire se transforme en combat politique

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Josiane Corneloup : « Comment pouvons-nous décider que quelqu’un va mourir parce que la maladie est incurable ? »

Comment avez-vous réagi au vote par la Commission des affaires sociales de cette proposition de loi autorisant l’euthanasie ? 

D’après ce texte, l’euthanasie pourrait être appliquée sur demande du patient si le terme de « maladie incurable » peut être utilisé. Je dois vous dire que je suis très partagée et d’ailleurs je n’ai pas voté en commission. C’est un sujet éminemment important et compliqué qui relève de l’intime. Chacun peut avoir une position complètement différente en fonction de ce qu’il est lui-même. Cette fin de vie est évidemment difficile car tout le monde souhaite pouvoir mourir paisiblement. Je n’utilise pas le terme « dignement » car pour moi tout le monde est digne donc ce n’est pas le problème. Le problème, c’est que « l’aide à mourir dans la dignité » reste de l’euthanasie. Il faut mettre les vrais mots. 

Lire aussi : Euthanasie : les raisons de s’y opposer

Comment pouvons-nous décider demain que quelqu’un va mourir parce que la maladie est incurable ? Pour étayer mon propos, je suis allée moi-même dans des services de soins palliatifs, dans des services de cancérologie où les jours des patients sont réellement comptés. Là-bas, aucun des patients ne vous parle de la mort. Au contraire, ils vous parlent de leurs projets d’avenir, parce qu’ils sont extrêmement bien entourés dans ces services de soins palliatifs et parce que la douleur y est maîtrisée. Ce qui est important dans les derniers moments de la vie, c’est surtout d’être apaisé et entendu car c’est aussi un moment où des choses très importantes sont dites, où des réconciliations de famille se font, où des bilans sont dressés. [...]

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Maître Demarcq : « La chasse à courre est harcelée, insultée, agressée, diffamée »

Élisa Pilarski est retrouvée morte dans la forêt de Retz le 16 novembre 2019. Au même endroit est organisée une chasse à courre par le Rallye la Passion. Y a-t-il un rapport entre les deux événements ?

Aucun. C’est aussi simple que ça, il n’y a aucun rapport si ce n’est que ce sont deux évènements qui ont eu lieu le même jour.

Quelles mauvaises répercussions sur le Rallye la Passion cette affaire a-t-elle provoquées ?

Le Rallye la Passion s’est retrouvé au cœur d’une affaire médiatique qu’il n’avait pas du tout pressentie, puisque ses chasseurs savaient bien qu’ils étaient totalement étrangers à ce décès. Ils ont d’ailleurs appris ce décès le soir, bien après la chasse. Ils entendent qu’une jeune femme a été retrouvée morte dans la forêt et ils n’ont jamais envisagé que leur participation puisse même être évoquée. Ils se sont retrouvés mêlés à une tempête médiatique absolument extraordinaire, et ont été dépassés par quelque chose auquel ils étaient totalement étrangers.

À plus grande échelle, quelle incidence cela a eu sur les sociétés de vénerie en France ?

Qu’on aime ou pas la chasse à courre, c’est quelque chose de légal. Et malgré cela, ceux qui la pratiquent sont importunés. Le terme est faible parce qu’ils sont très régulièrement harcelés, insultés, agressés, diffamés. Ce fait divers est dramatique, car l’on parle d’une jeune femme enceinte qui est décédée. Si le Rallye la Passion n’avait rien à voir avec ce décès, cela a mis un coup de projecteur absolument surréaliste et très orienté : les chasseurs à courre se font traiter d’assassins, même si c’était déjà le cas auparavant car ils tuent des animaux. On a complètement perdu la raison dans ce dossier-là. Tout cela était aussi alimenté par Christophe Ellul, il ne faut pas se le cacher. Il le médiatise dès le départ lorsqu’il est interrogé, en commençant par parler des chasseurs à courre. C’est alors que cette affaire se répand sur les réseaux sociaux et les chaînes d’infos en continu. Ellul remet des sous dans la machine dès que cela s’arrête un peu avec son avocat communiquant, maître Novion. Avant il y en avait un autre, qui s’était présenté sur BFM TV comme l’avocat du chien ! C’est quand même effroyable ! J’ai le souvenir d’un plateau télé avec l’avocat de Christophe Ellul. C’était lunaire. Je me disais que, soit il n’avait pas ouvert le dossier, soit il mentait et ça ne l’embêtait guère[...]

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Enquête : AP-HP et Martin Hirsch, quand la lutte sanitaire se transforme en combat politique

Ce mercredi, Emmanuel Macron a décidé d’étendre les « mesures de freinage de l’épidémie » à la France entière, annonce qui en creux signe son refus du sanitarisme strict – huit semaines de confinement dur – tel que prôné par de nombreux médecins de l’AP-HP ces dernières semaines.

