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Charmes des maladies d’antan

Depuis 2005, avec une accélération depuis 2009, la gale est de retour en France, d’où elle avait selon toute apparence été éradiquée. Les bonnes âmes, qui rappellent avec raison qu’elle n’a rien à voir avec la saleté, insinuent que c’est l’augmentation des déplacements dans le monde qui en est la cause, sans autre précision. Si l’on considère qu’elle est aujourd’hui très présente dans les « pays en voie de développement », il ne faudrait surtout pas en déduire que l’immigration en serait la cause, mais seulement le tourisme – qui n’existait guère avant 2005, comme chacun sait. Quoi qu’il en soit, le retour de ce type de maladie est aussi une marque de tiers-mondisation de la France. [...]

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La souris est-elle de droite ?

Elle avait l’air de considérer que nous partagions cet espace. Je suis partisan du partage raisonné de l’espace : je laisse les scutigères proliférer parce qu’ils sont censés éliminer les punaises et je laisse les lézards se chauffer en paix sur les dalles, même les gros, d’un vert tendre et éclatant. Mais cette souris tranquille et impudente m’évoquait des tablettes de chocolat dévorées et souillées, des pièges inutiles, bref un ensemble désagréable de tracasseries domestiques. Je me levai, elle partit. Surrexi, reliquit. Illusoire victoire. Elle se dissimulait dans la souillarde ou avait retrouvé son nid dans l’armoire aux provisions, qu’il allait encore falloir nettoyer.

Elle n’était pas la première, elle ne serait pas la dernière. La souris existe partout en France. Une carte de l’Inventaire national du patrimoine naturel en témoigne : la France est uniformément verte comme un lézard (« présence certaine » ; la mer, entre la Provence et la Corse, est beige : « absence probable ou certaine »). Une autre carte montre qu’elle est attestée dans les Pyrénées, à Lourdes, depuis le paléolithique supérieur. [...]

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Miel de France : L’abeille cool

Les Français sont les plus gros consommateurs de miel d’Europe : 40 000 tonnes de miel sont dégustées chaque année, soit 600 grammes par habitant. Mais seule la moitié de ce miel est produite dans l’hexagone. La France l’importe principalement de trois pays, l’Espagne, l’Ukraine et la Chine. La part de l’Espagne (6 000 tonnes) baisse depuis quelques années au profit de l’Ukraine qui devient le principal fournisseur de la France. Cette importation massive favorise des pratiques malhonnêtes. Certains fournisseurs peu scrupuleux coupent le miel au sirop industriel ou nourrissent artificiellement les abeilles. Et les grandes surfaces françaises, en tirant les prix vers le bas, favorisent ce type de procédés. [...]  

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Les zéros sociaux : Gabriel Attal

Nous avons un ministre des zéros sociaux ! Il était temps, Gabriel Attal l’a fait. Le dimanche soir, le porte-parole du gouvernement est chargé de répandre la bonne parole macronienne aux djeuns sur Instagram. Il est entouré des meilleurs, d’une cour de youtubers, twitchers et autres influenceurs. Le nec plus ultra, le sommet de la pile : EnjoyPhoenix, Paola Locatelli, Tibo InShape, la sexy Emma Cup Cake, Just Riadh et tant d’autres. Vous pardonnerez l’orthographe approximative de leurs pseudonymes numériques, nous découvrons les noms de toutes ces lumières nationales. Emmanuel Macron avait, lui, une idée derrière la tête en chassant Sibeth NDiaye pour mettre le propret, lisse et robotique Attal. Il voulait « parler aux jeunes », part de marché électorale mi-réfractaire mi-moutonnière qui s’informe sur les réseaux sociaux. Quoi de mieux que d’utiliser des leaders d’opinion pour se rapprocher d’eux ? [...]

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Question d’hygiène : La peste aux portes de Paris ?

« On se croirait revenu un siècle en arrière », lâche un éboueur consterné, face à la prolifération des nuisibles dans le XVIIe arrondissement de Paris. Une prolifération qui a atteint des sommets ces dernières années : jusque dans les jardins de Notre-Dame ou du Trocadéro, c’est désormais en pleine journée et devant des touristes effarés que pullulent des colonies entières de rats, attirées par les restes de nourriture que les quidams croient donner aux pigeons. C’était même devenu un enjeu électoral : pendant sa campagne, Hidalgo avait promis de consacrer un milliard d’euros par an à la propreté et de nommer un « manager » dédié à l’insalubrité dans chaque quartier. Pour l’instant, elle s’est contentée d’accélérer la mise en place des poubelles anti-rats « Cybel » : à peine 12 % du parc total… Une initiative bien timide pour un problème qui réveille une grande peur collective. [...]