Samedi 27 mars, 41 directeurs-médicaux de crise de l’AP-HP signaient une tribune au ton apocalyptique dans le Journal du dimanche. Ils expliquaient notamment qu’ils devraient « faire un tri des patients afin de sauver le plus de vies possibles », avant d’oser une comparaison pour le moins maladroite avec les attentats. Au même moment, dans Le Monde, neuf autres médecins de l’AP-HP affirmaient qu’« en imposant aux soignants de décider quel patient doit vivre, le gouvernement se déresponsabilise de façon hypocrite ». Deux tribunes parfaitement coordonnées qui s’inscrivaient à la suite de très nombreuses communications du président de l’AP-HP Martin Hirsch, de Bruno Rioux, de Rémi Salomon (auteur du « papi et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger »), d’Enrique Casalino, de Karine Lacombe ou encore de Gilles Pialoux. Tous abondaient dans le sens d’un reconfinement général du pays, à coups de prises de parole et de projections alarmistes. Leur message était clair : en prenant à témoin l’opinion, ces membres de l’AP-HP déclaraient que le président Emmanuel Macron, s’il ne prenait aucune mesure supplémentaire, serait responsable de très nombreuses morts. Un avertissement aux allures de chantage, auquel le président n’a que partiellement cédé en accordant la fermeture des écoles.

L’AP-HP monopolise la parole, et sa proximité géographique avec les salles de rédactions en décuple encore le nombre et la portée. Sa spécialité : des frappes médiatiques multiples, simultanées et coordonnées sur les différents supports d’informations

Du reste, tous les médecins français ne partageaient pas cette direction. La Fédération hospitalière Française (FHF), association qui représente les établissements publics de santé, a regretté « cette tribune qui affole et n'est utile ni pour les soignants ni pour les patients ». De même, Patrick Pelloux, président de l’AMUF (association des médecins urgentistes de France) a condamné ces tribunes « alarmistes » dans Le Parisien : « On est sur un plateau haut, notre activité est constante avec une petite augmentation mais, en gros, on y arrive ». Une position partagée par son confrère Christophe Prudhomme, médecin au Samu de Seine-Saint-Denis et porte-parole de l’AMUF : « La situation est grave, mais elle n’est pas catastrophique ». [...]

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Traité de la vie élégante : ok zoomer !

« Ok boomer », bougonna mollement le grand ado en sweat à capuche affalé sur son siège, écouteurs aux oreilles et iPhone à la main, avant de consentir à déplacer imperceptiblement l’énorme sac à dos Eastpak qui occupait entièrement le siège d’à côté.

E. sentit une brève mais forte envie de lui balancer son poing dans la gueule. Il ferma les yeux, respira profondément et entraîna Zo’ à l’autre extrémité du compartiment, histoire d’éviter que le bon Dieu le laisse entrer en tentation, comme on dit maintenant dans le Notre-Père. Par chance, il y avait deux sièges libres sur lesquels ils purent s’installer.

– C’est drôle, j’ai eu comme l’impression que vous n’avez pas franchement apprécié le « Ok Boomer ! » de votre petit camarade ?

– Ma chère Zo’, votre sens de l’observation vous honore. Dans ces cas-là, j’ai des réminiscences de la fameuse scène des Caves du Vatican où Lafcadio balance Amédée Fleurissoire par la porte du train en marche…

– Ah ! La théorie de l’acte gratuit ? [...]

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La Grande bouffe : le kebab, une question döner

À son origine, kebab est un mot générique qui désigne des brochettes cuites au feu de bois. Tout peut être kebab : mouton, boeuf, poulet, veau et aussi légumes, notamment les aubergines, originaires elles aussi d’Asie centrale. Dans cet espace infini, le kebab est le liant alimentaire et culturel qui relie les hommes et leurs cultures. Le kebab suppose le charbon de bois pour cuire la viande, des pics de fer pour en tenir les morceaux, des galettes de pain à la fois assiette et nourriture. Les sauces et les épices qui l’agrémentent varient selon les pays et les peuples et ce qui est capable de pousser dans des espaces froids et balayés par les vents. Autour du foyer et de la viande qui crépite, le kebab se fait point d’unité et point de fixité. Le temps d’un repas, les cavaliers s’arrêtent et dégustent.

Des steppes d’Asie centrale, le kebab s’est fixé dans les mondes turcs et perses. Il quitte la plaine et les grands espaces pour envahir les rues et les villes. Sur les berges du Bosphore et d’un empire ottoman qui aspire à l’Europe, le kebab se fait sandwich et gagne les petites échoppes qui le proposent à la volée. Le pain pita en devient le compagnon de route et la sauce blanche son assaisonnement inconditionnel. Beaucoup plus tard, en Europe cette fois, il s’associe avec les frites tant le sel de celles-ci se marie bien avec le gras croustillant de la viande cuite. Tous les peuples ont fait des brochettes de viandes grillées aux herbes amères, tous les peuples y ont joint des galettes et des pains de céréales : le kebab est un plat de l’universel dont on peut trouver traces et origines partout et c’est en même temps un plat identitaire fort, associé à la culture turque et à son implantation en Europe. Mais pour cela, il lui a fallu passer par Berlin. [...]

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