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Rémy Prud’homme : « Ce qui m’a le plus irrité dans cette crise sanitaire, c’est le mensonge permanent »

Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire 100 Cailloux dans la chaussure de M. Macron, essai très critique sur les différentes politiques menées par le gouvernement ?

Personne. En fait, je n’ai pas décidé d’écrire un livre sur un thème particulier. Au cours des trois dernières années, tous les dix jours environ, j’ai réagi à un évènement ou une déclaration, en écrivant un « caillou », deux ou trois pages de contexte, de commentaire, de vérification. Pour le plaisir d’écrire et pour me clarifier les idées. Et j’envoyais ces cailloux à une trentaine d’amis. C’est seulement l’été dernier que m’est venu à l’esprit l’idée de regrouper tous ces mini essais en un volume. Je ne croyais qu’a moitié à l’intérêt et à la lisibilité de ce regroupement. Mon éditeur l’a trouvé bon. Nous avons hésité entre une présentation par thèmes et une présentation chronologique, et finalement choisi la présentation chronologique.

Vous être très sévère concernant la gestion de la pandémie de coronavirus par le gouvernement français. Qu'auraient-ils pu mieux faire ?

Ce n’est pas moi qui suis sévère, ce sont les chiffres disponibles. Le fait est que la France est l’un des pays où le nombre de décès par habitant est le plus élevé (pire que le Brésil, un peu moins mauvais que les États-Unis), et surtout l’un des pays où le coût économique des mesures prises (baisse de PIB plus endettement) a été le plus élevé. [...]

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Covid : L’État démasqué

L’affaire des masques est sans doute l’une des illustrations les plus emblématiques de la déréliction progressive de l’État. On connaît désormais l’étendue du fiasco, bien documenté par le rapport de la commission d’enquête du Sénat sur le Covid : entre 2009 et 2019, à la suite d’une série de décisions de la direction générale de la santé (DGS) et de Santé publique France, les stocks stratégiques de masques sont passés de presque 2 milliards d’unités à… une centaine de 100 millions environ, alors qu’un milliard de masques sont estimés nécessaires pour faire face à une crise intense de seulement dix semaines. Comment expliquer cette situation ? Tout y est : incapacité d’anticipation par l’État, vision exclusivement financière de l’action publique, absence de contrôle politique des administrations, politique de communication déconnectée du réel et fondée sur le mensonge, effacement de la notion de responsabilité. [...]

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Comment je me suis aperçu que j’étais devenu fasciste – et pire, ringard

Ça s’est passé en écoutant il y a un mois l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut intitulée Regards croisés sur l’Amérique et sur la France. Les deux invités étaient le journaliste américain James McAuley, correspondant du Washington Post à Paris et auteur d’un article récent dans Le Monde dans lequel il « s’inquiétait » des dérives d’un universalisme français jugé de plus en plus antimusulman sinon raciste et Pascal Bruckner, vieux complice de Finkie, s’inquiétant au contraire de la volonté acharnée du politiquement correct américain à faire de l’homme blanc le Coupable presque parfait de la post-modernité, dominant parce que blanc, sexiste parce qu’homme, transphobe parce que cisgenre.

Comme toujours dans cette émission, la conversation commença sous les meilleures auspices, exquise, nuancée, intéressante, chacun, si l’on peut dire, tombant d’accord dans son désaccord avec l’autre, MacAuley défendant le particularisme au nom de l’universel et se méfiant d’une laïcité trop rigide, « à la française », Bruckner arguant que la laïcité relevait précisément de notre génie national en plus de constituer la méthode universaliste par excellence « protégeant les religions et nous protégeant des religions ». L’échange se tendit quelque peu lorsque le premier évoqua « la très belle et très ancienne foi musulmane installée en France depuis toujours » et se dit consterné par cette notion d’islamo-gauchisme sévissant de plus en plus parmi certains intellectuels français  –  à quoi le second répondit que du fait de sa proximité géographique avec l’Afrique du nord, la France, mieux que l’Amérique, connaissait l’islam et sa mouvance islamiste et que l’on ne pouvait pas totalement distinguer l’une de l’autre – comme le prouvaient d’ailleurs avec brio des intellectuels musulmans tels que Kamel Daoud, Boualem Sansal, Amine El Khatmi, Abdennour Bidar (et sans même parler de Zineb el Rhazoui, notre Marianne et de nos résistantes Lydia Guirous, Sonia Mabrouk, Fatiha Agag-Boudjahlat), toutes et tous  bien plus sévères que nous à l’endroit de leur religion.

Lire aussi : Cancel culture : effacer l’historique

Mais c’est surtout à partir de la situation américaine qu’il apparut clairement que ces trois-là n’étaient pas du tout sur la même longueur d’onde et parlaient en fait toujours d’autre chose. L’Américain causait démocratie, élections américaines, terreur trumpiste. Les Français répondaient idéologie, campus américains, terrorisme culturel. Le premier s’émouvait de l’épisode de l’attaque du Capitole par un type déguisé en bison, les seconds cristallisaient sur le triomphe de la génération woke et de la cancel culture.

Et c’est à ce moment où Finkielkraut voulut faire réagir son interlocuteur sur cette volonté de certains professeurs américains de ne plus enseigner l’histoire de l’art que sous l’angle racialiste, féministe et genriste que celui-ci éclata d’un rire effrayant (27’30’’) – ce qui interloqua son modérateur : « qu’est-ce qui se passe ? ». Le journaliste du Washington post expliqua alors qu’il trouvait sidérante cette « obsession française » à stigmatiser la Cancel culture alors que son pays venait d’échapper il y a trois jours à un coup d’état fasciste ordonné par le président Trump lui-même. Comment pouvait-on s’en prendre à quelques excès universitaires de gauche alors que c’est la démocratie qui avait été mise en péril par un suprématisme de droite ? Et d’ailleurs, ces excès idéologiques, peut-être illégitimes dans la forme, n’étaient-ils pas légitimes sur le fond ? La lutte pour la défense des minorités ne méritait-elle pas quelques salubres outrances ? Entre la paille du politiquement correct et la poutre du politiquement facho, comment pouvait-on hésiter une seconde ?

L’épisode tragicomique du Capitole me semblait bien moins grave que l’arrivée au pouvoir de ce même Biden, de sa Rokhaya Diallo de Kamala Harris et avec eux de toute cette génération woke assoiffée de censure et de révisionnisme culturel et artistique

Et c’est là que je m’aperçus qu’en effet, oui, j’étais « fasciste ». L’épisode tragicomique du Capitole (qui ne remettait pas une minute en question l’élection de Joe Biden) me semblait bien moins grave que l’arrivée au pouvoir de ce même Biden, de sa Rokhaya Diallo de Kamala Harris et avec eux de toute cette génération woke assoiffée de censure et de révisionnisme culturel et artistique. Je trouvais plus insupportable et ô combien plus dangereux pour l’humanité le triomphe de la Cancel culture, avec ses « trigger warnings » (« traumavertissements »), ses « sensitivity readers » (« lecteurs sensibles »), son « public shaming » (« honte publique »), son « male gaze » (« regard masculin »,  forcément voyeur et violeur, et que Bruckner appela plaisamment « merguez »), ses « disrupttexts » (« défions les textes », Homère et Shakespeare compris) que les tweets drolatiques de Donald Trump qui au fond se révélait, lui, l’inculte vulgaire et matamore, le dernier rempart à la déculturation inclusive du monde.

Et puisqu’on parlait de racisme, je soussignais aux propos de Bruckner affirmant que le vrai racisme, aujourd’hui, c’était justement cet antiracisme racialiste, identitaire, bien décidé à en finir avec les « DWEM » Dead White European Male ») autant qu’avec les Noirs refusant de se définir comme tels et fuyant les États-Unis comme cela avait déjà été le cas pour l’écrivain noir et homosexuel, James Baldwin, venue s’installer en France dans les années 70 pour la bonne raison que dans notre pays il n’était pas assigné à sa négritude et à son homosexualité – objection à laquelle MacAuley n’eut rien à répondre et comme si au fond le débat ne l’intéressait plus et que ses Français d’un autre monde pouvaient dire ce qu’ils voulaient, c’était son monde à lui qui triomphait. Il reprit tout de même la parole à la fin pour dire que la Cancel culture n’était absolument pas une « menace » à ses yeux contrairement au « capitalisme néo-libéral » (et comme si le Cancel n’était pas l’aboutissement de ce néo-libéralisme) et qu’il était désolé pour ses interlocuteurs de n’être plus dans le coup, façon d’envoyer à ces derniers, ce que releva tout de suite Finkie, un de ses « ok boomers » typique du négationnisme du nouveau monde. [...]

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